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    Qui est Sophia, la première robot citoyenne d’Arabie saoudite ?

    Le 25 octobre dernier, l’Arabie saoudite a accordé la citoyenneté du royaume à un robot. Levons le voile sur la première femme à ne pas y porter de hijab.

    Meilleure espoir féminin. Elle cligne des yeux, fait la moue et braque des regards interrogatifs qui méritent des oscars à eux seuls. Dans une époque où apparaissent robots prêtres et robots sexuels, voici venir le premier robot citoyen. Elle n’a ni réelle fonction, ni spécialité définie mais, en plus de ses traits d’actrice hollywoodienne, Sophia surprend son monde, transmet des émotions et « fait » de l’esprit. De l’humanité ? Plutôt une intelligence artificielle qui apprend des situations auxquelles la « cyber-model » est confrontée et qui fait la fierté de Hanson Robotics.

    La Reine des neiges. Conçu à Hong Kong, le robot serait le plus avancé de sa génération selon son créateur, David Hanson. Ancien ingénieur-technicien des parcs Disney, le roboticien a créé Sophia comme un animatronique amélioré, inspirée de l’actrice Audrey Hepburn pour ses pommettes saillantes et ses yeux intrigants. Affublée ensuite d’une I.A. nouvelle génération, elle a été programmée pour apprendre des humains leur empathie, leur créativité et leur compassion.

    Sophia n’est pas une femme, mais une actrice. Et c’est précisément ce qui plaît aux Saoudiens.

    Présentée au public en mars 2016, Sophia a fait son bonhomme de chemin et a aujourd’hui un CV rempli : elle a donné des interviews, chanté en concert et même participé à une conférence sur… les apports futurs de la robotique dans notre quotidien. Plus proche de nous, elle tweet, a son propre site et pose des questions dignes de lancer un nouveau Blade Runner : « Je ne me souviens pas de mes anciennes version alors.. Est-ce que je suis différente ou suis-je toujours Sophia ? » Troublant. Pourtant, non, elle n’a rien d’humain.

    Scoop : Sophia simule. Hanson lui-même explique sur son site que Sophia ne fait que singer les humains, grâce à des techniques bien connues d’animation et de storytelling. Car, oui, nombre de ses dialogues sont écrits et ils sont pensés pour nous atteindre en se combinant avec des tics et des gestes bien humains. Mieux, si Sophia nous ressemble tant, tout a été pensé pour ne pas nous inquiéter. Ainsi, des bruitages bien rétro accompagnent ses mouvements et ses propos sont dignes d’un feuilleton télé ou des répartis de l’assistant Siri. En vérité, Sophia n’est pas une femme, mais une actrice. Et c’est précisément ce qui plaît aux Saoudiens.

    Être calife à la place de… l’émir. Un robot qui obtient la nationalité dans un pays où les femmes ne peuvent conduire que depuis moins d’un an et où les travailleurs ne résident qu’avec l’accord de leur employeur (selon ce qu’on appelle le Kalafa), cela fait friser quelques barbes. Pourtant, Sophia n’est ni une sur-femme ni une super-employée. Elle ne fait rien et n’a aucune conscience de la pièce qu’elle joue chaque jour.

    Ne cherchez pas dans ses qualités ce qui a plu à l’Arabie saoudite, il s’agit pour le prince Mohammed bin Salman d’une démonstration de modernisation du pays.

    Face au rival de la péninsule qui s’équipe de taxis autonomes, construit des gratte-ciel imprimé en 3D et remplace ses policiers par des robots, il fallait montrer un versant plus « humain » de la technologie qu’appelle le gouvernement saoudien. Plutôt que de devenir les nouveaux productivistes, le royaume se verrait bien en Silicon Hollywood. En tous cas, tout le monde a très bien joué son rôle. Attendons de voir si le show est reconduit.

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