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    Manger bio est-ce vraiment meilleur pour la santé ?

    Alors que l’agriculture biologique explose en France (deuxième marché en Europe) on ne peut s’empêcher de poser la question : à long terme, est-ce si bon que ça pour la santé ?

    Un business à 7 milliards d’euros. Un constat pour commencer : le bio est en pleine croissance en France. En une dizaine d’années, il a connu un engouement extraordinaire. Cela se traduit par la multiplication de bioshops partout en bas de chez nous et par une profusion de produits dans les linéaires des grandes surfaces. C’est bien simple, d’après les derniers chiffres de l’Agence Bio, les consommateurs français ont dépensé 7 milliards d’euros en 2016 en aliments arborant la petite étiquette verte « produit biologique », autrement dit sans produits phytosanitaires ni OGM. C’est une augmentation de 20% en un an et de presque 300% en dix ans. Le bio représente maintenant pas loin de 6% de la surface agricole en France. Et dernier chiffre qui va mettre tout le monde d’accord : en 2016, neuf Français sur dix ont mangé du bio.

    Selon les études, il est encore trop tôt pour dire catégoriquement que manger bio est meilleur pour la santé.

    Un grand point d’interrogation. Ces faits étant posés, se profile la question qu’on attend tous : est-ce que c’est vraiment bon pour la santé. Voilà une interrogation loin d’être illégitime. Produire bio est plus contraignant, plus onéreux, et donc au bout du compte, logiquement, plus cher aussi pour le consommateur. Or si l’on paie plus, c’est avec le désir avoué d’en tirer un bénéfice en matière de santé. Sur ce point, des études sont en cours depuis des années, mais en l’état, il est encore trop tôt pour dire catégoriquement que manger bio est meilleur pour la santé. Qu’on s’entende, cela ne veut pas dire non plus que ce n’est pas meilleur, ça veut dire que pour le moment… on ne sait pas. Sans tirer des conclusions globales, il existe toutefois quelques indices qui sont de plutôt bon augure.

    18 fois moins de chances de manger du pesticide… Tout d’abord, les aliments cultivés selon les principes de l’agriculture biologique contiennent souvent plus d’antioxydants, comme l’ont démontré des tests conduits sur des poivrons par exemple. Deuxième point non négligeable, selon des rapport de l’Organisation Mondiale de la Santé, ces aliments comportent des teneurs en pesticides et en nitrates plus faibles que les produits non bio. Des études conduites par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) ont conclu il y a quelques années que seuls 2% des échantillons bios analysés par la France contenaient des traces de pesticides, contre 37,74% des fruits et légumes issus de l’agriculture intensive. Autrement dit, les consommateurs auraient 18 fois plus de chances de trouver un résidu de pesticide dans un aliment issu de l’agriculture intensive que dans un aliment issu de l’agriculture biologique.

    Seuls 2% des échantillons bios analysés par la France contenaient des traces de pesticides, contre 37,74% des fruits et légumes issus de l’agriculture intensive.

    … et un meilleur goût. L’autre argument fort du bio, c’est aussi que les aliments sont tout simplement meilleurs… au goût ! Eh oui, manger, c’est quand même se faire plaisir. Les aliments bios sont cueillis plus tard que leurs homologues non bios, et souvent au plus près du consommateur. Plus frais, plus matures, ils ont donc une saveur incomparable. Toutefois, attention, c’est aussi explicable en vertu du principe de circuit court. C’est un peu comme cultiver ses tomates dans son petit potager, à la fin, c’est toujours meilleur que la tomate espagnole vendue en grande distribution. Bio ou pas.

    Marketing du bon. Toutefois, on finira par une petite note en demi-teinte. Une enquête de France 3 faisait état, il y a quelques jours, de la présence de pesticides dans certaines carottes affichant le label biologique. Après avoir testé huit marques de carottes (un légume connu pour retenir les pesticides), quatre bio et quatre non bio, les journalistes se sont rendu compte que les carottes vendues par l’enseigne Bio c’Bon contenaient plus de résidus de produits phytosanitaires (totalement interdits dans la culture biologique) que certaines marques non bio.

    Double hic, les carottes bios (pas vraiment bios donc) étaient vendues 2,10 euros au kilo contre seulement 89 centimes pour les pas bios (mais pas vraiment polluées). Sommée de s’expliquer, l’enseigne s’est justifiée en arguant du fait que « l’évolution de l’écosystème peut expliquer la présence d’une quantité infime de ces produits, mais ne saurait remettre en cause la rigueur et le process biologique de nos producteurs ». Loin de nous l’idée de remettre en cause l’explication officielle, probablement vraie, mais ces révélations posent la question du sens du label « agriculture biologique » pour une parcelle, quand tout l’environnement autour est pollué… Bref, le bio, c’est bon (au moins au goût), mais c’est aussi comme tout le reste : c’est casse-tête.

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