L'éditours de David Abiker : le vélo peut-il nous rendre moins grossiers ?
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L’éditours de David Abiker : le vélo peut-il nous rendre moins grossiers ?
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LA REDACTION |  24.04.2020
L'éditours de David Abiker : le vélo peut-il nous rendre moins grossiers ?

Toutes les semaines sur Détours, l'inénarrable David Abiker nous invite à faire une pause avec ses "éditours" dont il a le secret, et où il est question de mobilité, de mouvements et même, un peu, de poésie. Cette semaine, il tire les ficelles d'un monde où les autoroutes cyclables auraient pris le pouvoir.

J’ai lu que des grandes villes envisagent de transformer leurs petites pistes cyclables en autoroutes à vélo pour éviter le confinement dans les transports en commun.

Le site add-bike.com donnait dès le mois de décembre la définition du concept : ces autoroutes consistent en une piste séparée du trafic routier traditionnel, et réservée aux vélos et autres modes de transport à pédale. Mais là où elle diffère de la piste traditionnelle, c’est dans l’objectif qu’elle poursuit. Plus large, plus fluide, et bien éclairée, elle permet à ses utilisateurs de se rendre sans avoir à poser le pied à terre aux différents point névralgiques de la ville, le tout à une vitesse moyenne de 20km/h ! Soit plus vite que les vitesses moyennes des voitures aux heures de pointe et même des transports en commun dans certaines agglomérations. Merci add-bike.com pour la définition.

Alors imaginons que dans les grandes agglomérations, le trafic soit partiellement remplacé par des voies réservées aux vélos. Quelles seraient les conséquences sur les comportements ?

Il va d’abord se vendre et se louer plus de vélos. D’autres métiers vont-ils se développer ? Réparateurs de cycle là où votre chaîne aura sauté ? Vélogrooms pour garer et surveiller votre bicyclette devenue la proie des voleurs ? Verra-ton bondir le nombre de triporteurs comme il en existe en Asie ? Les horaires de départ au travail changeront-ils à moins que la fin des embouteillages ne nous fasse gagner du temps ? Au fait, comment va-t-on déposer les enfants à l’école si on en a 2 ou 3 ? Le vélo va-t-il influencer la mode, pourra-t-on imaginer une fashion bike week ?

Si tout le monde migre sur une bicyclette, ne risque-t-on pas de passer du crétin à moteur à la brute à pédales ?

Enfin, le vélo va-t-il remettre en question l’harmonie routière qui règne dans les grandes villes et notamment à Paris capitale de la courtoisie mobile ? (je blague, c’est l’enfer). Il est communément admis que sur l’échelle de la civilisation et de la courtoisie, le cycliste est un intouchable, qu’il est sympa, respectueux de son prochain, un vrai saint… Mais après tout, si tout le monde migre sur une bicyclette, ne risque-t-on pas de passer du crétin à moteur à la brute à pédales ?

Se fera-t-on des queues de poisson ? Se doublera-ton à droite ? Grillera-t-on la priorité à un autre vélo ? Comment dénoncer à la Police un cyclard (équivalent cycliste du chauffard) s’il n’a pas de plaque ? Comment se comporteront les machos vis-à-vis des femmes ? Les beaufs soupireront-ils « Aaaah les femmes à vélo, quelle plaie… » Roulera-ton bourré au guidon comme certains conduisent ivres au volant ? Prendra-t-on sournoisement la fuite après un accrochage de garde-boues ? Et les insultes, pourra-t-on inventer autre chose que le sempiternel « Avance connard ! ». Y-aura-t-il des loulous qui pour impressionner la galerie tourneront à basse vitesse en écoutant du RnB avec des enceintes ultra-wattées fixées sur le porte-bagage ? Et les excités du klaxon, auront-ils un sirène en guise de sonnette ? Saura-t-on faire des bras d’honneur tout en pédalant ? Les cyclistes amateurs de rodéos feront-ils des roues arrière comme d’autres blaireaux font crisser leurs pneus sur la chaussées ?

Le vélo peut-il réinventer le pire ? On dit que l’enfer est pavé de bonnes intentions. Les routes du vélo n’en sont pas dépourvues. Certains voudraient faire du cycliste la Blanche colombe de la paix sur l’asphalte, un Prince du Code de la Rue, l’Innocent du bitume. Cela voudrait dire que le moyen de locomotion a une influence sur la nature profonde, agressive, égoïste des conducteurs.

Pardon, mais je demande à voir.

David Abiker edito

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