Demain, notre cancérologue sera un de ces superordinateurs
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Demain, notre cancérologue sera un de ces superordinateurs
Joseph de Carme |  04.01.2018
Demain, notre cancérologue sera un de ces superordinateurs

La puissance de calcul des superordinateurs et leur capacité à poser des diagnostics plus précis que les humains interrogent le rôle du docteur dans une configuration nouvelle de la médecine.

Élémentaire mon cher Watson. Fin décembre, une publication médicale spécialisée en cancérologie relatait les prouesses de Watson, le superordinateur d’IBM, dans le cadre d’une étude consacrée à la lutte contre le cancer. Au départ, 1018 cas de cancers ont été soumis à un panel d’experts en cancérologie, d’un côté, et de l’autre, à cette machine préalablement « gavée » de décennies d’études et de data. Les résultats ont estomaqué tout le monde.

Oncolo-bot. Au même titre que les médecins, Watson a identifié 703 cas comportant des altérations génétiques pouvant donner lieu à une intervention médicale. Égalité donc. En revanche, la machine a aussi trouvé des options thérapeutiques potentielles ignorées par les médecins dans 323 cas, soit un tiers du total.

Pire, dans le cas de 96 patients, nos médecins humains étaient carrément passés à côté de mutations exploitables. Autrement dit, près de 10% ont été potentiellement classés comme incurables, alors qu’ils ne l’étaient pas nécessairement. Ça ne fait pas plaisir, mais pour résumer, le diagnostic du supercomputer d’IBM a largement surpassé celui de ses homologues organiques.

Docteur Carter 2.0. Faut-il en conclure que les médecins sont bons pour la casse ? Évidemment non, mais si un doute persistait, voici l’énième preuve que nous avançons à grand pas vers une médecine assistée par ordinateur. Ces supercalculateurs, en mesure d’ingérer des quantités de données faramineuses et de les relier entre elles, vont devenir le bras armé (d’un scalpel) de la médecine. Avec de tels outils de diagnostic, les spécialistes sont amenés à se convertir en ingénieurs médicaux. Mais qu’on s’entende, il n’est pas question de remplacer pour autant nos bons vieux docs en chair et en os.

Poser un diagnostic, c’est une chose, mais il y a une manière de l’annoncer, de l’accompagner et de le surmonter. La dimension émotionnelle et psychologique de la médecine est tout aussi primordiale. Et ce n’est pas demain la veille qu’une boite de ferraille sera en mesure de faire un boulot aussi humain.

IBM intelligence artificielle medecine

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