On a rencontré Julien Lelièvre, le premier photographe de l’art autoroutier
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On a rencontré Julien Lelièvre, le premier photographe de l’art autoroutier
Vincent Pons |  03/04/2020 14:38
On a rencontré Julien Lelièvre, le premier photographe de l’art autoroutier

Les œuvres sont nombreuses sur la route, mais nous n’avons jamais le temps de les admirer. Julien Lelièvre est parti à la chasse de ces monuments routiers afin de les capturer pour vous. Il nous explique cette drôle de passion.

Il y a ceux qui regardent les œuvres depuis la fenêtre, tels des vaches regardant le train passer, et ceux qui ont été marqués à vie. Routiers comme vous êtes, on suppose que vous n’êtes pas restés insensibles à cet art et que la plupart d’entre vous font partie de la seconde catégorie. Du monolithe anthracite aux ronds colorés de l’A4, retrouvez tous vos coups de cœur artistiques routiers dans le livre de Julien Lelièvre, Art d’Autoroute, paru chez Building Books. Découvrons ensemble les coulisses de cet ouvrage inattendu.

ART D'AUTOROUTE JULIEN LELIÈVRE

Lorsque l’on avale les kilomètres en voiture, on a tendance à voir ces œuvres puis les oublier ensuite. Pourtant, vous avez décidé de donner une voix à celles-ci. D’où vous est venue cette passion pour l’art autoroutier ? 

Comme tout le monde, je les ai croisées plusieurs fois, notamment quand je partais en vacances avec mes parents en voiture. Cela a suscité de la curiosité en moi. À partir d’un certain âge, je me suis demandé ce que ces espèces de grandes sculptures pouvaient faire sur la route. Notamment une qui est à côté de Lyon, de Marta Pan, que j’ai croisé plusieurs fois en me demandant ce que cela faisait là. Lors de mes études, je me suis intéressé à l’art dans l’espace public et j’avais ce projet de faire quelque chose autour de cette production. 

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Si vous vous êtes intéressé à l’espace public, quelle est selon vous la différence entre un art urbain et un art autoroutier ? 

Ce sont des échelles de construction, une appréhension du choix de l’emplacement et des matériaux qui sont différents de ceux des villes. Il a une autre fonction qui n’est parfois pas seulement décorative. Il est réfléchi dans une autre optique car il faut qu’il soit visible de loin, à n’importe quelle vitesse, qu’il soit l’évocation d’une région ou quelque chose qui a un lien avec le tourisme.

Quels sont les thèmes qui reviennent le plus souvent ? 

Il n’y a pas vraiment de thèmes récurrents mais il y a souvent des œuvres qui ont un lien avec la mythologie ou avec la région dans laquelle elle sont implantées. Il y a aussi des vraies cartes blanches qui ont été confiées comme avec Les Chevaliers Cathares qui sont une allégorie historique complètement fictionnelle. Je pense que chaque artiste a pu faire à peu près ce qu’il voulait en terme de conception. 

Les artistes sont-ils soumis à des contraintes particulières pour la réalisation ? 

On n’a pas forcément le contexte de réalisation de ces œuvres. En discutant avec un artiste en ayant réalisé deux, j’ai su qu’il avait eu une vraie carte blanche pour concevoir ce qu’il voulait à cette époque-là. 

L’autoroute la plus complète, celle où il y a le plus d’œuvres, c’est l’A6, l’autoroute du sud de la France.

Contrairement à un art classique qui n’a pour fonction que d’être, celles-ci ont-elles des fonctions particulières ?

Elles ont une fonction de signal, souvent elles sont intitulées ou référencées comme cela pour réveiller ou signaler quelque chose au conducteur afin qu’il réagisse. On peut prendre pour exemple les formes géométriques sur l’A4 qui avec ses couleurs sur plus de 30 kilomètres interpellent le conducteur. 

Comment avez-vous procédé pour photographier ces monuments ? 

J’ai fait beaucoup de préparation, une carte, des itinéraires, des boucles et pour chaque œuvre un protocole de prise de vue avec des distances. Parfois, cela a nécessité de faire demi-tour, de prendre une sortie, de reprendre l’autoroute dans l’autre sens pour capturer l’œuvre de tel endroit car il faut s’arrêter afin d’avoir le meilleur point de vue. Il ne fallait pas être pris au dépourvu car l’autoroute ne laisse pas la place au hasard, il faut être efficace. Si on rate quelque chose, il est compliqué de revenir en arrière car la sortie est souvent loin. 

Après avoir parcouru toutes les autoroutes pour constituer votre livre, pouvez-vous nous dire quelle autoroute française est le plus beau musée ? 

La plus complète, c’est l’A6, l’autoroute du sud de la France. C’est là où il y en a le plus, c’est celle qui est la plus empruntée par tout le monde et celle des vacances.

Quelle est votre œuvre préférée ? 

C’est celle qui m’a fait déclencher le projet. Elle se trouve juste à côté de Lyon et s’appelle Le Signe Infini de Marta Pan. Par sa proximité géographique avec Lyon, beaucoup de gens la voit et elle est implantée en plein milieu d’un échangeur donc on la voit de loin peu importe le sens dans lequel on prend la route. Il y a un travail sur la lumière qui a été fait, c’est de l’inox poli qui reflète bien le soleil. Une belle œuvre d’autoroute est dans une forme énigmatique et s’impose comme un signal. 

Liens : doublecasquette.fr | buildingbooks.fr | julienlelievre.com

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