Pourra-t-on un jour dormir dans une voiture qui conduit à notre place ?
LA NOUVELLE MOBILITÉ S’EXPLORE AVEC
Detour
Accueil / Déjà demain / Pourra-t-on un jour dormir dans une voiture qui conduit à notre place ?
Pourra-t-on un jour dormir dans une voiture qui conduit à notre place ?
Robin Ecoeur |  18/01/2022 03:10
Pourra-t-on un jour dormir dans une voiture qui conduit à notre place ?

En 2019, le cabinet Oresys affirmait que deux tiers des Français étaient prêts pour l’arrivée de la voiture autonome, notamment pour se relaxer et dormir en laissant le véhicule faire tout le boulot. Mais est-ce un rêve, ou bientôt une réalité ?

Dodo-boulot-dodo. La voiture a toujours été un objet de fantasmes (l’allure, la rapidité, la puissance, etc.). Et ce n’est pas avec la voiture autonome que les mentalités changeront. Ceci étant dit, avec de nouveaux usages, ce sont aussi de nouveaux fantasmes qui apparaissent. Parmi les idées reçues, il y en a une qui semble ancrée dans nos têtes, comme si sa faisabilité était une évidence absolue : le fait de pouvoir roupiller à bord d’un véhicule automne. Cette perspective étant accentuée par certains concepts, comme celui-ci, qui alimentent encore plus nos fantasmes. Alors pourra-t-on un jour terminer sa nuit dans sa voiture en allant au travail ?

Dans un premier temps, il faut savoir qu’il existe plusieurs niveaux de conduite autonome, allant de zéro à cinq (chaque niveau apporte un degré d’automatisation supplémentaire). Seulement un véhicule doté du niveau 5, le plus élevé, pourrait permettre au conducteur de dormir au volant. Mais aujourd’hui, aucun modèle n’a atteint ce stade, notamment parce que les technologies et les infrastructures permettant de l’atteindre (l’internet des objets, la 5G, etc.) ne sont pas encore déployées à grande échelle.

La question est, encore aujourd’hui, complexe, aussi parce qu’il existe différents types de véhicules autonomes (il y a des trains, des navettes, des pods, des robots, des taxis, etc.) et surtout différents usages liées à ces engins. Certains sont conçus pour le transport de marchandise (les camions), d’autres pour la livraison (les robots et les pods) ou encore le transport de personne (taxis, navettes, etc). In fine, les enjeux ne sont pas les mêmes, et les risques non plus.

Elles roulent déjà. Certains prototypes atteignent déjà une conduite de niveau 4, comme ce robot de Nuro ou cette navette française. Cela veut dire qu’ils sont autorisés à circuler en ville sans l’aide d’un humain. Ces véhicules sont encore en phase de test, du moins en Europe où la législation concernant les véhicules autonomes n’est pas encore définie. Mais les avancées technologiques sont là et font avancer la voiture autonome dans le bon sens. Aux États-Unis, Nuro a lancé la pré-production de ses robots autonomes, et compte bien les déployer en ville pour effectuer les derniers kilomètres.

À Phoenix en Arizona, l’entreprise Waymo est autorisée à déployer un service de VTC avec des voitures autonomes. Il n’y a aucun conducteur à bord, et les passagers sont assis à l’arrière. Un journaliste de chez Bloomberg a récemment testé ce service, et raconte son trajet dans cet article. Il écrit que le véhicule se déplace comme si un humain était au volant, mais qu’il s’est retrouvé bloqué dans une situation compliquée à gérer pour une intelligence artificielle. Des opérateurs à distance entrent alors en contact avec les passagers, tandis que des employées viennent au secours du véhicule à l’arrêt en cas d’urgence, notamment si ce dernier reste coincé sans savoir quoi faire. Une preuve que les technologies ne sont pas totalement au point, et que la supervision d’êtres humains reste encore nécessaire et essentielle.

Quid des voitures individuelles ? Là aussi, certains constructeurs proposent déjà des modèles ayant une conduite autonome de niveau 2, comme Tesla. Ces véhicules possèdent des aides à la conduite, mais le conducteur doit suivre ce qui se passe sur la route. En France, ces engins pourront circuler dans certaines zones dès septembre 2022.

Le 9 décembre 2021, Mercedes a obtenu l’autorisation de commercialiser en Europe ses modèles dotés d’un niveau 3 d’automatisation. Ce dernier permet aux conducteurs de lâcher le volant mais uniquement sur l’autoroute lorsque le trafic est dense (ralentissements, bouchons, etc.), et jusqu’à une vitesse maximale de 60 km/h. En revanche, il est strictement interdit de s’endormir à bord, auquel cas la voiture s’arrêtera pour se mettre en sécurité. Le groupe Stellantis, en partenariat avec BMW, a aussi annoncé l’arrivée d’un premier modèle de niveau 3 pour 2024. Ce stade d’automatisation sera la prochaine grosse étape à venir pour les constructeurs. Sur le plan légal, les pays devront faire avancer les lois pour autoriser ces véhicules à circuler, ce qui est loin d’être le cas dans tous les pays.

Encore (un peu) de patience. En résumé, dormir sans sa voiture autonome durant un trajet de nuit par exemple n’est pas encore au menu de demain. Même si les technologies avancent, comme avec les VTC de Waymo, l’assistance et la vigilance humaine reste primordiale en cas d’urgence ou de problème sur la route.

Par contre, au regard de la vitesse à laquelle elles se développent, on peut imaginer qu’aux alentours de 2040 ou 2050, des modèles permettront aux passagers de faire autre chose que d’avoir un œil sur la route. Reste à savoir si un plan législatif, il sera possible de dormir dans un véhicule qui roule et qui peut potentiellement causer des accidents (et donc des blessés). Mais ça, c’est encore autre histoire. 

Deja demain

VOUS AIMEREZ AUSSI
Qui sommes-nous?

Qui sommes-nous?

Une rédac curieuse et avide de vous faire découvrir la mobilité sous un autre jour

voir la page
Newsletter

Newsletter

Chaque semaine, 1 minute pour vous faire découvrir le meilleur de la mobilité

Contact

Contact

Envoyez-nous vos projets, idées, remarques ou juste un bisou

nous ecrire
De quelle solution mobilité avez-vous besoin aujourd'hui?
Retour
De quelle solution mobilite avez vous besoin aujourd'hui?
Faites votre choix !