
L’urgence climatique vient de trouver un écho dans les urnes. Reste à savoir ce que ça implique dans nos manières de nous déplacer.
Qui c’est les plus forts ? Les dernières élections municipales marquent un tournant historique pour Europe Écologie-Les Verts (EELV). En décrochant des mairies dans des métropoles comme Lyon, Bordeaux, Strasbourg, Poitiers ou Annecy, en reconfirmant à Grenoble et en alimentant certaines victoires comme à Paris ou Marseille, les Verts montrent les muscles et s’imposent comme une force politique incontournable. Les bulletins maintenant dépouillés, il est temps de consulter notre boule de cristal pour tenter d’y deviner ce que cette poussée verte peut signifier en termes de mobilités ici et là.
Merci pour cette belle #vagueverte !
Rien n’arrête une idée dont le temps est venu.
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Le futur est à Grenoble. Et la meilleure manière d’obtenir une perspective claire sur ce qui est envisageable dans ces nouveaux bastions verts est encore de regarder en direction de Grenoble, le laboratoire de l’écologie municipale depuis six ans. Pour transformer l’image d’une ville souvent réduite à une « cuvette polluée », le maire Éric Piolle (EELV) a pris des mesures remarquables comme la généralisation de la zone 30 et la construction d’une autoroute à vélo. Résultat : 15,2% des actifs grenoblois « vélotafent » quotidiennement. 320 km de pistes qui seront renforcées d’ici 2022 par « Chronovélo », quatre axes totalisant 44 km de liaisons cyclables entre les communes de la métropole.
Au final, la ville est si vélo-friendly qu’elle a été récompensée par la Fédération des usagers de bicyclette (première place des métropoles de 100 000 à 200 000 habitants). Sans parler du développement de l’auto-partage, des bus au gaz et au biogaz, des véhicules de livraison diesel interdits dans le centre d’ici 2025… Grenoble redouble d’efforts pour devenir propre.
#Lyon #EELV
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Tout sur mes maires. Si on imagine sans mal les nouvelles municipalités EELV se calquer sur les réussites grenobloises, les programmes indiquent quelques axes de travail. À Lyon, Grégory Doucet veut que sa ville devienne « 100% marchable et 100% cyclable ». Concrètement, le nouveau maire est un partisan de la limitation à 30 km/h et souhaite le développement d’un « cluster vélo », c’est-à-dire un réseau d’entreprises, d’acteurs publics et privés, et de chercheurs qui coopéreront pour avancer dans le domaine. À Bordeaux, Pierre Hurmic souhaite que « 50% de tous les aménagements soient voués aux piétons-cyclistes » et relancer l’activité des trains de nuit.
Enfin, à Strasbourg, Jeanne Barseghian promet de verdir davantage la capitale du vélo en soutenant par des aides, la location et l’achat de vélos et en multipliant les emplacements d’autopartage. À terme, l’édile souhaite étendre le réseau de tramway, promouvoir les solutions de transport des marchandises par voies fluviales et ferroviaires et créer une voie réservée aux transports en commun et au covoiturage sur l’A35. Rendez-vous en 2026, au moment des prochaines municipales, pour faire le point sur ces mandats écologiques.