Régionales : que proposent les candidats d'Île-de-France en matière de mobilité ?
LA NOUVELLE MOBILITÉ S’EXPLORE AVEC
Detour
Régionales : que proposent les candidats d’Île-de-France en matière de mobilité ?
Vincent Pons |  17/05/2021 09:50
Régionales : que proposent les candidats d'Île-de-France en matière de mobilité ?

Les élections régionales approchent à grands pas et maintenant que la plupart des candidats sont connus, il est temps de connaître leur programme en matière de mobilité. Détours a donc recueilli pour vous les propositions des challengers à la succession de Valérie Pécresse en Île-de-France.

Valérie Pécresse – Les Républicains, UDI et Libres !

La Présidente sortante de la région Île-de-France semble avoir satisfait les Franciliens lors de sa précédente mandature, 62% des habitants de la région jugent son bilan bon, voire excellent. Naturellement, elle s’appuie donc sur ce dernier pour sa campagne. Et d’après Stéphane Beaudet, co-rédacteur de son projet de campagne, sa mandature a été l’occasion d’effectuer un rattrapage sur les investissements transport après avoir été abandonnés depuis 30 ans. 

Si elle est réélue, Pécresse souhaite donc prolonger cette dynamique. À l’horizon 2030, elle annonce qu’une régénération complète du métro sera faite avec une automatisation des lignes 4, 7, 8, 9 et 13. Dans les tunnels, elle veut continuer les opérations de dépollution car, à l’heure actuelle, son équipe a constaté qu’ils sont toujours parmi les secteurs les plus sales de la capitale. À l’air libre, les extensions du tramway seront finalisées, elle garantit que 100 % des lignes de trains seront électrifiées et que 40 transports à la demande seront créés. Au niveau de la tarification, elle poursuit son envie de créer une tarification plus sociale, équitable et plus juste avec la création d’un nouveau billet autour de quatre euros. Celui-ci sera valable pour tous les déplacements sur le réseau francilien assurant ainsi un prix plafond. 

Concernant les mobilités douces, le RER vélo porté par le collectif vélo sera soutenu par la région et la prime régionale de 500 euros pour l’achat d’un vélo électrique sera maintenue. Sur les routes, des voies dédiées favorisant le covoiturage durant les heures de pointe seront mises en place car leur objectif est de réduire la pollution grâce à une meilleure fluidité. Leur rêve : qu’il y ait plus de monde sur les routes, mais moins de véhicules.

Audrey Pulvar – PS, PRG et Place Publique

La gratuité des transports en commun est une des mesures phares de son projet. Déjà en place dans des dizaines de villes en France et sur l’ensemble du territoire du Luxembourg, elle voit la gratuité comme la seule révolution crédible des transports. Cette révolution amènerait plus de pouvoir d’achat, de justice sociale et de responsabilité face à l’urgence climatique avec une véritable amélioration de l’offre, tant en quantité qu’en qualité, avec de nouvelles sources de financement. Le coût de cette mesure (entre 2,5 et 3 millards d’euros quand la gratuité sera totale) serait compensé par des coûts évités (accidentologie, encombrements en moins…), et par une contribution des poids lourds en transit ainsi que des grandes fortunes immobilières. Elle veut faire de la mobilité un droit fondamental au même titre que l’éducation, la justice ou la santé où les transports en commun seraient un vrai service public. 

La mesure s’appliquerait dès septembre 2021 pour les moins de 18 ans, les étudiants et les demandeurs d’emploi de 18 à 25 ans. En 2022, ce seraient les personnes en situation de handicap et les personnes âgées sous conditions de ressources qui en bénéficieraient. Puis, au fur et à mesure des années du mandat, tous les demandeurs d’emploi sans conditions de ressources, les bénéficiaires des minima sociaux, et d’ici 2026, toutes les franciliennes et tous les franciliens. 

La gratuité des transports rime pour elle avec sécurité. Les agents jusque là dévolus au contrôle des tickets pourraient assurer, après concertation avec les représentants du personnel, une présence rassurante à bord, en complément du travail de la police des transports. Elle prévoit par ailleurs de renforcer la présence des forces de l’ordre dans les transports et de généraliser l’arrêt à la demande, le soir, dans les bus. 

Une région avec Audrey Pulvar comme présidente de Région serait 100% cyclable : « le vélo n’est pas qu’un lisier, c’est un moyen de locomotion pour les trajets domicile-travail, au quotidien, pour des dizaines de milliers de francilien.ne.s. Nous allons finaliser le RER vélo, créer plus de 150 000 places de parking sécurisées pour les vélos dans les gares, devant les lycées et les administrations. Par ailleurs, nous prévoyons d’intégrer une proportion de vélos pour enfants, vélos cargos et vélos adaptés pour les personnes à mobilité réduite, dans les flottes de vélos en partage (type vélib ou véligo). ». Elle considère aussi l’importance de la sensibilisation à la pratique avec des cours d’apprentissage de la conduite prudente du vélo qui seraient dispensés dans les lycées, et pour les adultes souhaitant commencer ou se remettre au vélo.

