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    L’Italie a trop d’églises, alors elle en fait des bureaux, des restos, des garages…

    Crise économique oblige, le Vatican vend ses églises à des particuliers qui les réhabilitent à leur sauce. Des changements parfois audacieux, mais qui permettent de préserver le patrimoine historique.

    Un flash. En 2008, le photojournaliste Andrea Di Martino pousse par hasard les portes de l’église Madonna della Neve à Côme, en Lombardie. Carcasses de cylindrées, gros bras et huile de coude : Andrea est surpris de découvrir que l’église, vendue par le Vatican dans les années 1950, a depuis été réhabilitée en atelier de réparation de voitures.

    « Quand j’ai quitté cette église, j’ai réalisé que je voulais savoir ce qu’il était arrivé aux autres », explique le photographe. C’est sur cette déclaration que démarre sa série de clichés, intitulée La Messe est terminée, pour laquelle le jeune homme va parcourir des milliers de kilomètres du nord au sud du pays avec cette idée fixe : traquer les églises transformées.

    Prêtre vs pizzaïolo. Pendant cinq ans, Andrea Di Martino écume les sites d’annonces immobilières et fait marcher le bouche à oreille pour mettre la main sur de nouvelles trouvailles. En 2013, ce sont plus de 70 églises désacralisées qui sont passées devant son objectif. Aucun chiffre officiel n’existe puisque ni le Vatican ni l’État italien n’a pensé à les recenser, mais il semblerait que plusieurs milliers d’établissements religieux aient changé de propriétaires ces 50 dernières années.

    Parmi elles : l’église San Giuseppe della Paca à Milan, renommée Gattopardo (« le Guépard » en italien). Ici, le Spritz a remplacé le vin de messe : l’église est aujourd’hui une des boîtes de nuit les plus hype de la ville. Autres transformations ingénieuses : dans le nord du pays, à Vicenza, l’église Santi Faustino e Giovita a été transformée en cinéma ; à Lucca, l’église Redentore e di Tutti i Santi Viareggio a été réhabilitée en pizzeria. Il fallait oser…

    Deni(er) du culte. Propriétés du Vatican, ces églises sont vendues lorsque l’état du bâtiment le rend dangereux ou que la fréquence diminue drastiquement. En clair, la vente des lieux de publics a éclaté de l’autre côté des Alpes pour deux raisons principales : la crise économique et le déclin du catholicisme dans le pays.

    Selon le quotidien L’Unita, en 2016, seuls 50% des Italiens se disaient catholiques et le pays aurait perdu plus de 7 millions de fidèles en 8 ans.

    Là encore, il n’existe aucun chiffre officiel ; mais le fait que le Vatican ait loué à deux pas de Saint-Pierre de Rome l’un de ses bâtiments à une chaîne de fast-food mondialement connue témoigne à quel point il lui est difficile de préserver son patrimoine.

    Si en France, les églises construites avant 1905 appartiennent à l’État, il est impensable qu’il les vendent, même si elles tombent en ruines. Cependant, faute de financements pour les restaurer, la pratique devient courante dans de nombreux pays d’Europe : en 2008, par exemple, la chaîne néerlandaise Selexyz a transformé une église de Maastricht en l’une des librairies les plus célèbres du pays. Alors, amen ?

    Pour refaire le voyage, l’album de photos de Di Martino est sur wandreadimartino.com.

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