La Suisse réfléchit à taxer ceux qui roulent aux heures de pointe
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La Suisse réfléchit à taxer ceux qui roulent aux heures de pointe
Robin Ecoeur |  14/02/2021 15:17
La Suisse réfléchit à taxer ceux qui roulent aux heures de pointe

Le Conseil fédéral suisse souhaite autoriser les cantons à mener des projets pilotes pour faire casquer ceux qui se déplacent aux heures de grande affluence. Le but : fluidifier le trafic. Un premier test, conduit dans le canton de Zoug, a donné des résultats « encourageants ».

C’est, hélas, une réalité : circuler aux heures de pointe est bien souvent synonyme de galères et de bouchons. Pour y remédier, la Suisse pense avoir la solution : faire passer à la caisse les usagers (les automobilistes mais aussi ceux qui prennent les transports en commun) qui se déplacent durant les pics d’affluence. L’idée serait, comme l’indique l’agence de presse de la Suisse ATS, d’autoriser les cantons à mener « des projets pilotes de tarification de la mobilité ». Un terme un peu barbare pour dire que la Suisse, en gros, réfléchit à taxer les personnes qui se rendent ou rentrent du travail. Une loi, limitée à dix ans, est entrée en consultation afin d’autoriser ces projets pilotes. Elle pourrait être effective dès 2024.

Baisse globale. Cette idée ne sort pas de nulle part. D’une part, les revenus issus de l’impôt sur les huiles minérales (impôt sur la consommation sur l’huile de pétrole, les autres huiles minérales, le gaz de pétrole et les produits résultant de leur transformation, ainsi que les carburants, Ndlr) sont en baisse. D’autre part, un premier essai, dans le Canton de Zoug situé dans le centre du pays, aurait fourni des résultats concluants. Des tarifs kilométriques ont été mis en place aux heures de pointe – de 7 heures à 9 heures et de 17 heures à 19 heures –, aussi bien pour les automobilistes que les usagers de transport en commun. Bilan : « le volume de trafic aux heures de pointe a pu être réduit de 9 à 12% pour le trafic individuel et de 5 à 9% pour les transports publics. Le nombre de tronçons surchargés a connu une baisse globale », écrit l’agence suisse.

Vite, mais pas trop. Plusieurs cantons (Genève, Valais, Jura) ont déjà exprimé leur envie de mener des projets. Deux types de pilotes pourront être entrepris : « ceux où la redevance est imposée et ceux auxquels les usagers participent volontairement », poursuit l’agence. Les différentes idées doivent être soumises au département fédéral de l’environnement, des transports, de l’énergie et de la communication (DETEC) qui doit les examiner pour vérifier leur faisabilité.

Mais pour que ces projets puissent montrer de vrais résultats, il faut aussi une ré-organisation structurelle du travail. C’est-à-dire permettre plus de flexibilité aux employés (télétravail, horaires décalés, etc.) afin d’éviter qu’ils se retrouvent tous sur la route au même moment. Pour certains cantons, notamment ceux qui accueillent les travailleurs transfrontaliers, réduire les bouchons aux frontières et aux heures de pointe sera un vrai défi. Le pays se donne 10 ans pour trouver des solutions.  Ça laisse le temps de méditer sur cette phrase du conseiller fédéral en charge de la santé Alain Berset : « Il faut agir aussi vite que possible, mais aussi lentement que nécessaire ». Il l’avait prononcée à propos de la Covid-19, mais l’avantage, c’est qu’elle fonctionne avec quasiment tous les sujets.

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