Enfin, elle n’oublie pas que 60% des déplacements en IDF sont piétons, c’est pourquoi elle désire mener un large travail à ce propos en concertation avec les départements, pour une restitution de l’espace public aux piétons. Et dernier point, pour les usages incompressibles de la voiture, elle favorise le covoiturage et l’auto-partage, avec un soutien aux plateformes et des voies dédiées sur les grands axes.

Jordan Bardella – Rassemblement National

Le premier point que Jordan Bardella souhaite faire remarquer est que “les Franciliens sont exaspérés et pénalisés au quotidien par l’incapacité de l’État et des instances régionales à établir des priorités et à les respecter“. Sa première priorité en matière de mobilité sera totalement tournée vers la rénovation et la modernisation du réseau et des infrastructures existants. Il nous confie que contrairement à Valérie Pécresse qui a le plus grand mal à se prononcer, il considère que le Charles-de-Gaulle Express est un projet dont l’Île-de-France peut se passer. Parallèlement aux remises à niveau des lignes existantes, il accélèrerait la mise en accessibilité des gares pour les personnes à mobilité réduite (quais, infrastructures sensorielles et auditives) ainsi que l’expérimentation puis la pérennisation du service nocturne des lignes automatiques du métro les nuits de vendredi et samedi. 

À propos des aides à la mobilité douce, il trouve souhaitable que la Région aide autant que possible l’acquisition par les particuliers ou les professionnels de véhicules moins polluants, mais il refuse de soutenir les initiatives visant à faire des automobilistes les boucs-émissaires d’une écologie urbaine largement hypocrite. Ainsi, il refuserait l’imposition d’une écotaxe régionale comme entend le faire Valérie Pécresse, et qui scandalise les chauffeurs routiers. 

Son ambition au niveau de la région : la « démétropolisation ». Il porte ce projet qui concerne selon lui  la question de la mobilité  : “l’heure est à l’envie et au besoin de proximité, d’enracinement, et il faut se défaire d’une vision de l’aménagement du territoire héritée de la mondialisation heureuse.”  Il veut revitaliser les départements, les villes moyennes et les villages afin d’établir une mobilité qu’il considère plus raisonnable. 

Au sujet des transports en commun, il pose comme priorité la sécurité de ceux qui les empruntent quotidiennement ou occasionnellement. Il établit un constat accablant : près d’un tiers des vols et violences enregistrés en Île-de-France ont lieu dans les transports en commun. Ainsi pour régler ce problème, s’il est élu demain à la tête de la région, il ferait déployer des agents de sécurité armés dans l’ensemble des gares et stations, avec le double objectif de disposer de moyens d’intervention renforcés et d’assurer une dissuasion plus efficace quant à la fraude.

Image

Clémentine Autain – LFI et PCF

Pour la candidate, la question des mobilités est prioritaire car “elle emporte avec elle le quotidien de tous les Franciliens et qu’elle porte une part décisive du défi pour l’environnement“. Autain veut repenser les mobilités pour lutter contre les pollutions sur le modèle du développement du territoire. La situation dans laquelle on exacerbe les centres d’affaires, d’un côté, et les ville-dortoirs, de l’autre, augmente les mobilités subies alors qu’il faudrait les réduire drastiquement selon elle. Pour changer la donne, elle se base sur le SDRIF, un schéma directeur prescriptif permettant de planifier l’avenir du territoire francilien en agissant sur des rééquilibrages nécessaires. En rapprochant les lieux de vie des bassins d’emploi, des services publics, des lieux culturels et sportifs, des commerces de proximité, elle souhaite concevoir une Île-de-France plus “polycentrique”.

À cette transformation profonde, la candidate veut ajouter la diminution de la part des transports polluants et fatigants pour les usagers en créant des alternatives afin qu’ils lâchent leur voiture individuelle. En créant une régie publique régionale qui assurerait les investissements nécessaires dans les lignes du quotidien, elle ambitionne la création d’un service public de qualité. Avec la gratuité des transports pour certains publics comme les jeunes de moins de 25 ans et les bénéficiaires des minima sociaux dans un premier temps. 

Autre point important, son programme encourage la mobilité douce avec la création de milliers de kilomètres de pistes sécurisées. Elle favorise les modes de déplacement « doux » comme le vélo avec la complémentarité des usages qui permettrait d’avoir une politique régionale ambitieuse en matière d’écologie. Elle souligne que la suppression par Valérie Pécresse de la gratuité des titres de transports pendant les pics de pollution est une grave erreur. À terme, elle souligne l’importance de porter de 2 à 12% les déplacements franciliens à vélo.

Julien Bayou – Europe Écologie Les Verts et Génération-s 

Les écologistes soulignent que la mobilité est une compétence directe du Conseil régional et qu’ils portent depuis de nombreuses années des solutions très concrètes comme le pass Navigo. La situation en Île-de-France est particulière : le temps de transport est le plus long en France, 1h30 en moyenne, avec des territoires, notamment en grande couronne, qui ne sont pas desservis, et où les modes de transport ont une forte convergence vers Paris. Ils montrent qu’il est possible de parler de “démobilité” et d’en finir avec les trajets subis et de choisir plutôt sa mobilité en rapprochant l’emploi et le logement.

