Rencontre avec Guillaume Gouffier-Cha, le "député vélo" de l'Assemblée nationale
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Rencontre avec Guillaume Gouffier-Cha, le “député vélo” de l’Assemblée nationale
Vincent Pons |  16/03/2022 10:37
Rencontre avec Guillaume Gouffier-Cha, le "député vélo" de l'Assemblée nationale

Si vous aimez la bicyclette, sachez que vos politiques aussi. À l’Assemblée Nationale, le député de la majorité présidentielle Guillaume Gouffier-Cha a décidé de défendre vos intérêts de cycliste et milite pour une France à deux-roues, sans pollution. On lui a parlé, entre deux coups de pédale, pour parler de mobilité douce.

Le 8 février dernier, vous avez remis au ministre des Transports et à la ministre de l’Industrie un rapport sur le développement de la filière vélo. Comment vous est venue l’idée d’écrire un tel rapport ? 

Mon rapport est parti d’un constat : en France, il y a des acteurs du vélo, mais il n’y a pas de filière industrielle. En mai dernier, j’ai alors proposé au Premier Ministre de faire un rapport sur le développement de la filière. Si nous poussons nos concitoyens à être sur un vélo, autant que cela soit avec une production la plus locale possible.

“En France, nous étions parmi les premiers au monde de la production de vélos jusqu’au début des années 80.”

Comment comptez-vous faire pour développer cette filière ? 

Je propose d’établir un comité de filière pour rassembler l’ensemble des acteurs et définir une politique de développement et c’est aussi le lieu pour échanger avec les autres filières économiques. L’État doit également accompagner l’innovation et la construction d’usines car pour produire des vélos français … il faut des usines. Et surtout, il faut former les personnes qui vont grandir sur ces métiers, donc améliorer la formation.

D’ailleurs en 2020, lors du déconfinement, on a pu assister à une véritable “vélo-mania” française, mais qui a entrainé des pénuries… Est-ce là le signe que nous avons perdu le savoir-faire de la production de vélo en France ?

C’est exactement ce que je décris dans le rapport. En France, nous étions parmi les premiers au monde de la production de vélos jusqu’au début des années 80. Avec l’enfermement du vélo dans la case loisir, la chute de la pratique, couplée à la désindustrialisation de notre pays, on a considéré qu’il ne fallait plus fabriquer en France ce que l’on consommait localement. L’industrie du vélo a alors périclité avec le temps. Heureusement, la reconstruction de la filière vélo est toujours possible car certains acteurs ont survécu, de nouveaux entrent sur le marché comme Seb et d’autres issus de l’automobile y investissent, comme Valeo ou Savoy International.

“70 % des déplacements en voiture se font sur des trajets de moins de 5 kilomètres. La carte à jouer est énorme, sans opposer le fait que nous avons besoin de l’automobile lorsque la distance est grande.”

Pourquoi est-il si important de retrouver une filière en France ? 

Avec le boom du vélo dans notre pays depuis maintenant quelques années, nous avons vu que notre parc de deux-roues existant devait être réparé. Sauf qu’il y a un problème de pénuries de pièces et nous sommes dépendant de l’Asie. Pour régler cela, on doit dans les années à venir structurer une filière française au cœur d’un écosystème européen. Sur certaines pièces comme le dérailleur, nous n’avons aucune prise. Dans ce cas précis, il faut convaincre Shimano de revenir produire en Europe et de travailler à des ruptures technologique. Sur le VAE (vélo à assistance électrique), on peut travailler sur de nouveaux systèmes de transmission comme le vélo Angell, entièrement monté du côté de Dijon.

Si le développement de la pratique du vélo est intéressant dans les zones denses et urbaines, est-ce vraiment possible sur tout le territoire ? Notamment dans les zones rurales ? 

Le vélo a une très forte capacité de développement sur tous les déplacements de 1 à 10 kilomètre. En effet, en zone dense et en zone périurbaine, les perspectives sont plus fortes qu’en zone rurale, mais dans celle-ci le vélo peut être utilisé pour les courts déplacements.
Dans les années qui viennent, notamment lors de moments de hausses de prix de l’énergie, il sera intéressant de disposer d’un mode de déplacement peu coûteux sur des petits trajets en complément de la voiture. Il faut savoir que 70 % des déplacements en voiture se font sur des trajets de moins de 5 kilomètres. La carte à jouer est énorme, sans opposer le fait que nous avons besoin de l’automobile lorsque la distance est grande et que l’on doit déplacer de fortes charges. Il faut trouver la bonne harmonie entre les deux afin de répondre à notre objectif de réduction de pollution. Les Pays-Bas ont le même taux d’équipement automobile que les Français, mais ils l’utilisent moins.

https://twitter.com/G_GouffierCha/status/1495045214767038469

Aujourd’hui, est-ce que l’on peut encore faire plus pour le vélo ? 

Oui, mais il faut que l’investissement soit bien pensé. L’État doit accompagner les collectivités avec le CEREMA pour qu’elles se dotent d’experts voiries formés à la construction d’un plan vélo. On doit éviter de tomber dans l’écueil de la piste cyclable faite à la va vite de manière éparse et sans cohérence. Si l’on ne développe pas des infrastructures, on ne pourra pas avancer et rattraper notre retard sur les Pays-Bas, le Danemark ou l’Allemagne.

On vous appelle le “député vélo”, mais…. est-ce que vous même faites du vélo ? 

Il faut savoir qu’au départ, je suis un passionné de vélo. J’avais même comme rêve de gagner le Tour de France, mais cela a été un échec total. Dans mon quotidien de député, je fais tout à vélo, en VAE. Lorsque je ne suis pas à vélo, je suis en transport en commun et je prends quelquefois le taxi pour revenir des séances de nuit. Et encore, il m’arrive de rentrer de l’Assemblée après minuit à vélo car une fois qu’on a testé le VAE, on ne peut plus s’arrêter de pédaler.

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