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    Quand la folie Pokémon Go s’empare de Paris

    Ils étaient plusieurs centaines à jouer au Jardin du Luxembourg ce 14 juillet

    Pokémon Go s’est abattu sur le monde. Comme une folie. Depuis une semaine, des milliers de personnes ont téléchargé l’appli et chassent des pokemons dans leurs villes. En France, le jeu est devenu un hit avant même sa sortie officielle et une énorme communauté est en train de se structurer atour des drôles de bestioles. Détours a rencontré les dresseurs de pokémons entre deux lancés de pokéballs au jardin du Luxembourg.

    Paris, 6eme arrondissement – « OUI ! J’ai chopé un Excelangue ! », balance Maxime tout fou à sa copine. Sur son écran, la bestiole rose malabar tire une langue énorme jusque par terre. Le couple se réjouit un instant avant de replonger le nez dans leurs portables respectifs. « Encore un Rattata… », souffle un autre, déçu. « Excuse-moi, tu es niveau combien ? Tu sais comment on fait évoluer les pokémons ? » Ce 14 juillet, ils sont plusieurs centaines à converger vers le Jardin du Luxembourg pour une grande chasse aux pokémons, 6 jours seulement après la sortie du jeu Pokémon Go, la nouvelle application mobile de la franchise.

    L’app permet aux joueurs de capturer les créatures partout autour d’eux grâce à la technologie GoogleMap. Le GPS permet de se géolocaliser sur un plan et d’interagir selon l’endroit. La tour Eiffel est devenue une arène de combats, un spot où les dresseurs les plus chevronnés se défient. Mais il faut être sous la dame de fer pour pouvoir participer aux battles. Le jeu n’est pas encore sorti en France qu’il est déjà un succès. Disponible gratuitement sur Android et iPhone aux États-Unis, en Australie et en Nouvelle-Zélande, l’app débarquait à peine en Allemagne et en Espagne ce mercredi, avant d’arriver en Angleterre jeudi.Ce n’est plus qu’une question d’heures avant qu’elle ne soit disponible en France. Mais les joueurs de l’Hexagone, impatients, n’ont pas attendu la sortie. Téléchargements via la plate-forme néo-zélandaise de l’AppleStore, installation de pluggin permettant de se procurer la version Android américaine, les Français ont rusé pour jouer au plus vite. Et dans les allées du parc du Luxembourg, face aux Sénat, les wannabes dresseurs sont légions.

    5 choses à savoir sur Pokémon Go

    Quel est le but du jeu ? Attraper des pokémons, les faire évoluer et les endurcir, pour pouvoir gagner des combats contre d’autres dresseurs. Nouveauté de cette version mobile : les pokémons apparaissent dans votre quartier ! Nous pouvez attraper ces petites bêtes dans votre salon ou sur le trottoir d’en face.

    Comment ça marche ? L’app utilise les données de Google Map. Le jeu est ainsi capable de vous géolocaliser et d’adapter le jeu à votre emplacement géographique. Les pokémons apparaissent ensuite tout autour de vous. Et plus vous vous baladez, plus vous croisez des nouveaux pokémons.

    Comment attraper un pokémon ? Dès qu’un pokémon apparaît autour de vous, votre portable vibre. Il suffit ensuite de toucher la bête et de lancer votre pokéball. L’affaire est dans le sac.

    Qu’est-ce qu’une arène ? Les arènes sont les endroits où les joueurs peuvent s’affronter. Le dresseurs avec les meilleurs pokémons gagnent le spot et doivent le garder ! Les arènes sont disséminées un peu partout dans votre ville. Elles peuvent être des gares, des centres commerciaux, des parcs, des bars ou restaurants… En somme des lieux où les dresseurs peuvent se rencontrer.

    Comment être le meilleur dresseur ? En passant les niveaux les uns après les autres. Plus vous marchez, plus vous croisez des pokémons. Plus vous attrapez de pokémons, plus vous gagnez des points. Plus vous avez de points, plus votre niveau augmente et vos pokémons sont forts.

    La pokémania

    “C’est la revanche des geeks. Au collège, nous étions des losers. Les filles préféraient les bad boys. Aujourd’hui, tout le monde joue à Pokémon”, se réjouit Samy, 25 ans, président de Néokan, association emblématique dans le monde du gaming, qui structure une bonne partie de la communauté Pokémon héxagonale. Cet ancien champion de France de Pokémon sur console est à l’origine de la chasse du jour. L’événement l’a vite dépassé : la page affiche aujourd’hui plus de 2000 participants, 12000 intéressés et 6500 invités. “On a décidé de contacter les autorités compétentes pour régulariser l’événement. Le Sénat nous a envola page affiche aujourd’hui plus de 2000 participants, 12000 intéressés et 6500 invités. “On a décidé de contacter les autorités compétentes pour régulariser l’événement. Le Sénat nous a envoyé un mail pour nous faire part de sa désapprobation.” Mais l’annulation de l’événement n’a pas refroidi les centaines de joueurs présents dans le parc. Un tour d’horizon suffit pour constater que les deux tiers des passants ont les yeux rivés sur leurs smartphone.

