Pourquoi Marseille est un tel enfer pour les transports en commun ?
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Pourquoi Marseille est un tel enfer pour les transports en commun ?
Vincent Pons |  10/02/2021 20:53
Pourquoi Marseille est un tel enfer pour les transports en commun ?

Célébrons l’arrivée du nouveau métro automatique en 2023 dans la cité phocéenne avec le bilan mobilité de la cité phocéenne. Et vous allez voir, l’histoire n’est pas glorieuse.

Avec une population de plus de 800 000 habitants, Marseille est la deuxième ville la plus peuplée de France. Avec ses 240,6 km², elle est 2,5 fois plus étendue que Paris, pourtant elle offre un réseau de transports en commun digne d’une ville moyenne. Elle dispose de 21,9 kilomètres de lignes de métro, 679 kilomètres de bus et 13 kilomètres de lignes de tramway. En comparaison, le réseau du métro lyonnais compte 32 kilomètres de voies et son tramway, 83. Il n’y a alors rien d’étonnant à voir les critiques pleuvoir à son encontre : vétuste, petit et inefficace sont les maîtres mots. 

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Une histoire sans fin. Lorsque l’on parle de transports en commun à Marseille, on se rend vite compte que le problème ne date pas d’hier. La présidente de la Métropole d’Aix-Marseille, Martine Vassal, le confie même à 20 minutes « À Marseille, nous avons quarante ans de retard sur les transports en commun ». L’exemple parfait à ce propos : la construction du métro. Le métro marseillais a été proposé dès 1918, mais ce dernier a été finalisé en… 1977.  

Ce projet a abouti grâce à l’intervention de l’État ; les politiques de l’époque ont su impulser l’édification de lignes de métro à Lyon et à Marseille. Parties sur un pied d’égalité, la différence entre les deux métropoles s’est pourtant fait sentir sur la durée. Quand la capitale des Gaules a aujourd’hui 4 lignes de métro, Marseille en a seulement 2. Après le prolongement de la seconde ligne en 1987, il n’y a plus rien eu à l’exception de quelques petites améliorations. 

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Pour Alain Bonnafous, chercheur au Laboratoire d’Économie des Transports, les soucis de gestion ne se sont jamais arrêtés et le système des transports marseillais n’a pas su dégager d’auto-financement. Les coûts de fonctionnement ont explosé, ralentissant ainsi les investissements. Il faut savoir qu’un voyage en métro coûte 1,40 euros au contribuable marseillais alors qu’à Lyon, seulement 0,37 euros.

Contacté à ce propos, Jean-Marc Zulesi, député des Bouches-du-Rhône pour La République en Marche et responsable mobilité pour le parti, confirme : contrairement à d’autres villes, il n’y a jamais eu de réelle politique de transports, ni la volonté de mettre les moyens. Cela expliquerait pourquoi la métropole Aix-Marseille-Provence ne s’est jamais engagée dans des réformes ambitieuses. Pour lui, la solution doit passer par un établissement public de la mobilité calqué sur celui du Grand Paris. Lui seul pourrait fournir à la ville la capacité de financement nécessaire.  

Cargo de nuit. L’autre symptôme des problèmes de transports marseillais : les horaires. En 1990, le climat d’insécurité dans le métro oblige les autorités à arrêter sa circulation à 21h. En 2001, il ouvre jusqu’à 00h30 le week-end, en 2008 son ouverture est autorisée jusqu’à 22h30 en semaine. Ce n’est qu’en 2012 qu’il pourra rouler à nouveau tous les jours jusqu’à 1h du matin. Cette galère se poursuit pour les noctambules car après 1h du matin, la mairie ne propose aucune alternative à l’exception de la marche ou du taxi (les bus de nuit s’arrêtant à .. 00h30). Heureusement, les vélos en libre-service, trottinettes sont disponibles toute la nuit. Il faut noter que durant ses cinq premières années, Le Vélo (le Velib marseillais) était seulement disponible durant les horaires de bureau. Une situation résolue en 2012. 

Il faut que ça roule. Aujourd’hui, la situation s’améliore. Les tramways et bus sont plébiscités par les habitants et ils ont même la cote – les mauvaises langues diront tout de même que les embouteillages ont poussé les gens à prendre le tram. En 2026, toutes les vieilles rames du métro seront automatisées, les passagers pourront profiter de la climatisation et même du wi-fi durant leur voyage. Comble du luxe, certaines stations seront rénovées pour accueillir des personnes à mobilité réduite. À défaut d’être des années folles, espérons que les années 2020 seront celles du renouveau pour la mobilité pour Marseille. L’arrivée imminente d’un nouveau métro en 2023-2024 devrait aider à aller dans le bon sens.

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