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    Game of thrones, Kamelott… l’avenir des cours d’histoire est-il dans les séries ?

    Depuis deux ans, les grandes universités dispensent des cours basés sur Game of Thrones, Walking Dead ou Kaamelott. Est-ce pour draguer les étudiants ou nous gavons-nous quotidiennement de cours d’histoire sans le savoir ?

    Blue helvète. Ce lundi 27 novembre, à l’Université de Genève, le professeur d’histoire moderne Vincent Fontana va disséquer Penny Dreadful en conférence. Ce n’est pas un cours de ciné sur le jeu d’Eva Green ou la sophistication des lumières, mais bien sûr les méandres de la Belle Époque et la fin de l’ère Victorienne. Un cours d’histoire avec une série fantastique ? Les guides Lagarde et Michard doivent se retourner dans leurs tombes. Pourtant, ce n’est pas la première fois que l’université genevoise s’illustre ainsi.

    Depuis 2016, l’Unige invite des professeurs et experts aux rencontres « The Historians » pour décrypter ce phénomène social et culturel.

    Le résultat de la première « saison », ce sont cinq courtes vidéos où un prof d’histoire ancienne commente Rome, un enseignant d’histoire des religions raconte Walking Dead, et deux sociologues dévoilent les dessous de Masters of sex, ce biopic sur les sexologues des années 1960…

    Ultime dinguerie, une historienne compare le travail (pourtant comique) d’Alexandre Astier à celui de Chrétien de Troyes et vante le talent de Kaamelott à éviter les anachronismes. Les geeks auraient-ils gagné la guerre de cent ans ?

    Amphis & Dragons. Qu’on se rassure, les Suisses n’ont pas pété les plombs. Ils ne font qu’importer en Europe une voie ouverte par les prestigieuses universités américaines. Le professeur Racha Kirakosian a transposé et soutenu cette année à Harvard un cours de folklore & mythologie déjà présenté à Oxford, nommé « Le vrai Game of Thrones ».

    L’objectif est de présenter des mythes médiévaux que l’on peut rattacher aux actions contées dans la célèbre série d’heroic fantasy de George Martin… Et non l’inverse.

    Le prof se justifie en expliquant que le format des séries d’aujourd’hui est propice à stimuler notre curiosité et constitue donc une parfaite passerelle vers la connaissance de, mettons, les légendes eurasiennes de -400 à 1500 avec des épées et des héros… Alors, les séries télé vont-elles mettre les universitaires au placard ? Non, elles vont leur donner du boulot.

    Chaîne TV cherche Professeur. Plus frappant encore, le cours de linguistique donné à Berkeley cet été par David J. Peterson pour enseigner le dothraki et le haut valyrien, respectivement la langue des barbares et le docte latin de Game of Thrones. Les universitaires sont sûrement nerds mais ce maître de conférence-ci est avant tout un expert : Peterson s’avère être le créateur de ces deux dialectes pour la série d’HBO et son cours montre comment on invente une langue en puisant dans les codes grammaticaux existants.

    La télé va-t-elle réussir là où Wikipédia a échoué en nous donnant envie d’apprendre ? Comme expliquait l’historienne Sarah Olivier en parlant de Kaamelott : l’Histoire repose sur l’écrit et donc sur la littérature, ce qui sous-entend une part fictionnelle.

    Alternative facts ou pure fiction ? Une série est une transposition d’une réalité. Un témoignage historique qui sert l’intrigue ou le décor mais instille des aspects de notre propre monde. Effet boomerang probable : la notoriété des séries pourrait influer sur l’histoire. L’université de Colombie-Britannique, au Canada, demandait il y a peu à ses élèves de plancher sur l’influence que la saga de Jon Snow avait sur l’image que l’on se fait du Moyen-Âge. L’avenir nous le dira si un happy-révisionnisme est à craindre. Nul doute cependant qu’on se souviendra sans doute mieux de Frank Underwood que de François Hollande…

    Retrouvez les futures conférences de « The Historians » sur le site de l’Unige, et par ici les vidéos de la saison 1.

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