On fait le point : les voitures électriques sont-elles vraiment moins polluantes ?
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On fait le point : les voitures électriques sont-elles vraiment moins polluantes ?
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LA REDACTION |  23.01.2020
On fait le point : les voitures électriques sont-elles vraiment moins polluantes ?

Si vous lisez régulièrement "Détours", il ne vous aura pas échappé que chaque publication sur des modèles électriques qualifiés de « révolutionnaires » amène son lot de commentaires ironiques ou agressifs sur ce qui est souvent qualifié de lobbying anti-diesel, voire de publicité mensongère. Alors, l’électrique est-il vraiment plus polluant que l’essence ? Pour vous, la rédaction a tenté d’y voir un peu plus clair… au milieu du nuage de particules fines.

Tout et son contraire. Les 42 000 acquéreurs français d’une voiture électrique en 2019 ont certainement lu, plus que les autres, toutes les vérités et contre-vérités à propos de ces véhicules souvent décrits comme « écologiques » ou, à l’inverse », comme « plus polluants » que les thermiques. La situation est arrivée à tel point que l’automobiliste lambda, celui qui voudrait réduire son empreinte carbone mais n’a pas forcément les 10 000 € nécessaires (l’écart moyen entre une électrique et une essence) sur son compte en banque, n’y comprend plus rien. Alors, bonne affaire pour la planète, ou pas ?

D’un côté, des études (comme une récente publiée par l’Institut de Munich) annoncent que la production d’une seule voiture électrique équivaudrait à rouler 150 000 kilomètres avec un diesel en raison de la pollution liée à sa fabrication – on y reviendra. De l’autre, le rapport de l’Agence européenne de l’environnement affirme qu’elles émettent moins de gaz à effet de serre (principal responsable du réchauffement climatique). Difficile, en somme, de s’y retrouver.

La première chose à savoir, et c’est une évidence, est qu’une voiture électrique n’a pas de pot d’échappement. Traduction : aucune émission de CO2, contrairement aux thermiques. Qui plus est, ces dernières sont désormais connues pour la pollution aux particules fines qui entraine chaque année la mort de 48 000 Français. Pour autant, là encore, électricité ne rime pas forcément avec écologie ; les voitures rechargeables émettant également des particules fines à cause… de l’usure des pneus. Mais dans des proportions moindres, évidemment.

Le problème des centrales à charbon (et pas que). L’autre argument avancé par les électrico-sceptiques est celui du mode de production de l’électricité ; un vrai problème quand on sait qu’à ce jour 60% de l’électricité mondiale est produite dans des centrales alimentées par le charbon, véritable fléau écologique. Et c’est d’autant plus le cas en Chine (73% de l’énergie électrique y est fabriquée “grâce” au charbon), en Pologne (80%) ou en Allemagne (19% de son électricité vient du lignite, soit le type de charbon le plus polluant au monde). Dans tous ces pays “propres” mais dépendants des énergies fossiles, les émissions de CO2 restent hélas plus importantes que celles d’une voiture dite traditionnelle. Au moins jusqu’à 100 000 kilomètres parcourus.

À cela, se rajoute évidemment le problème de l’exploitation des terres rares (cuivre, nickel, etc… 17 au total) nécessaires à la production des systèmes électriques, ainsi que le service après-vente des batteries usagées – un problème actuel qui s’applique également aux trottinettes et vélos en libre-service. Le Cobalt, enfin, est par exemple produit majoritairement en République Démocratique du Congo et la Chine, d’où une double dépendance qui pourrait bien fragiliser la démocratisation des électriques à long terme. En conclusion : un bilan « vert, mais peut mieux faire » ?

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Spoiler alert : c’est quand même la voiture électrique qui gagne. Et la première raison qui explique cela est qu’elle est meilleure pour la santé. Son moteur n’émet ni NOx ( l’oxyde d’azote), ni particules fines ; sans compter la réduction de pollution sonore en centre-ville et dans les campagnes. L’organisation européenne Transport & Environnment (regroupant une cinquantaine d’ONG du secteur de la mobilité écologique) estime à ce titre que “la performance environnementale des véhicules électriques est d’ores et déjà meilleure que celle des véhicules à carburant conventionnel“. Une pierre dans le jardin de l’électricité, dira-t-on.

En France, l’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) rajoutait fin 2017 que même en incluant la pollution due à la production des véhicules, l’électrique était déjà de loin moins polluant que le thermique, “deux à trois fois moins“. Cet écart, avec les avancées technologiques d’ici à 2050, pourrait encore se creuser pour atteindre 73% de réduction, selon les organisations européennes.

Vers une troisième voie ? Toutes ces inquiétudes sur le combat électrique vs thermique cachent en réalité une angoisse collective à changer de paradigme. Si les voitures électriques n’ont pas un bilan carbone neutre, elles devraient s’imposer d’ici à 2022 comme une référence pour le grand public, ne serait-ce que par le coût du kilowattheure qui devrait encore diminuer.

En attendant, d’autres solutions existent pour diminuer son impact écologique sans avoir à manier la prise de courant. Le boom des voitures à hydrogène – déjà une réalité dans certains pays – ou du bioGNV (pour Gaz Naturel pour Véhicule, +60% en Espagne en 2019) sont autant d’alternatives à l’essence. Mais là encore, il faudra attendre un soutien actif de la part des gouvernements dans le développement des infrastructures et les politiques fiscales liées à ces nouveaux carburants. Arrivés à ce stade crucial, peut-être enfin les responsables politiques pourront-ils contredire Greta Thunberg qui, encore récemment au forum de Davos, estimait que “rien n’avait été fait” pour le climat.

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