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Railcoop, la coopérative qui veut relancer les lignes ferroviaires abandonnées
Antoine Gillet |  26/12/2022 18:48
Railcoop, la coopérative qui veut relancer les lignes ferroviaires abandonnées

Au siècle dernier, réseau ferroviaire rimait uniquement avec SNCF. Mais depuis l’ouverture à la concurrence du rail actée en 2016, de nouveaux acteurs se sont invités à la danse. L’un des nouveaux venus s’appelle Railcoop, il est français, souhaite agir là où la SNCF ne veut plus aller et possède un statut de coopérative. Nicolas Debaisieux, son directeur général, nous explique pourquoi Railcoop n’est pas une compagnie ferroviaire comme les autres.  

Pouvez-vous nous expliquer comment est né Railcoop

Railcoop a été fondée en septembre 2021 par des citoyens et des collectivités locales souhaitant redynamiser les petites lignes ferroviaires. Notre statut est particulier car nous sommes une coopérative d’intérêt collectif composée de plus de 13 000 sociétaires. Avec ce statut, Railcoop a un certain nombre d’obligations : les bénéfices que nous générons doivent être réinvestis au minimum à 57,5 % sur la mission que nous nous sommes fixés, soit renforcer l’usage du ferroviaire, ou l’encadrement des rémunérations dans l’entreprise.

Votre activité diffère-t-elle de celle de l’opérateur historique ? 

Dans le fonctionnement, absolument pas et nous sommes soumis aux mêmes règles de sécurité. La différence primordiale que nous avons avec la SNCF se trouve au niveau de l’organisation de Railcoop. Les sociétaires font partie prenante du projet coopératif, ils réfléchissent à l’aménagement des rames, du train et de son accessibilité. Nos sociétaires participent à la construction des services que nous allons proposer.

Un modèle neuf coûte en moyenne une dizaine de millions d’euros et il était impossible pour nous d’investir une telle somme.

Comment une jeune compagnie ferroviaire telle que Railcoop a-t-elle réussi à se procurer du matériel roulant ? 

Nous avons réussi à acheter des rames X 72500 d’occasion à la SNCF utilisées pour le service TER. L’acquisition du matériel ferroviaire est très complexe pour nous et le marché de l’occasion est inexistant. Nous avons eu de la chance de pouvoir se procurer ces rames car il est impossible d’acquérir du matériel neuf au vu du prix. Un modèle neuf coûte en moyenne une dizaine de millions d’euros et il était impossible pour nous d’investir une telle somme. Notre mission actuelle consiste à être en capacité financière de remettre à niveau ces rames arrêtées depuis cinq ans. Il faut que nous les rénovions pour les remettre en route et produire un service.

© Bernard Le Saout

 

Pourquoi la SNCF a-t-elle décidé de déserter les petites lignes ferroviaires sur lesquelles vous désirez vous positionner ? 

Selon moi, il s’agit d’une stratégie industrielle. La SNCF a voulu développer le tout TGV durant de nombreuses années, ce qui était une erreur. Elle est d’ailleurs en train de revenir sur cette stratégie en relançant des « trains classiques » comme OuiGo classique, ou les trains de nuit.

Nous ne voulons pas entrer en concurrence avec le service public ferroviaire.

Pourquoi ces petites lignes sont-elles si importantes pour le réseau ferroviaire national ? 

Sur l’axe Bordeaux-Lyon que nous voulons relancer, la ligne n’est pas directe, le train passe par les villes de Guéret, Limoges ou bien Montluçon. Entre Guéret et Montluçon, 3 trains passent par jour, ce qui est peu, pourtant cette ligne est importante pour la constitution du réseau. Si on coupe cette liaison, on doit passer par Paris ou Toulouse pour se rendre de Bordeaux à Lyon… En redynamisant ces axes, les territoires se connectent à nouveau au système ferroviaire.

Aujourd’hui, le système ferroviaire est centré sur Paris, alors que les habitants de Périgueux, Vichy, ou Roanne veulent autant prendre le train que les Parisiens. Si l’on veut augmenter la part modale du ferroviaire, il faut recréer du service là où il n’y en a pas.

Aucune description de photo disponible.

Railcoop pourrait-elle répondre aux appels d’offres régionaux pour créer du service ? 

Nous ne voulons pas entrer en concurrence avec le service public ferroviaire. Notre mission initiale consiste à prendre des parts de marché à la voiture ou à l’avion plus qu’à la SNCF. Cette dernière privilégie le TGV sur les grands axes et se structure autour de Paris. Le Bordeaux-Lyon est une ligne en dehors de délégation de service publique donc nous agissons sur le marché libre.

Vous promettez des conditions de travail dignes à vos salariés, cela permettra-t-il d’éviter d’éventuelles grèves ?

Je ne peux pas promettre cela, mais nous intégrons nos salariés aux processus de décision en leur donnant la possibilité de devenir sociétaires. L’un des cinq collèges de sociétaires de l’entreprise est celui des salariés, il a 20 % des droits de vote aux assemblées générales et pèse le même poids que les autres collèges. À l’avenir, nous verrons si ces outils sont suffisants pour que les salariés s’expriment.

Quand pourrons-nous monter dans un train Railcoop ? 

Dès que possible. Aujourd’hui, nous devons boucler les financements pour rénover nos rames ou aménager des espaces Railcoop en gare. Tant que nous n’avons pas les fonds suffisants, nous ne pouvons pas avancer. Il faut que nous soyons un million de sociétaires d’ici quelques mois pour disposer des fonds nécessaires, sinon il faudra que nous empruntions auprès des banques. Malheureusement, les institutions financières veulent couvrir un maximum leurs risques vis-à-vis de ce nouveau marché.

Quelles seront les lignes Railcoop ? 

Nous nous sommes déjà positionnés et engagés sur la ligne Bordeaux Lyon, puis nous avons notifié à l’ART notre désir de nous implanter sur une dizaine d’autres lignes ferroviaires comme le Strasbourg-Clermont-Ferrand, Le Croisic-Vannes ou le Lille-Nantes via Rouen et Caen.

Les tarifs seront-ils attractifs ?

Suite à des discussions sur ce sujet avec nos sociétaires, deux éléments sont remontés : la nécessité de proposer un prix abordable et de créer une grille tarifaire lisible avec des tarifs stables. Ainsi, le prix du Bordeaux-Lyon sera de 40 euros, soit le même tarif qu’un trajet en covoiturage.

Plus d’infos sur le site officiel.

Crédit photo : P-J Jehenne

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