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    On peut discuter avec des morts grâce à une intelligence artificielle

    Plusieurs applications permettent de dialoguer sur Messenger avec des IA qui imitent nos proches défunts. C’est flippant, mais toujours mieux qu’une séance de spiritisme.

    En ligne, on ne meurt jamais. Avec ses montagnes de données recueillies et stockées, le numérique offre une perspective alléchante : la tentation de perdurer éternellement en ligne après sa mort. Quand il ne s’agit pas de sauvegarder son cerveau dans le cloud, la Silicon Valley s’active à maintenir l’être aimé dans une vie virtuelle. Dernier en date à céder à ce penchant, le journaliste américain James Vlahos qui a conçu son « Dadbot », un programme imitant son propre père, mort d’un cancer en février 2017, pour converser avec lui.

    Ayant enregistré et retranscrit de nombreuses conversations tenues avec Vlahos senior, il a pu « nourrir » une intelligence artificielle qui a appris à se comporter comme son défunt papa et même faire appel à plusieurs « souvenirs » communs. Côté interface, quoi de plus familier que d’utiliser la messagerie de Facebook ? Et voilà comment on se retrouve à chatter avec un mort.

    Encore une prédiction de Black Mirror réalisée, diront certain, pourtant Vlahos confiait n’avoir pas vu l’épisode en 2016 quand il s’est lancé ; c’est le jouet interactif Hello Barbie qui l’a amené sur cette voie. Il n’envisage pas de commercialisation pour le moment, gardant son « père » pour lui. Mais l’Américain n’est pas le seul à détourner les chatbots.

    Parler avec des fantômes. Ces messageries virtuelles conduites par des intelligences artificielles dont raffolent les banques, assurances et services de réservation, sont déjà le cœur de métier de la startup russe Luka. Lors du décès de son meilleur ami, la fondatrice avait créé un programme de machine learning nourri d’informations sur son vieux compère pour mieux pouvoir en interpréter le rôle du défunt.

    Après 30 millions de lignes tirées d’e-mails, posts, commentaires et photos, l’intelligence artificielle était capable de reproduire le caractère, le charme et même les sarcasmes du jeune Russe tragiquement décédé.

    Envie de surpasser la mort ? Plutôt que de développer votre propre intelligence artificielle, un service équivalent existe : Eterni.me anticipe tout le boulot en vous demandant de rentrer régulièrement un maximum d’infos pour concevoir votre « vous » virtuel. Un avatar qui vous survivra après votre mort de façon bien concrète : en postant des messages sur les réseaux sociaux, envoyant des SMS et e-mails dont profiteront vos proches. Eterni.me ne dit pas si cette immortalité pourra faciliter les transmission d’héritage compliqué, par contre on sait que cette survie fantomatique se fera sur abonnement. Ka-tching ! Si vous voulez tenter le coup, la startup américaine réalise des tests avec des volontaires sur une version bêta.

    N’empêche que de leur côté, les psys de tous les pays ont une tout autre définition du deuil : c’est un travail long, pénible et fragile. Les souvenirs qui nous hantent sont aussi accablants qu’agréables, ce qui rend difficile la volonté de tourner la page. En les maintenant, on leur confère une forme de réalisme touchante. Pourtant, la seule façon de gérer son deuil reste de traverser son chagrin, intégrer la perte, pour enfin accepter la réalité. Désolé Fox Mulder, mais The truth is out… here.

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