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    Magic Makers, l’école de code pour enfants

    Des ateliers inspirés par le MIT qui cartonnent dans toute la France

    Loin de l’image obscure de la programmation informatique, les ateliers Magic Makers proposent des ateliers ludiques aux enfants pour apprendre à programmer.

    “Si tu veux que ton lutin apparaisse, il faut le faire disparaître.” Victor, la moue dubitative, se demande toujours comment il va faire, scotché devant son ordinateur. Autour de lui, une petite dizaine d’autres enfants, âgés de 8 à 13 ans, sont en train de créer leur propre jeu-vidéo. Juste en dessous du tableau où sont inscrits des URL au feutre bleu, l’ordinateur de Clément rame. Il ne peut plus avancer et vire rouge de colère, la tête dans les bras. Son cousin Antoine, assis juste à côté, se débrouille comme un chef : il a déjà imaginé un labyrinthe. “J’aime bien venir ici, ce n’est pas comme l’école, sourit Charlie, un petit roux fan de Donkey Kong. On s’amuse, on crée des jeux.”

    Bienvenue chez Magic Makers, des ateliers de codage informatique pour les plus petits. La start-up est la pionnière du genre en France. Lancés en 2014, les ateliers ont déjà vu passer plus de 2500 enfants de 6 à 15 ans. Présent dans deux lieux à Paris, Magic Makers vient d’inaugurer une nouvelle antenne à Vincennes et une autre à Bordeaux. Et d’autres ouvertures sont déjà dans les tuyaux après une levée de fonds de 600.00une levée de fonds de 600.000 euros au début de l’année. La programmation à destination des enfants s’impose comme un sujet d’avenir. A la rentrée 2016, elle fera même son entrée dans les programmes officiels et dans l’épreuve du brevet. les programmes officiels et dans l’épreuve du brevet.

    Des ateliers lancés en 2014

    On sent encore l’odeur des meubles fraîchement montés. A 10 minutes du château de Vincennes, à l’est de Paris, le nouvel espace de Magic Makers vient tout juste d’ouvrir. “L’enseigne n’est même pas encore montée”, sourit Claude Terosier, la fondatrice de Magic Makers, assise sur un canapé dans ces anciens locaux d’un promoteur immobilier. Il n’y a que deux ou trois enfants cet après-midi. “Ce sont quasiment des cours individuels, commente Sandra, la gérante de ce nouveau lieu. Ils vont apprendre deux fois plus vite.” A 28 ans, elle vient de rejoindre la start-up et accueille un père et son fils qui s’étaient perdus sur le chemin. Claude Terosier, top orange sur le dos, observe la scène d’un œil attendri : “Je les trouve toujours mignons quand ils arrivent ici.”

    En 2012, c’est elle qui pense à ces ateliers de programmation pour enfants. Elle est alors ingénieure télécom pour SFR. A l’occasion des 15 ans de sa promo ParisTech, des anciens élèves réalisent un film avec des acteurs économiques. « Dans la vidéo, l’un d’entre eux disait ‘apprenez à vos enfants à programmer’ ». Convaincue, elle se met en quête d’un atelier de code pour son fils de 8 ans. Mais la recherche est plus compliquée que prévu. “Cela n’existait pas encore à Paris”. Elle décide de se lancer. A la faveur d’un plan de départs volontaires, Claude Terosier quitte son entreprise et fonde Magic Makers en 2014.

    A cette époque, la simple évocation de son projet suscite des mines perplexes chez ses interlocuteurs. “Les gens me regardaient comme si j’étais une tarée”, s’amuse-t-elle. Pourtant, dès le premier été, les ateliers du 31 rue de Douai dans le 9e arrondissement de Paris font un carton. 20.000 euros tombent dans les caisses. “Je ne l’avais même pas budgété”, rigole Claude Terosier. Juste après l’été, 160 enfants sont déjà inscrits aux ateliers hebdomadaires.

    Une pédagogie adaptée

    Ces deux dernières années, pour répondre à la demande, les ateliers Magic Makers se sont répandus. Bordeaux, Neuilly ou Boulogne. Des parents appellent de toute la France pour réclamer des ouvertures. Car le code n’est plus réservé aux geeks mais devient, peu à peu, une activité éducative, une forme d’ambition, comme les cours de chinois ou de danse classique…

    Charlie, Antoine ou Lucas continuent de s’activer sur leur création. De la petite salle au sol orange, on distingue trois autres pièces à travers des murs vitrés. Un peu plus et l’on se croirait dans un hacker space. Une imprimante 3D fabrique une forme noire difficile à cerner . “Je crois que c’est un dragon, tente Maryline, une des responsables. Ça doit être pour nos ateliers de l’après-midi”. A côté, des ados tapent des lignes de codes pour imaginer un site internet.

    Ici, pas de “profs”, mais des “animateurs”, pas “d’élèves” mais des “makers”. “On est aux antipodes de l’enseignement classique, éclaire Maryline. Il n’y a pas un prof qui donne son savoir aux enfants. On est sur de l’expérimentation.” Pour créer leurs jeux-vidéo, les enfants utilisent Scratch, un langage de programmation pensé pour les enfants créé au sein du très renommé MIT (Massachusetts Institute of Technology). En 5 demi-journées, ils peuvent imaginer l’histoire de leur rêve. “Grâce à ces ateliers, ils acquièrent une certaine logique, explique Claude Terosier. Ils donnent des instructions à l’ordinateur, se fixent un objectif. Ils construisent une pensée rigoureuse. Comment passer d’un point A à un point B ?” Scratch étant accessible en open source, les enfants peuvent même customiser des projets déjà faits sur la plateforme. C’est le cas de Charlie : “Chez moi, je vais voir tous les projets. Je reprends ceux qui ressemblent au jeu Donkey Kong.”

    Des parents familiers du milieu

    Dans l’entrée, une mère de famille vient chercher son fils Paul. La petite famille revient de Boston aux Etats-Unis où ils ont vécu plusieurs années. “Là-bas, ils ont des cours de programmation partout. Mon fils en a suivi au MIT pendant l’été. Quand on était aux Etats-Unis, il n’avait pas l’impression d’apprendre une langue étrangère. Avec le code, ce sera la même chose”, assure cette avocate d’affaires. Patrick, prof d’informatique en prépa est, lui, venu avec une petite troupe d’enfants. “J’ai des élèves de 18 ans qui ne savent pas du tout coder. Or c’est important pour les enfants de comprendre comment ça fonctionne.” Si les parents croisés ont l’air séduits, c’est que les ateliers touchent des convaincus. “Des CSP + ou des personnes qui travaillent dans le domaine”, détaille Maryline.

    Les prix varient autour de 300 euros pour les stages d’une semaine. Il faut compter entre 50 et 70 par mois pour les ateliers hebdomadaires sur toute l’année. Reste donc à convaincre au-delà de ces parents qui ont les moyens. Magic Makers travaille déjà sur “class code”, une formation gratuite au code en ligne. De quoi briser les frontières sociales qui entourent ce milieu. Dans la petite salle du 15e arrondissement, l’atelier de Victor et Antoine touche à sa fin. Noémie, l’animatrice fait un dernier tour de table. “Alors c’était comment cette matinée ?” “Bien”, répondent en cœur les enfants. Sauf Clément, toujours frustré par les bugs de son ordinateur: “C’était pire que la fin du monde.” Tout le monde n’aime pas les langues étrangères.

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