La reconnaissance faciale va-t-elle bientôt arriver dans les transports en commun ?
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La reconnaissance faciale va-t-elle bientôt arriver dans les transports en commun ?
Robin Ecoeur |  06/06/2021 20:52
La reconnaissance faciale va-t-elle bientôt arriver dans les transports en commun ?

D’ici six mois en Île-de-France, 80 000 caméras de vidéosurveillance seront reliées vers un centre de commandement. Si l'objectif de cette manœuvre n'est pas très clair, l'un des points centraux serait la protection des usagers. Mais pour mettre en place ces systèmes d’intelligence artificielle, il faut faire évoluer la loi.

Bas les masques. En mars 2020, le gouvernement autorise l’utilisation de caméras de surveillance à la station Châtelet-Les Halles pour vérifier si les usagers respectent le port du masque. Puisqu’il ne s’agit pas de reconnaissance faciale, mais de « comptage », comme le précisait Xavier Fischer, directeur de la société française Datakalab qui gère ce système de surveillance, le test avait pu débuter. Mais il a été suspendu le 12 juin 2020. La Commission nationale de l’informatique et des libertés, la (Cnil), avait alors alerté sur le cadre légal de cette opération (elle a depuis donné son feu vert). Malgré tout, ce test amène à se poser des questions, notamment celles-ci : combien de temps avant que ces caméras ne servent à verbaliser les usagers ? Et à quoi vont-elles servir une fois les expérimentations terminées ?

https://twitter.com/CNIL/status/1370300141090041858

Pas encore autorisé. À Paris comme à Marseille, des caméras de vidéosurveillance sont déployées. Elles servent à repérer les objets perdus ou à prendre en flagrant délit des actes malveillants (bagarre, harcèlement, pickpocket, etc.). La RATP a mené, depuis 2017, plusieurs expérimentations comme celle effectuée à Châtelet-Les Halles en mai dernier, comme l’explique cet article de Mediapart. En ce moment, des caméras installées sur le quais du métro Gare de Lyon (ligne 14) visent à fluidifier les flux de personnes, d’après RTL.

Mais la régie publique ne donne que très peu d’éléments sur ces tests et sur le fonctionnement de ces derniers. Il y a également très peu d’informations sur la finalité de ces expérimentations et les futurs déploiements. Un flou règne, mais les technologies de vidéosurveillance continuent d’être testées, sans biométrie, c’est-à-dire sans reconnaissance faciale. La raison ? C’est interdit. Pour l’instant en France, ce sont les « Règlement Général sur la Protection des Données » et les « Directive Police-Justice » qui font loi. Ces textes veillent à garantir l’utilité des déploiements de systèmes d’intelligence artificielle pour la reconnaissance faciale. Et dans le cadre des transports, ce n’est pas une nécessité.

Sans l’IA, pas de biométrie. En Île-de-France, Valérie Pécresse a récemment détaillé son programme pour les prochaines élections régionales de 2021. Elle a notamment abordé le sujet de la reconnaissance faciale dans les transports pour plus de sécurité. Il existe 80 000 « caméras de vidéo-protection » dans la région. Et « d’ici six mois, ces caméras seront reliées dans un centre de commandement unique de la police des transports. Mais ces caméras ne sont vraiment utiles qu’avec l’usage de l’intelligence artificielle afin de pouvoir faire des vidéo-patrouilles », explique la présidente sortante de la région Ile-de-France au micro de France Info. Le problème pour Pécresse, c’est que pour déployer des systèmes d’intelligence artificielle dans les transports, et faire en sorte que ces caméras soient vraiment utiles, « il y a besoin de faire évoluer la loi ».

Protéger des actes terroristes. C’est pourquoi elle demande un débat national pour discuter des aspects éthiques, que ce soit pour des systèmes d’intelligence artificielle sans reconnaissance faciale (comme à Châtelet), mais aussi avec, qui seraient uniquement déployés pour un cas bien précis : reconnaître et ficher les personnes qui sont condamnées et ou recherchées pour des actes terroristes. L’élue précise que les données ne seraient pas conservées, mais uniquement mises en relation avec ledit fichier. 

À en croire la présidente, les systèmes de reconnaissance faciale seraient alors mis en place pour mieux protéger les usagers. Mais comme souvent avec l’IA et la surveillance, le manque de clarté et d’informations sur l’utilisation des logiciels et des données accentue la peur ainsi que la crainte d’éventuelles dérives sur nos libertés individuelles. Quoi qu’il en soit, l’arrivée de la reconnaissance faciale dans les transports, ce n’est pas encore pour demain. Mais pas impossible qu’elle soit effective dans les années à venir. Enfin, si les Français le souhaitent.

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