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    Des scientifiques veulent reproduire des éruptions volcaniques pour refroidir le climat

    Deux chercheurs se livrent une bataille épique aux conséquences potentiellement démesurées : l’un veut refroidir le climat en copiant les éruptions volcaniques, l’autre affirme que cela va provoquer des raz-de-marée. Gloups.

    Sulfureux projet. Pour résoudre le dérèglement climatique, les scientifiques proposent de plus en plus de solutions de géo-ingénierie — ces technologies agissant à l’échelle planétaire. Exemple le plus évoqué depuis cet été, le programme proposé par David Keith, professeur de physique appliquée à Harvard, qui s’inspire directement des éruptions volcaniques pour limiter, voire empêcher, le rayonnement solaire sur Terre.

    En fait, il y a deux types d’activités volcaniques : lorsqu’elles ne répandent pas du magma en fusion dégoulinant en ravageant les terres, les éruptions projettent dans la stratosphère des cendres et des particules de sulfate. C’est exactement ce qui s’était passé à Eyjafjallajökull en Islande, créant un écran au soleil, renvoyant ses rayons par déflexion loin de nous et nous conservant, donc, au frais.

    Écran de fumée. Rassurons-nous (à moitié) : David Keith ne compte pas faire péter tous les volcans en même temps, mais « simplement » disperser du souffre dans l’air par avion aux endroits qui le nécessitent.

    La géo-ingénierie solaire semble folle mais l’opération est parfaitement envisagée et discutée aux USA car – à la différence des exigences du Plan Climat des Accords de Paris – elle ne coûterait « que » 10 milliards de dollars.

    Risqué ? Les arguments de Keith sont simples : « Ce n’est pas un substitut aux réductions des émissions. Si nous voulons stabiliser le climat, il faut réussir à ramener les émissions à zéro, mais [ce plan] en est un puissant complément. » Et, plus inquiétant encore : « Qu’est-ce qui est le plus risqué ? Un monde avec 450 à 550 particules de CO2 dans l’atmosphère par million d’habitants, ou le même monde avec un petit peu de géo-ingénierie solaire ? »

    Catastrophes (non) naturelles. Voyant que cette étrange idée fait son chemin, une équipe de chercheurs de l’université d’Exeter en Angleterre a fait sa propre étude. Plutôt que de nier ou affadir les espoirs des sprays de sulfates de Keith, le docteur en climatologie Anthony Jones a développé une simulation des conséquences globales de cette solution. Les résultats publiés dans la revue Nature Communications sont inquiétants.

    La simulation de Jones présente par exemple une augmentation de la fréquence des cyclones tropicaux dans l’Atlantique du Nord. La baisse des températures, conséquente des dispersions sur les pôles, aurait aussi pour effet d’accentuer les sécheresses dans les zones subsahariennes comme le Sahel déjà en voie de désertification.

    Des politiques mondiales. « Nos résultats confirment que le recours à la géo-ingénierie solaire au niveau régional est une stratégie très risquée, qui serait simultanément avantageuse pour une région au détriment d’une autre », décrivait le Dr Jones au Daily Mail. Sa conclusion est évidente : la géo-ingénierie n’est pas inefficace, mais elle doit être appliquée de façon uniforme. Donc elle doit être réglementée.

    « Nous sommes extrêmement inquiets de l’absence de lois qui empêchent un pays de se lancer dans la géo-ingénierie à ce jour. Les politiques ne l’ont pas prise au sérieux jusqu’ici ; ce tabou n’a plus de raison d’être désormais. » Nul doute que Jones pense à un pays en particulier, mais à quoi va servir une loi que seuls ceux qui signent les accords climatiques vont respecter ?

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