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    Vivre sans boire ni manger : le « respirianisme » inquiète

    Ne rien avaler et malgré tout être en pleine forme en se nourrissant simplement de lumière cosmique, c’est la promesse du « respirianisme », un mouvement qui prône le jeûne éternel mais qui cache surtout… une secte dangereuse. Le point sur cette pratique où, non, la faim ne justifie pas les moyens.

    Yoga du ventre. Ils sont américains (majoritairement), parfois français ; ils se confient dans d’émouvants témoignages sur YouTube où tous affirment ne plus s’alimenter depuis plusieurs années et, en dépit de cette énigme scientifique, péter le feu. Ce sont les « respiriens », ou « breatharian » en anglais, et ils forment cette étrange communauté qui affirme se nourrir uniquement d’air et de lumière. La clé du secret selon ces ennemis de la fourchette : apprendre à mettre un verrou sur l’estomac grâce à un mix entre techniques de respiration et exercices physiques. Alors, info ou intox ? Intox, bien sûr. Mais pour tout comprendre, passons à table.

    Papillon de lumière. Dérivé du courant New Age, le respirianisme répond à l’époque par un refus de la société de consommation, au sens propre. La clé du bonheur ultime serait alors de remplacer repas et verres d’eau par des séances de méditation où le bienheureux parviendrait à se dépasser. Certains affirment n’avoir rien ingéré depuis dix-neuf ans ; d’autres, comme Camila Castillo, indique qu’elles ont géré leurs grossesses à jeun (« sauf pour mon deuxième enfant, où j’ai mangé cinq fois », rajoute-t-elle) ; tous, d’une manière ou d’une autre, militent pour un monde sans rien dans l’assiette. Dur à avaler, si on peut dire.

    « Je n’ai rien mangé depuis treize ans et franchement, ça va. »

    Cerveau plus gros que le ventre. Sur YouTube, un pratiquant français confirme ne rien avoir mangé depuis treize ans. « Le blocage principal, c’est de croire que si on ne mange pas, on va mourir. » Bon, après tout, pourquoi pas. Ça ferait un bon paquet d’économies au moment de passer à la caisse ; et beaucoup de gens aimeraient certainement n’avoir à manger qu’une fois de temps en temps, pour le fun. Problème : si la croyance selon laquelle trois repas par jour sont nécessaires peut être discutée, les nutritionnistes – et la médecine – sont formels : tout le monde meurt (spoiler alert) et c’est encore plus radical si vous cessez de vous alimenter.

    Le péril jeûne. Ils ont beau se revendiquer d’un mouvement sain d’esprit et citer l’exemple du yogi indien Prahlad Jani ou de la gourou australienne Ellen Greve alias Jasmuheen, les respiriens oublient hélas une chose essentielle : ce jeûne éternel a déjà causé des dizaines de morts. Alors que la Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires) regarde tout cela du coin de l’œil (plutôt inquiet), la médecine, elle, s’interroge sur une autre tendance : le retour de hype sur le jeûne. Si on aura bien compris que le respirianisme est une dérive sectaire à proscrire, le jeûne, lui aussi vanté depuis deux siècles, revient en force.

    C’est notamment l’avis de Gisbert Bölling, un ancien professeur de gym qui fut, en 1990, le premier à créer les stages « Jeûne et rando » en France. Comme il l’expliquait au Monde, « c’est un moment pour libérer son corps des tâches digestives, pour qu’il puise dans ses réserves et se nettoie« . Plutôt tentant sur le papier, mais mollo quand même : oui, un jeûne temporaire peut être bon pour la santé, mais uniquement par intermittence et encore, avec un encadrement médical approprié.

    Car, même sans penser à brûler vos paquets de chips pour vous nourrir d’air et de lumière, sauter plusieurs cases repas engendre des carences réelles en protéines, vitamines, minéraux et acides gras essentiels.

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