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    Pics de pollution : rouler moins vite, ça sert vraiment à quelque chose ?

    Comme tous les ans, la combinaison de températures plus élevées et de l’absence de vent entraine une dégradation de la qualité de l’air. Le nom de l’ennemi invisible : la particule fine. Un problème désormais récurrent qui pose la question de l’utilité des réductions de vitesse pendant ces crises.

    Hidalgo vs la pollution. Peu à peu, le terme est rentré dans les mœurs : pic de pollution. Utilisé par Michel Houellebecq dans une chanson de l’an 2000, résume à lui seul le problème auquel sont confrontées de nombreuses métropoles. Et l’une des seules mesures actuellement en place pour contrer la hausse du taux de particules fines est la réduction de vitesse : 110 km/h au lieu de 130 km/h sur les autoroutes, 90 km/h sur les voies rapides normalement limitées à 110 km/h, 70 km/h sur les nationales, départementales et voies rapides limitées en temps normal à 90 km/h.

    Tout cela fait beaucoup de chiffres, mais pour quel résultat ? C’est la question posée par Anne Hidalgo dans un tweet assassin, cette semaine, dirigé contre la préfecture de police. La première reproche à la seconde de refuser la circulation différenciée (qui a remplacé la circulation alternée et interdit la route à certains véhicules) ; ce qui valide, pour l’édile, le fait que la limitation de vitesse seule ne sert finalement pas à grand-chose.

    Peur sur la ville. Au-delà de cette querelle digitale, la question de la maire de Paris soulève un vrai problème : partout en France, les automobilistes roulent moins vite pendant les pics de pollution, mais sans voir les effets immédiats. Pour l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), la réponse est simple : la mesure est sans réel effet sur les périphériques. « Les études ayant appliqué une vitesse maximale autorisée à 70 km/h pour des axes initialement à 90 km/h observent de faibles diminutions des émissions voire une augmentation », explique une étude de 2014.

    En revanche, un ralentissement général permet de fluidifier le trafic. Plus de pollution, moins de bouchons, pour résumer. Un bilan finalement contrasté, mais à mettre quand même au crédit de la mesure puisqu’une réduction des embouteillages entraine une moindre concentration des particules…

    En combinant la réduction de vitesse et la circulation différenciée, comme l’exige Hidaldgo, on tiendrait donc finalement LA solution pour purifier l’air. Peut-être un message à passer à la secrétaire d’État à la Transition écologique, Emmanuelle Wargon, flashée à 150 km/h sur l’autoroute… lors d’un pic de pollution.

    Quoi qu’il en soit, l’autre alternative est évidemment de favoriser la prise des transports en commun ou d’accélérer le développement des solutions de covoiturage, pourtant déjà bien avancées. Partager une voiture plutôt qu’un air irrespirable, finalement, c’est presque déjà un slogan de campagne…

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