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    L’Europe veut réduire la pollution des voitures de 35% d’ici 2030

    48 heures après la fin de la COP24, le Parlement européen fait tomber de leurs chaises l’ensemble des constructeurs en annonçant une mesure drastique : il faudra réduire d’un tiers les émissions de CO2 d’ici 2030.

    66 milliards d’euros. On savait déjà que la pollution automobile avait une odeur, mais on ignorait son coût. Maintenant, on sait : 66,7 milliards d’euros. C’est le chiffre effarant imputé aux émissions de dioxyde de carbone en Europe, et on doit cette analyse au cabinet indépendant European Public Health Alliance.

    Principal incriminé : le diesel. Le même dont la France parle tant depuis quelques semaines, en dépit du fait qu’il ait été promu par les gouvernements successifs jusqu’à 2015. À lui seul, le diesel serait donc responsable de 83% de l’addition calculée par le cabinet. Et la note, comme on s’en doute, a du mal à passer.

    Mobilisation générale. Cette décision adoptée par le Conseil de l’Union européenne a de quoi diviser. D’une part, elle est une réponse adaptée à ceux qui taxent (sic) les gouvernements d’inaction face aux dérèglements climatiques. De l’autre côté, cette mesure forte ressemble comme deux gouttes de pétrole à une sanction tant la barre est haut placée. Concrètement, le Parlement européen souhaite réduire de 37,5% les émissions de CO2 d’ici 2030 pour les voitures neuves, et de 31% pour les camionnettes. Rien, en revanche, pour les poids lourds et les bateaux. Et tout cela en moins de douze ans.

    « L’industrie déplore que cet objectif pour 2030 réponde purement à des motivations politiques, sans prendre en compte les réalités technologiques et socio-économiques.« 

    Ça tousse côté constructeurs. Sans surprise, l’Association européenne des constructeurs automobiles n’a pas tardé à se faire entendre, exprimant une inquiétude générale liée à la rapidité de mise à jour des véhicules dits polluants. « L’industrie déplore que cet objectif pour 2030 réponde purement à des motivations politiques, sans prendre en compte les réalités technologiques et socio-économiques », a-t-elle déclaré par voie de presse. Autrement dit : cette mesure pourrait mettre pas mal de salariés sur le carreau, et avoir des répercussions à l’échelle de l’Europe telle que la France en a récemment connu avec les gilets jaunes.

    Qui gagnera le combat final : la nature, ou la société ? La formulation de cette simple question est, en soit, un problème. Après de nombreuses décennies à se voiler la face, les politiques accélèrent désormais le mouvement, pressés par le temps, sans pédagogie ni solutions positives évitant la punition des citoyens ou des entreprises. Le vrai défi est peut-être là, d’autant plus que pour arriver à ce fameux – 37,5% en 2030, il faudra atteindre l’horizon intermédiaire, soit 15% d’émissions en moins d’ici 2025. Réponse dans quelque mois sur la finalité de cette décision, qui doit encore être approuvée par les eurodéputés et surtout les États membres, évidemment pas tous d’accord sur la question.

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