On a parlé avec le créateur d'Ambler, le site pour réserver son ambulance jour et nuit
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On a parlé avec le créateur d’Ambler, le site pour réserver son ambulance jour et nuit
Hilaire Picault |  19.12.2019
On a parlé avec le créateur d'Ambler, le site pour réserver son ambulance jour et nuit

Être hospitalisé et devoir passer 10 appels pour trouver un transport est une terrible source de stress. Heureusement, Ambler fait la jonction entre transporteurs et hôpitaux pour simplifier vos rendez-vous médicaux.

Chaque année, les transporteurs sanitaires (ambulances, VSL, taxis conventionnés…) font 60 millions de trajets en France. Ce marché pèse plus lourd que celui des VTC, mais personne n’en parle. Alors que la population vieillit et est de plus en plus touchée par des maladies longue durée ou chroniques, il était temps de faciliter les choses.

C’est le souhait formulé par Ambler, startup fondée en 2018 par des transfuges de BlaBlaCar, FlixBus et des taxis G7. Depuis, ils ont lancé une plateforme en ligne regroupant 450 chauffeurs ambulanciers indépendants et ont tissé des partenariats avec 150 établissements de soin. Son CEO, Mehdi Ben Abroug nous décrypte ce secteur en pleine révolution.

Comment définissez-vous la mission d’Ambler : mettre en relation ambulanciers et patients, ou régler la question du transport pour les structures médicales ?

Ambler pense le transport sanitaire dans une logique de « parcours de soins ». Prenons un exemple : vous prescrivez 20 séances de radiothérapie à un patient pour traiter un cancer. Aujourd’hui, cela revient à lui infliger 20 séances de téléphone pour qu’il trouve ses ambulances lui-même. Notre vision est que les séances de traitement intègrent des transports médicaux automatiquement programmés. C’est la bonne manière de restituer aux usagers le service public de santé qu’ils ont financé par l’impôt.

Comment cela fonctionne pour le patient ?

Rappelons le contexte : il existe environ 5000 sociétés d’ambulances et 40 000 taxis conventionnés qui répondent à la demande de 11 000 établissements de santé. Pour faire le lien, Ambler a développé une plateforme en ligne qui propose des prestations de transport sanitaire d’une qualité significativement plus grande que dans un système atomisé [les ambulanciers étant souvent des indépendants, ndlr]. Et à un moindre coût : commandes en ligne pour remplacer le téléphone, maîtrise des dépenses pour l’hôpital, donc le contribuable, et des retards drastiquement diminués pour le patient.

« Quand vous commandez une pizza, vous pouvez la suivre en direct sur votre smartphone. Mais pour se rendre en séance de radiothérapie, vous passez des heures au téléphone et croisez les doigts pour avoir un chauffeur disponible. »

Côté coût, le transport sanitaire était jusqu’en 2018 remboursé par la sécurité sociale. Comment cela se passe aujourd’hui ?

Les dépenses de transport sanitaire sont graduellement transférées de l’Assurance maladie vers les établissements de santé. Si la réforme ne concernait en 2018 que 10% du marché, cela change vite notamment à cause du développement de certaines maladies chroniques. Notre profession doit s’armer pour faire face à cette dérégulation. Il faut s’attendre à ce que le principe du prescripteur-payeur soit généralisé. C’est pourquoi Ambler prélève une commission sur les courses, concertée avec ses partenaires.

Vieillissement, maladies chroniques… On a de plus ne plus besoin de transports sanitaires alors que le milieu manque de chauffeurs. Ce secteur est-il en crise ?

Au contraire, le secteur est en forte croissance mais il est sous-optimisé. Les commandes se font encore, pour la plupart, par téléphone par le personnel hospitalier. À l’autre bout du fil, les transporteurs calculent si la course va couvrir leurs charges. Le taux moyen d’utilisation de leurs véhicules est de seulement 45% ! La solution est de numériser les commandes, faire jouer l’algorithme pour remplir les agendas intelligemment. Notre mission est claire : déverser un maximum de technologies sur cette filière, la faire basculer dans une nouvelle ère.

Craignez-vous l’uberisation du secteur et l’arrivée d’Uber Health en France ?

Non, Uber Health a déjà tenté de pénétrer la santé française mais s’est heurté aux contraintes réglementaires. Il y a un numerus clausus sur le nombre de véhicules et il faut une autorisation de l’Agence régionale de santé. Les conducteurs Uber devraient passer une formation d’ambulancier, les équipages devraient être doublés, la plateforme mise en conformité avec la loi sur le traitement des données de santé… Non, la tendance aujourd’hui est la qualité du service médical…. Donc en avant pour l’Amblerisation du secteur !

Pour réserver un transport avant toute hospitalisation : www.ambler.fr

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