Les radars sont-ils encore vraiment rentables pour l’État ?
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Les radars sont-ils encore vraiment rentables pour l’État ?
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LA REDACTION |  13/09/2021 18:58
Les radars sont-ils encore vraiment rentables pour l’État ?

Gilets jaunes, pandémie… il y a de plus en plus de radars en France et pourtant, ils se montrent de moins en moins rentables : à peine 760 millions d'euros collectés en 2020.

Automatiques, embarqués, tourelles… En matière de radar, la France joue la variété autant que la multiplicité. Fin 2020, la France en comptait 4000 opérationnels (fixes et embarqués) or l’État prévoit d’en ajouter 600 nouveaux cette année et de continuer le déploiement des voitures-radars. Une politique efficace en terme de sécurité routière mais pour laquelle on connaît l’aversion des Français qui y voient une taxe déguisée pour remplir les caisses de l’État. Qu’en est-il ?

Suivez la recette. Selon le rapport annuel de la Cour des comptes, les recettes étaient d’1,38 milliard d’euros en 2020, en combinant les infractions au stationnement, à la circulation et les majorations. Dont 760 millions rien que pour les radars automatiques. Une somme rondelette qui fait envie en ces temps de crise, mais qui n’est peut-être pas si intéressante que cela.

D’une part parce que le gouvernement en attendait plus : le budget tablait sur 1,827 milliard ; un manque à gagner de quasi 500 000 € en partie attribuable aux confinements et couvre-feux. Mais pas seulement : on attendait 729 millions d’euros d’amendes en 2020 mais seulement 550 millions avaient été finalement encaissés. Applications, GPS ou habitude, les Français se laissent moins prendre qu’auparavant.

Combien ça coûte ? Le bénéfice de cette recette est vite trouvé : pour 38 %, l’argent des amendes sert à désendetter l’État. Le reste est, lui, proprement réutilisé dans la sécurité routière en étant (un peu) reversé aux établissements de soins des blessés de la route, aux collectivité locales aussi (communes, départements) qui accueillent le radar, mais surtout pour entretenir, réparer et développer les radars régulièrement vandalisés. Selon les chiffres de la Sécurité routière, en 2020, la gestion des dispositifs de contrôle aura coûté 330 millions à l’État. Une sacrée somme.

Un bilan mitigé. Déjà en 2019, avant que les Gilets jaunes ne brûlent/repeignent/tronçonnent les radars, la ministre en charge des Transports d’alors, Élisabeth Borne, avouait que l’argent des radars était « une ressource fluctuante ». À raison donc, les deux dernières années ont prouvé que le parc répressif coûtait cher et ne rapportait pas forcément assez. Un sentiment encore renforcé ces jours-ci par la hausse des fraudes au Centre Automatisé de Constatations des Infractions Routières.

Le dernier rapport annuel de la Cour des comptes émet même un doute sur l’utilité de ces dépenses puisque les résultats stagnent : « Depuis 2013, écrit-il, le nombre des décès a cessé de diminuer » et la position de la France en Europe en matière de sécurité routière est passée de la 7e à la 14e place en seulement 10 ans. Une autre politique est possible, comme le suggère la Ligue des conducteurs : utiliser ce budget pour entretenir et moderniser les infrastructures routières et développer la formation des usagers de la route. Ce serait alors la fin d’une stratégie lancée il y a 20 ans. Mais l’actuelle multiplication des voitures-radars (très coûteuses mais encore plus rentables) ne montre pas cette voie…

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