Pour EELV, la réponse à apporter doit se concentrer sur le transport du quotidien : plus de transports à la demande en grande couronne, le développement des bus pour relier des gares entre elles, la prolongation des trams 7 et 11 mais aussi investir dans des infrastructures qui sont aujourd’hui laissées pour compte, notamment les RER B et D. Lors du premier confinement, ils soulignent que Valérie Pécresse a abandonné les chantiers de rénovation et que le seul qui a continué était celui du Charles-de-Gaulle-Express, une ligne inutile aux habitant·es.

Leur objectif est simple : chaque Francilienne et chaque Francilien doit avoir une solution de transport à 15 minutes de chez soi.

Pour cela, les transports en commun doivent non seulement être fiables et accessibles, mais aussi être sûrs car 100% des femmes ont connu du harcèlement ou des agressions sexistes ou sexuelles dans les transports. Pour régler ce problème, ils mettront en place une brigade présente dans les transports mais aussi un dépôt de plainte en cas d’agression ou de harcèlement pour faciliter leur accompagnement.

Avec près de 20 offres de mobilité sur tout le territoire de la région, ils constatent que l’on finit par s’y perdre, entre la carte pour le parking relais, pour le bus, les métros et RER ou l’offre de vélo. Ils désirent tout regrouper dans une seule application, Navigo +, qui permettra de choisir sa mobilité en mettant l’accent sur l’inter-modalité avec un développement massif du vélo. Enfin et alors que deux tiers des déplacements font moins de 3 kilomètres, les équipes de Bayou notent que le vélo ne représente que 2% des trajets. Lors de leur mandat, ils voudraient atteindre 10% à l’échelle régionale et 20% pour Paris et la petite couronne. Pour aider à en généraliser la pratique, ils veulent que chaque lycéen francilien puisse bénéficier d’un vélo, que 1700 kilomètres de voies sécurisées soient installées et que des places de stationnement avec des gares 100% cyclables soient mises en place. Il s’agit pour eux d’un enjeu de tourisme et d’emplois. Leur objectif : qu’il y ait un cercle vertueux entre climat, santé et emploi.

Laurent Saint-Martin – LREM, MoDem et Agir  

Le candidat de la majorité présidentielle présente la mobilité comme l’un des enjeux principal pour le développement du territoire et il désire développer une stratégie plus ambitieuse en la matière. Il constate (comme tous les Franciliens, selon lui) un véritable problème de ponctualité des transports en commun. Il souhaite diviser par deux le nombre et la durée des retards et la liste de la majorité présidentielle supprimera le plafond des pénalités pour les opérateurs en cas de non-respect des engagements.

À propos des infrastructures, Saint-Martin a établi un objectif de 100 % d’accessibilité des gares à l’horizon 2025 et une plus grande part de lignes automatiques sur le réseau métropolitain. Du côté des tarifs, il assure que le prix du pass Navigo n’augmentera pas durant sa mandature, mais il ne veut pas entendre parler de la gratuité des transports comme le proposent certains candidats. Il insiste sur le fait que rien n’est jamais gratuit, et “qu’il y a toujours quelqu’un qui paiera“. Cela impliquerait une hausse des impôts des Franciliens, ce qu’il refuse. Au niveau de l’insécurité, sa réponse au problème passe par le recrutement de 500 agents dans les transports dès son élection à l’été 2021. Il propose aussi la mise en place d’une police régionale dans les transports en Île-de-France. 

Ses propositions n’oublient pas les mobilités douces car il voudrait que les particuliers et professionnels soient d’avantage aidés afin de passer à la motorisation électrique ou à l’achat d’un vélo assistance électrique. Son souhait : que la région investisse dans une vraie stratégie vélo afin de développer un maillage cyclable dense et sécurisé avec suffisamment de places de stationnement, notamment autour des gares. Président de région, il permettra le financement de vélos à assistance électrique avec une prime régionale à la conversion de véhicule. La petite reine n’est pas en reste dans son programme, il promet de bien mener à bien la création du RER Vélo et enfin, il veut élargir le service de location Véligo. 

Avec toutes ces informations, libre à vous de voter pour votre candidat préféré le 20 juin prochain.

Grand Paris Ile de france mobilité Transports en commun

VOUS AIMEREZ AUSSI
Qui sommes-nous?

Qui sommes-nous?

Une rédac curieuse et avide de vous faire découvrir la mobilité sous un autre jour

voir la page
Newsletter

Newsletter

Chaque semaine, 1 minute pour vous faire découvrir le meilleur de la mobilité

Contact

Contact

Envoyez-nous vos projets, idées, remarques ou juste un bisou

nous ecrire
De quelle solution mobilité avez-vous besoin aujourd'hui?
Retour
De quelle solution mobilite avez vous besoin aujourd'hui?
Faites votre choix !