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    Philippe Echaroux

    Le street-artiste à la rescousse de la forêt amazonienne

    Pendant sept jours, le photographe et street-artiste a immortalisé les membres d’une tribu amazonienne, avant de projeter, la nuit tombée, leurs visages sur les arbres de la forêt. Une oeuvre unique pour montrer l’âme de la forêt et pour nous alerter sur les ravages de la déforestation et de l’exploitation par les orpailleurs.

    Philippe Echaroux ramène de ce séjour, des photos incroyables, des rencontres et un message fort sur la forêt et l’écologie.

    Détours a rencontré ce street-artiste 2.0 engagé.

    Détours : Projeter des photographies sur les arbres en Amazonie, c’est une première mondiale. Comment avez-vous préparé ce travail ? 
    Philippe Echaroux : J’ai peaufiné mon projet pendant deux ans. Il fallait réfléchir à sa faisabilité, trouver où aller exactement en Amazonie, et surtout se demander : pourquoi je veux y aller ? Je ne voulais pas simplement faire de belles photos, mais porter un message.

    Détours : Quel message justement souhaitez-vous défendre à travers ce projet ? 

    Philippe Echaroux : Pour décrire mon projet, je disais souvent : « Abattre un arbre, c’est comme abattre un homme. » Et lorsque je suis arrivé, j’ai constaté que ce n’était pas une formule.  Les Suruis parlent aux arbres, aux plantes, à la pluie. Ce sont des êtres vivants, donc il n’y a aucune raison de ne pas communiquer avec eux. Cela paraît complètement aberrant pour nous, mais à l’inverse, notre culture l’est pour eux. C’est aussi absurde dans un sens que dans l’autre.

    Détours : Avez-vous des exemples de cette communion, de ce rapport intime aux plantes, à la nature ? 

    Philippe Echaroux : Quand il pleuvait de façon intense en pleine forêt amazonienne alors qu’on devait faire une projection, nous voulions annuler. Mais les indiens rétorquaient : « Non, il faut juste demander à la pluie de cesser. » Ils parlaient à la pluie. Plusieurs fois, elle s’est arrêtée le temps de la projection. Avant de reprendre, drue.

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    « Le projet, c’est eux : c’est leurs visages et c’est chez eux. »

    Détours : Pourquoi avoir choisi les membres de cette tribu comme modèles ? 

    Philippe Echaroux : Je cherchais à réaliser un projet pour défendre la forêt amazonienne, avec des gens qui y vivent. Je ne voulais être qu’un lien. Le projet, c’est eux : c’est leurs visages et c’est chez eux.

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    Mais au départ, je ne savais rien sur eux. C’est l’association suisse Aquaverde, qui soutient les peuples indigènes indiens dans leurs actions de protection de leur forêt, qui m’en a parlé. Puis, je me suis documenté sur les Suruis. On a découvert leur existence il y a moins de 50 ans. Ce qui veut dire qu’il y a 51 ans, ils n’avaient aucun contact avec le monde occidental.

    « J’ai troqué mes arcs et mes flèches contre un ordinateur pour protéger mon territoire. » Almir, chef de la tribu surui.

    En quelques années, Almir Surui, leur chef, a appris le portugais, Internet, et a développé un partenariat avec Google Earth ! Il m’a dit : « J’ai troqué mes arcs et mes flèches contre un ordinateur pour protéger mon territoire. » C’est un génie. Il a compris que pour survivre, il devait se servir des mêmes outils que les orpailleurs.

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    Ces clichés ont donné naissance à une exposition, « The Crying Forest »,   à la Galerie Taglialatella, 117 rue de Turenne (Paris, 3ème arrondissement) jusqu’au 14 janvier.

    Propos recueillis par Juliette Hochberg

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