Rouler dans des voitures sans permis : la nouvelle tendance chez les ados
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Rouler dans des voitures sans permis : la nouvelle tendance chez les ados
Servan Le Janne |  26/10/2021 10:07
Rouler dans des voitures sans permis : la nouvelle tendance chez les ados

Alors qu'on l'a longtemps associée aux retraités, la voiture sans permis est en train d'être massivement adoptée par les jeunes.

Plus moderne, moins dangereuse (et moins ringarde). C’est une image familière qui commence à dater. En France, chaque village un peu reculé a sa voiture sans permis pétaradante, conduite par un sympathique septuagénaire à béret. Depuis le début des années 1980, « un marché se développe très rapidement en milieu rural dans les catégories âgées de la population », nous disent les pages jaunies de Automobile pour la ville à l’horizon 2010, un livre de 1998 publié par feu le ministère de l’Aménagement du territoire et de l’environnement. Aujourd’hui, le cliché a vécu : de plus en plus de jeunes se retrouvent au volant.

Dans un marché automobile en berne, les ventes de voitures sans permis (VSP) ont augmenté de 16 % en 2020, selon les chiffres de AAA Data. Cette année, il y a déjà eu 16 175 immatriculations de janvier à septembre, soit une hausse de 72,5 % en un an. « Le marché se développe de plus en plus vers les jeunes », indique Émilie Talpin, gérante de la concession Berry VSP, à Châteauroux, dans les colonnes de La Nouvelle République. Ils sont notamment attirés par des modèles plus modernes et citadins, ainsi que par la sécurité qu’ils offrent par rapport aux deux-roues.

« Perso, je trouve ça carrément plus stylé qu’une Porsche ! »

Le phénomène a été amplifié par la loi, qui a rendu les voiturettes accessibles aux plus de 14 ans en 2014. Mais il a commencé à se former bien plus tôt. Dès la fin des années 1980, « les constructeurs ont été surpris par un développement rapide des ventes à Paris de certains modèles de VSP plutôt design », remarque l’ouvrage Automobile pour la ville à l’horizon 2010. « Renseignement pris, les acheteurs étaient en possession de leur permis, très aisés, plutôt jeunes et leaders d’opinion, c’est-à-dire diamétralement opposés à la clientèle habituelle. »

D’ailleurs, « la voiture sans permis a été pendant longtemps un marché 100 % français », indique à L’Argus David Chatenet, président de la marque Chatenet. « Quand l’Union européenne a adopté une législation commune, en 1992, les constructeurs français étaient prêts à commercialiser leurs produits partout dans le continent. » Parmi ces constructeurs, il y a notamment Aixam, dont le PDG Philippe Colançon explique que, jusqu’à la fin des années 1990, les clients étaient avant tout « des retraités à la campagne. »

« Dans les années 2000, nous avons commencé à développer des modèles adaptés à différents types de clients, notamment les jeunes, les femmes », ajoute le même Philippe Colançon. « Et cela a fonctionné car nous avons enregistré une croissance de 10 % tous les ans entre 2002 et 2007. » À cette période, une étude de marché a révélé que deux tiers des clients d’Aixam étaient des actifs, alors qu’il y avait 95 % de retraités une décennie plus tôt.

Peut être une image de debout, voiture, route et texte qui dit ’1 AIXAM’

Puis la législation a évolué, ce qui a permis aux adolescents de plus de 14 ans de prendre le volant, alors que l’âge minimum était jadis fixé à 16 ans. Les achats ont ainsi augmenté de 8 % entre 2017 et 2018, année où la France représentait plus de la moitié des ventes de voitures sans permis en Europe. Résultat, de gros constructeurs ont investi le marché.

Le mouvement devrait se poursuivre à la faveur de l’électrification des gammes de voitures sans permis en germe. « Perso, je trouve ça carrément plus stylé qu’une Porsche ! » dit déjà avec humour Mia, une Bretonne de 16 ans interrogée par Le Télégramme. Neuve, une voiture sans permis peut coûter de 6 000 euros à 20 000 euros pour les modèles luxueux. Car oui, on peut rouler dans un pot de yaourt en ayant la classe.

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