Les réseaux sociaux
  • Oops! Aucun résultat
    3 minutes de lecture

    En fait, plein de commerçants offrent de l’aide à des sans-abri

    On reste dans l’esprit de Noël avec cette initiative du Carillon. Moderne et généreuse.

    Offrir un verre d’eau, donner un accès aux toilettes, proposer de recharger son portable ou changer sa monnaie : autant de services qui ne coûtent rien et qui peuvent pourtant être d’une grande aide pour des personnes dans le besoin. Mais pour un sans-abri, comment savoir si un commerçant acceptera sa demande ? Une association, Le Carillon, a eu une idée aussi simple que géniale : proposer un système de logos différents pour chaque service proposé. Des autocollants bleus et blancs correspondants sont affichés sur la devanture des commerces partenaires.

    detours-commerces-solidaires-sans-abris-1
    Crédit photo : Le Carillon

    Chaque commerçant désireux de rendre un ou plusieurs services à une ou des heures précises peut ainsi clairement le stipuler et un sans-abri dans le besoin d’un service particulier sait où s’adresser. Ainsi, certains proposent un accès internet, un bout de pain ou tout simplement un petit moment pour discuter.

    « D’un côté, des commerçants ouvraient déjà leurs portes à des sans-abri, de l’autre côté, plein de personnes avaient des besoins, le tout a été de relier l’offre et la demande », explique Louis-Xavier Leca, fondateur et co-directeur de l’association joint par Detours.

    Solidarité organisée

    L’association permet même aux sans-abri de commander des vêtements dans des commerces partenaires grâce à la Refinery, une boutique solidaire. Les bonnes actions attirent les bonnes actions !

    Certains commerçants avaient simplement besoin d’un simple coup de pouce pour franchir le cap. C’est le cas d’Hugo Laverdin, gérant de Wash Wash Voltaire, une entreprise de nettoyage de motos et de scooter à Paris :

    « En 30 minutes, des bénévoles de l’association m’ont convaincu. Si on peut donner un petit coup de main pour des gens en galère on le fait« , explique t’il simplement avant d’ajouter sobrement : « Vu ce qu’on nous demande ça serait déplacé de se gargariser de le faire, c’est pertinent et c’est normal de le faire« .

    detours-commerces-solidaires-sans-abris-1Recréer du lien social

    Louis-Xavier Leca a pris la décision de créer Le Carillon alors qu’il travaillait dans le développement à l’étranger pour une grosse ONG. Souvent en voyage en Afrique Sub-saharienne ou en Amérique Latine, il est rarement sur Paris à l’époque. Mais à chaque fois qu’il passe par le siège de son employeur, il discute cinq minutes avec un sans-abri qui vivait en bas de l’immeuble. Un jour, de passage dans la capitale, il apprend sa mort, subitement.

    « Cet homme est mort dans la rue où je travaillais, dans l’indifférence générale. Je me suis dit qu’au lieu d’aller à l’autre bout du monde, je ferais mieux de faire quelque chose en bas de chez moi« , se rappelle t-il aujourd’hui.

    detours-commerces-solidaires-sans-abris-2
    Louis-Xavier Leca. Crédit photo : Le Carillon

    Il commence donc par bosser avec Emmaüs, discute avec les bénévoles, le personnel de l’Action Sociale, pense peu à peu son projet les weekends et jours fériés. L’initiative est finalement lancée en 2014, au départ dans le 11ème arrondissement de Paris. Mais très vite, la belle entreprise, aidée par le bouche à oreille et le travail d’information de l’Action Sociale ou d’Emmaüs, fait tâche d’huile.

    « Ça a créé un appel d’air, les commerçants qui proposaient hier un verre d’eau ou l’accès à leurs toilettes ont eux même proposé d’offrir un plat chaud ou des invendus », se réjouit le fondateur.

    Nouveau service, nouvelle organisation. L’association créé alors des bons qui permettent aux sans-abri de se procurer des repas chauds dans les restaurants partenaires. Des bons que les habitants d’un quartier peuvent financer directement ou via des offres des commerçants.

    detours-commerces-solidaires-sans-abris-4
    Crédit photo : Le Carillon

    Au-delà des services offerts, l’initiative entend bien recréer du lien social, démystifier le cliché du sans-abri hurlant et dérangé pour reconnecter les gens ensemble et organiser une solidarité naturelle.

    Et ça marche ! Aujourd’hui, 200 commerces répartis sur 10 arrondissements de la capitale sont partenaires. Et dès mars 2017, l’initiative s’exporte à Nantes, Lille, Lyon ou Marseille.

    Chapeau bas !

    Vous aimerez aussi

    Portraits

    Utilisation des cookies

    Découvrez comment fonctionnent les cookies et comment changer vos paramètres. Si vous continuez à utiliser notre site sans changer vos paramètres, vous consentez à l’utilisation de cookies sur notre site.

    Votre vote a bien été pris en compte. Revenez demain pour voter à nouveau. Pour savoir si votre candidat préféré fait partie des 5 projets sélectionnés pour le Grand Oral, abonnez-vous à la page Facebook de Détours.

    Votre vote a déjà été pris en compte pour ce projet. Revenez demain pour voter à nouveau.