La réécriture de notre ADN va-t-elle tuer ou sauver l'humanité ?
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LA REDACTION |  06.11.2017
La réécriture de notre ADN va-t-elle tuer ou sauver l'humanité ?

Une technologie présentée comme une avancée majeure de ce début de siècle permet aujourd’hui d’intervenir directement sur l’ADN et de traiter les maladies les plus agressives. Toutefois, cette invention ouvre aussi la porte aux pires craintes…

Couper/Coller génétique. En 2012, deux chercheuses, Emmanuelle Charpentier et Jennifer Doudna – respectivement française et américaine – inventaient CRISPR Cas9, une technique qui permet d’intervenir sur l’ADN de n’importe quel organisme vivant de manière à réparer de potentielles anomalies. L’idée derrière cette pratique souvent qualifiée de « ciseaux à découper l’ADN » est de rendre un gène inactif, le remplacer ou modifier son expression.

La technique, complètement révolutionnaire, ouvre des perspectives immenses de traitement de cancers ou de maladies génétiques jusque-là incurables, en proposant une forme de médecine véritablement adaptée à chacun. La découverte est alors saluée de toutes parts, les deux découvreuses sont auréolées de prix et même régulièrement annoncées comme de futures prix Nobel. Pourtant, en corrélation avec tous les espoirs soulevés, CRISPR Cas9 alimente aussi la machine à fantasmes. Et pas les meilleurs.

Harder, faster, stronger. Rapide, précise, peu coûteuse, cette méthode qui consiste ni plus ni moins à éditer le génome est déjà utilisée par des milliers de laboratoires dans le monde. Or, en extrapolant les possibilités, il est tout à fait envisageable que l’on crée de nouvelles espèces de la sorte. C’est par exemple le souhait avoué de George Church, un chercheur d’Harvard qui travaille à ressusciter un mammouth congelé en combinant ses gènes avec ceux d’un éléphant d’Asie.

De la même façon, des chercheurs chinois ont donné naissance à des chiens avec une masse musculaire deux fois plus importantes que la moyenne, des chercheurs américains ont créé des vaches sans corne et donné la vue à des rats atteints de cécité héréditaire.

Au regard de ces cas, cette technique pourrait très bien être utilisée pour mener des expériences sur des bébés humains en gestation, laissant planer à terme un risque d’eugénisme. Et c’est précisément ce qui inquiète les garants d’une forme de bioéthique, d’autant qu’on ne connait pas encore les effets de ces techniques à long terme.

Créer l’humain de demain ? En décembre 2016, plus de 150 ONG internationales ont d’ailleurs demandé un moratoire sur le forçage génétique, pour être sûr que chacun ne fasse pas ce qu’il veut dans son coin. Car un tel outil pourrait aussi permettre de créer de véritables mutations dans le patrimoine génétique humain, sans possibilité de retour en arrière en cas de grosse plantade. La fin de l’humanité telle que nous la connaissons. Bref, CRISPR Cas9 comporte autant d’espoirs que de craintes (un ponte de la CIA l’a même qualifié « d’arme de destruction massive potentielle »). Alors pour le coup, plus que jamais la prudence est de mise.

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