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    Une pilule pour effacer vos pires souvenirs

    Se faire effacer la mémoire sonne pour beaucoup comme un cauchemar. Mais quand on a vécu un violent traumatisme, cela peut tout bonnement vous guérir. Les hôpitaux de Paris testent un programme de ce type sur les victimes d’attentats, avec succès.

    Mauvaise mémoire. Le cerveau est capable de bien des miracles mais aussi de vous pourrir la vie : à la suite d’un événement tragique, il va garder vifs les souvenirs et perceptions qui y sont rattachés. Louable intention (vous permettre de survire si vous y êtes de nouveau confronté), mais au jour le jour cela se manifeste par un stress permanent, de l’anxiété accrue et une hyper-vigilance qui vont entraîner une perte de sommeil et/ou une dépression. On appelle ça le stress post-traumatique.

    La solution proposée par un psychologue canadien : supprimer de notre mémoire, non pas l’événement lui-même, mais les émotions enregistrées au moment du trauma. Il en restera un souvenir désaffecté, comme pour un soucis qu’on a dépassé ou un ancien amour dont on s’est séparé.

    Total Re-cool. Si la SF a cent fois puisé dans les mystères de notre mémoire, il ne s’agit pas ici d’une nouvelle machine à trifouiller votre cerveau. Depuis Montréal, Alain Brunet, professeur de psychiatrie à l’Université McGill a conçu un programme qui associe médication et psychothérapie : on administre au patient du propranolol, qui va atténuer les symptômes d’anxiété, et on lui demande de raconter à un psychiatre ce qui lui est arrivé. L’expérience sera renouvelée chaque semaine, six fois en tout. À la fin, il ne reste que les faits et non plus l’intense émotion déstabilisante.

    Le propranolol était déjà utilisé pour traiter les migraines notamment. L’apport d’Alain Brunet consiste à exploiter une découverte (attribuée à Larry Cahill et Jim Mccaugh en 1997) qui démontre que dans l’heure qui suit la prise, ce bêta-bloquant empêchait la libération de l’adrénaline, ce qui permet de « remodeler » un souvenir et d’en réduire la portée.

    Oubliés, les anti-dépresseurs. Cette méthode thérapeutique a vivement intéressé l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) afin d’éviter des ordonnances d’anti-dépresseurs sans fin et de longues psychothérapies pas toujours efficaces. Le programme « ParisMem » a été lancé au printemps 2016 auprès de 175 volontaires, et deux tiers de ces anciennes victimes d’attentats estiment se sentir soulagées aujourd’hui. Aucun effet secondaire à ce jour, notamment en terme de mémoire à long terme, n’a été recensé, mais les tests continuent.

    S’il est encore tôt pour dire si l’on pourra à terme effacer tous vos ex et traumas persos ainsi, on peut se targuer d’avoir une pilule du lendemain pour cette période de tensions et de violence. Cela vous laisse quelques années pour choisir si vous êtes prêts à faire Pomme-Z sur les pires heures de votre vie.

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