Toujours plus loin, toujours plus haut : voici les "tall bikes"
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Toujours plus loin, toujours plus haut : voici les “tall bikes”
Hilaire Picault |  31.05.2019
Toujours plus loin, toujours plus haut : voici les "tall bikes"

C’est la nouvelle mode chez les fans de vélos, souder des vélos entre eux pour gagner en hauteur. Et en plaisir ?

Là-haut. Mais qu’est-ce qui peut pousser des gens normalement constitués à monter aussi haut pour pédaler ? Pourtant, ce qui ressemble à une idée idiote et dangereuse se développe des deux côtés de l’Atlantique. On voit apparaître au détour d’une rue ou d’une manifestation en faveur du cyclisme ces « tall bikes » (« hauts vélos »), des montures trop grandes, trop penchées, trop pleines de choses inutiles… Bref, des monstres.

Au guidon, on trouve des riders en quête de sensation, des makers qui veulent créer leur propre moyen de transport et des artistes qui aiment la liberté et la créativité. Au croisement de tous ces courants, il y a les frères Zenga. Peut-être les précurseurs du mouvement « tall bike », ces Canadiens assemblent et démontent des vélos depuis 1999. D’abord pour faire quelque chose de leur mains, et refuser la passivité des écrans, puis pour repousser sans cesse les limites du possible « pour voir ».

Art bikes“. On commence par récupérer des vieux BMX ou des bicyclettes. Puis on inverse ou on découpe le cadre à la disqueuse, ou on en assemble deux (voire trois) les uns sur les autres, on soude, on adapte la chaîne et le (les !) guidon(s)… Bien vite, un autre jeu se met en place qui consiste à customiser à l’extrême : des vélos à trois ou quatre roues en ligne, des vélos aux roues disproportionnées, des vélos à étage pour deux cyclistes, des vélos circulaires…

Le résultat est ridicule mais les makers qui tiennent la scie et le fer à souder sont formels : il ne faut JAMAIS se prendre au sérieux. C’est toute une philosophie, le tall bike. Ici tout est possible si on s’en donne les moyens. Si on a le courage de monter en selle, de tomber et de se relever à chaque chute – car oui il y aura des chutes.

À quoi ça sert ? Le plus souvent à rien. Mais Benny Zenga modère : « D’un point de vue pratique, le fait d’être en hauteur offre plus de sécurité dans la circulation. Nous voyons mieux et sommes plus visibles, c’est indéniable. » Le collectif de makers conduit par les frères Zenga a également réussi à créer des engins disproportionnés capables de transporter de grosses charges (90 kilos). Enfin, on ne peu quasiment jamais piloter les modèles, qui sont loin d’être fonctionnels. Alors naît le challenge :

Ni queue ni tête ? Le premier qui trouve comment faire fonctionner ce vélo a gagné.

Ce qui est un paradoxe : il faut adapter son corps et sa conduite à son vélo et non l’inverse. Ce qui démontre mieux que tout la finalité de ce courant frappadingue : retourner en enfance et vivre des expériences uniques. Pour que le voyage soit plus intéressant que la destination. Envie de faire un tour ? Relevez les manches car aucun maker ne vous en vendra. La règle du “tall bike club” est simple : il faut faire son tall bike. Par contre tous les riders seront heureux de vous aider à en fabriquer un.

https://www.instagram.com/p/ByGVTfwI3Qf/

Makers tall bikes vélo

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