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    Vivrait-on tous mieux dans un monde 100% vegan ?

    Au regard des émissions en gaz à effets de serre produits par la filière animale, la question est légitime. Mais la résolution d’un problème en cache souvent un autre…

    Et si les États-Unis devenaient complètement végans ? C’est attaquer le bout de gras par un postulat difficile à avaler – on parle quand même de la nation du hamburger, du hot-dog et de la dinde de Thanksgiving – mais c’est une hypothèse que deux chercheurs de l’Université Virginia Tech et du ministère de l’Agriculture ont voulu tester. Bien entendu, l’idée n’était pas d’imaginer un scénario post-apocalyptique, mais simplement de mesurer l’impact chiffré d’une politique concrète de lutte contre les émissions de gaz à effets de serre.

    30% d’émissions de CO2 en moins.

    À première vue, le résultat serait épatant : les émissions annuelles en CO2 et méthane de l’agriculture US chuteraient de 623 millions de tonnes à 446 millions. Presque 30% en moins. Pas rien mais, pris à l’échelle de toutes les émissions du pays, ce n’est pas non plus hallucinant. Car voilà, si nos amies les vaches sont souvent pointées comme des coupables majeures dans le réchauffement climatique, la réalité de l’étude vient mettre à mal cette idée. Une telle mesure ne réduirait les émissions totales des États-Unis que de seulement 2,8%. Un début donc, mais pas de quoi pavoiser non plus.

    Plus de viande okay, mais des carences. Surtout, les deux scientifiques ne sont pas contentés de faire un calcul à la va-vite. Ils ont vraiment imaginé ce qui se passerait si la production de viande était abolie. Premier problème – et de taille –, avec un système seulement basé sur des fruits, des légumes et des plantes produits à la maison, une partie de la population ferait face à des carences en calcium, certains acides gras et en vitamines A et B. L’idée n’est pas de dire qu’on ne peut pas être vegan ; en revanche, à ce jour, les États-Unis ne produisent pas assez d’aliments pour sustenter tout le monde à tous les niveaux.

    Deuxième problème ensuite, la suppression de la filière animale supposerait de compenser avec beaucoup plus de productions de céréales. On parle d’un quart en plus. Et qui dit plus de production, dit sans doute plus d’espace. Où trouver cet espace ? Pas fous, nos deux scientifiques n’ont pas poussé le masochisme jusque-là…

    Sans viandes, on sait aussi montrer les dents. Forcément, cette étude donne du grain à moudre aux haters des vegans. Du coup, il fallait quand même que la défense s’organise. Joan Sabate, une universitaire spécialiste de la nutrition, s’est ainsi chargée de dégainer pour rétablir la balance. Interrogée par Science Magazine, elle n’a pas manqué de pointer que les deux chercheurs, justement, n’étaient pas allés au bout de leur exercice. En prenant cette voie, cela permettrait de repenser le système agraire et donc de profiter de la restructuration des terres pour améliorer la répartition et la qualité nutritive des cultures.

    Il est donc tentant de faire du mauvais esprit, mais la vérité, c’est qu’il n’y a pas une solution unilatérale pour réduire nos émissions de gaz à effets de serre. N’en déplaise aux viandards, ça passe en partie par manger plus de légumes et moins d’animaux.

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