Les réseaux sociaux
  • Oops! Aucun résultat

    Bryan Johnson

    Ce millionnaire est prêt à claquer sa fortune pour booster nos cerveaux

    Bryan Johnson a longtemps été missionnaire et dépressif. Aujourd’hui, il est entrepreneur et veut booster notre fonctionnement cognitif avec des puces électroniques.

    La vie n’est définitivement pas un long fleuve tranquille. Né dans une communauté mormone de l’Utah, Bryan Johnson a été biberonné à l’idée que, pour sauver son âme, il avait intérêt à aller à l’église tous les dimanches, entrer dans les ordres à 12 ans, et surtout ne jamais consommer de pornographie. Ces préceptes, Bryan les suivra longtemps, tant et si bien qu’après le lycée, il part en Équateur pour dispenser la bonne parole. Et puis, à 21 ans, lassé, il change de disque. Le jeune homme décide de devenir millionnaire dans les dix années qui suivent et de sauver le monde. Pas moins. 

    Nouvelle vie. Le garçon devient vendeur en téléphonie et étudie à l’université de Chicago en parallèle. Là-bas, en 2007, il fonde Braintree, un système de paiement en ligne. L’affaire fonctionne. Tellement, qu’Ebay lui rachète à hauteur de 800 millions de dollars en 2013. Sa fortune est faite. Seulement, Johnson est hanté. Il vient de passer des années à se battre avec des démons. Une vilaine dépression tout d’abord — comme son père — qui lui a collé à la peau pendant presque toutes les années à développer sa boite. Il a commencé à la vaincre seulement en 2012, notamment en montant jusqu’aux cimes du Kilimandjaro… qu’il a redescendu sur une civière. Il y a aussi l’image qui se fracture de ce beau-père adoré souffrant d’Alzheimer. Ces différents épisodes confortent Bryan Johnson dans son idée que notre cerveau et notre système nerveux sont les maillons faibles de notre organisme.

    Il invente des neuroprothèses qui prendront le relai du cerveau en cas de défaillances pour ceux qui souffrent d’Alzheimer ou de dépressions.

    Un ordi dans le cerveau. Alors, en 2016, le magnat investit 100 millions de dollars de sa fortune pour créer Kernel, une startup qui veut « repousser les limites de l’intelligence humaine ». Pour mener à bien cet objectif, Johnson a recruté une équipe d’une trentaine de scientifiques. Ensemble, ils travaillent à la conception de neuroprothèses – autrement dit des puces électroniques – qui prendront le relai du cerveau en cas de défaillances de celui-ci. Comme dans le cas d’Alzheimer ou d’une dépression, par exemple.

    Au demeurant, le projet de Kernel n’est pas de la science-fiction. Il s’appuie sur les travaux de pionniers, à l’instar de Ted Berger. Ce chercheur de l’université de South California avait réussi en 2011, après plusieurs décennies de théorisation, à booster la mémoire de rats en reproduisant les signaux de leur hippocampe grâce à une puce directement implantée dans leur cerveau. Kernel entend procéder de la même façon chez les humains, pour proposer une amélioration dans tous les domaines possibles et imaginables. Mieux retenir des informations, mieux réfléchir, mieux aimer, mieux penser… Et bien entendu, assurer le relai en cas de défaillances dues à l’âge ou à des maladies.

    Man machine. Mais le cerveau d’un humain n’est pas celui d’un rat, alors Johnson ne s’enflamme pas trop, il espère que d’ici une quinzaine d’années, ses équipes auront suffisamment avancé pour créer des outils susceptibles de faire l’interface entre la machine et le cerveau humain. Comme toujours avec ce genre d’entreprise, les questions éthiques ne manquent pas. Il est tentant d’imaginer qu’on puisse enfin se passer de médicaments et de traitements parfois lourds pour mener une vie normale. Mais si c’est au prix de devenir un cyborg, seriez-vous toujours partant ? Bryan Johnson, lui, ne se pose plus la question.

    Vous aimerez aussi

    Portraits

    Utilisation des cookies

    Découvrez comment fonctionnent les cookies et comment changer vos paramètres. Si vous continuez à utiliser notre site sans changer vos paramètres, vous consentez à l’utilisation de cookies sur notre site.

    Votre vote a bien été pris en compte. Revenez demain pour voter à nouveau. Pour savoir si votre candidat préféré fait partie des 5 projets sélectionnés pour le Grand Oral, abonnez-vous à la page Facebook de Détours.

    Votre vote a déjà été pris en compte pour ce projet. Revenez demain pour voter à nouveau.