Rencontre avec Supraways, la startup qui veut désengorger les villes avec des navettes suspendues
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Rencontre avec Supraways, la startup qui veut désengorger les villes avec des navettes suspendues
Hilaire Picault |  24.10.2019
Rencontre avec Supraways, la startup qui veut désengorger les villes avec des navettes suspendues

Actuellement à l’étude à Lille, ce transport rapide pourrait desservir l’aéroport en 7 minutes depuis le centre-ville, sans bruit ni pollution. Rencontre avec Claude Escala, fondateur de Supraways.

Plus rapide, plus flexible, et on demandSupraways est-il au téléphérique ce que la voiture autonome est à l’automobile ?

Notre technologie est très différente du câble des téléphériques. Les cabines « Supras » sont suspendues à un rail de guidage et se déplacent grâce à une double propulsion électrique embarquée pour être plus efficace en courbe et en pente. Il s’adapte mieux aux territoires, on évite de devoir exproprier ou survoler des habitations. De plus, nous concevons des réseaux de boucles interconnectées, et non des tronçons de lignes. Nos véhicules autonomes atteindront par conséquent des vitesses moyennes imbattables en ville : 80 km/h en urbain et 130 km/h en interurbain, c’est 2 à 4 fois plus rapide que des téléphériques ou un tramway.

Les "oeufs" de Supraways permettraient d'alléger les embouteillages en ville (Crédit : Supraways)

Peu d’empreinte au sol, énergie solaire sur le toit, votre projet démontre une volonté environnementale forte.

C’est vraiment notre challenge de fond, ce qui nous anime chez Supraways : réaliser un transport triplement durable. Économiquement, il est compétitif, polyvalent et rentable afin de développer des transports en commun sans amputer lourdement les budgets publics. Socialement, c’est un transport en commun à la demande, disponible 24h/24 même dans des milieux contraints. Environnementalement, enfin, ce système ne génère aucune émission, produit une énergie propre, réduit l’impact sur la biodiversité en respectant l’imperméabilisation des sols et les corridors écologiques.

La capacité de transport de Supraways est de l’ordre de 5000 à 8000 personnes par heure, assises confortablement dans des cabines de 7 à 9 places. Avec un impact sonore inférieur à 50 décibels, c’est moins qu’un tramway.

De la Moselle à Saint-Quentin, en passant par la métropole lilloise, une douzaine d’agglomérations ont montré de l’intérêt à votre solution. Quand pourra-t-on espérer voir la première cabine filer dans l’air ?

Plusieurs territoires étudient effectivement l’implantation de réseaux Supraways, avec en tête de file Saint-Quentin-en-Yvelines qui souhaite l’accueillir en première mondiale. En plus de relier une zone industrielle de plus de 30 000 personnes au RER C, elle desservirait 3 sites olympiques en 2024. Après avoir dédié 4 ans à affiner les cahiers des charges et négocier avec des partenaires techniques, Supraways est entré en 2019 dans la deuxième étape de son projet : le développement de sa technologie avec pour objectif la construction d’un centre d’essais en 2021. Les soutiens de territoires comme des spécialistes, de plus en plus nombreux, nous rendent très optimistes.

Vous annoncez un transport moitié moins coûteux à exploiter pour les collectivités. Envisagez-vous de remplacer les tramways ou les autoroutes ?

Supraways est complémentaire aux tramways, bus, métros, etc. Notre solution transportera rapidement les usagers des parkings relais aux stations des modes de transports structurants. Les transports en commun sont financés à près de 80% par les impôts. Ce niveau d’endettement n’est plus tenable ! Nous travaillons depuis le début sur les réductions de coûts. D’abord, l’investissement est très accessible avec une infrastructure aérienne légère et préfabriquée et des véhicules découlant de l’industrie automobile et de l’aéronautique. Ensuite, la suppression des conducteurs, qui représentent 55% des coûts de fonctionnement, rend l’exploitation plus supportable. Nous espérons bien entendu réduire aussi le flot de véhicules polluants sur les autoroutes, par exemple dans le cadre de projet de déclassement comme à Lyon, sur les entrées de Grenoble ou le périphérique parisien.

Plus d’infos sur Supraways sur leur site officiel

navette autonome Supraways télécabine Trafic urbain

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