    Les joueurs ne sont pas franchement geek. Les looks sont divers, les âges aussi. Comme dans le groupe de Gabriel. Assis en rond dans les chaises vertes du Jardin du Luxembourg, les cinq chasseurs ne lâchent par leurs téléphones. Ils ont entre 19 et 27 ans, jouent ou ont joué à des jeux en ligne. Sans plus. C’est la première fois qu’ils s’investissent autant autour d’un jeu vidéo : “Là c’est Pokémon ! C’est le jeu emblématique de notre génération.” Avec le jeu, les vingtenaires retombent en enfance et revivent leurs meilleures heures sur console. “On rêvait de parcourir le monde pour chopper tous les pokémons. Et là c’est ce qu’on nous propose. C’est clairement un rêve de gosse!”, s’emballe Gabriel. Et comme Sacha dans le dessin animé, les apprentis dresseurs rêvent d’attraper tous les pokémons, avec la même obsession que les collectionneurs.

    La troupe fait partie des plus grands fans. “Difficile d’estimer le temps que l’on passe dessus, comme on se connecte plusieurs fois par jour, un peu n’importe quand”, explique Pauline, assise en tailleur. La brune aux lunettes rondes de 23 ans allume parfois le jeu au travail, juste pour vérifier qu’un pokémon ne traîne pas dans les parages. “J’y joue tous les jours, toute la journée. Mais ne dites pas où je travaille ! Si mon boss apprend que je suis sur Pokémon en réunion, ça va mal se passer”, rigole Gabriel, grand brun à la crête iroquoise, en lançant sa pokéball d’un doigté habile sur son écran de portable.

    Le jeu est devenu l’app la plus téléchargée en seulement six jours, sur Android et iPhone. Selon les chiffres de Business Insider, Pokémon Go possède plus d’utilisateurs que Tinder et autant que Twitter. Une tornade qui a touché Paris. « Tu vois partout des gens marcher, tête penchée sur leur portable. Ils s’arrêtent régulièrement au milieu des rues. C’est quand ils attrapent un pokémon », sourit Gabriel en pointant deux joueurs un peu plus loin dans le parc.

    Une communauté grandissante

    Devant un tel attrait, Gabriel et ses copains se sont retroussés les manches : « Pokémon Go est fait pour jouer en groupe. C’est le principe de Pokémon. On veut structurer cette communauté naissante ». L’informaticien de 27 ans a décidé de créer la page Facebook Pokemon Go Paris, qui a rassemblé plus de 800 fans en quelques heures. « C’est à ce moment-là que Julien, Pauline et Gael m’ont proposé de m’aider », explique-t-il en désignant ses complices. En plus de la page, ces fans ont créé des groupes par équipe. « Il y a trois équipes dans Pokémon, les bleus, les rouges et les jaunes. Je me suis par exemple chargée du groupe des jaunes », explique Pauline. Elle a d’ailleurs organisé un sous événement, en donnant rendez-vous à une trentaine d’autres chasseurs au Jardin des Plantes, après la chasse à Luxembourg. L’app encourage les joueurs à chasser en groupe et par team.

    Gabriel et ses copains en sont sûrs, le jeu est fédérateur. « Les gens sortent de chez eux, s’interpellent dans les rues, c’est un vrai phénomène de société ! » L’équipe en est un exemple : « Avec Pauline on se connaît depuis 7 ou 8 ans. On s’est rencontré sur un jeu en ligne. C’est la première fois qu’on se voit en vrai ! », explique Gabriel. Il aura fallu une chasse aux pokémons pour réunir les deux amis. Quant à Gael, il rencontre toute la bande ce jeudi : « Je faisais parti des 10 premiers likes de la page. J’ai tout de suite contacté Gabriel pour lui proposer mon aide. On ne se connaît pas du tout. »

    Motivés par le succès de la chasse du jour, l’équipe promet d’organiser de prochains rassemblements. “On a déjà posé une date samedi prochain pour l’équipe rouge.” Ils comptent également unir leurs forces avec les équipes de Néokan : “Rien de sert de s’éparpiller. Nous sommes une seule et même communauté. Plus on est de chasseurs, plus on attrape de Pokémons.”

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