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    La cité Ordos, histoire d’une utopie loupée

    La ville chinoise devait être le nouveau Dubaï

    La ville est sortie de terre en quelques mois. Ordos, en région de Mongolie intérieure, est une « ghost town », une ville fantôme.

    La fin du monde semble proche à Ordos… Raphael Olivier, photographe français passionné d’architecture et de développement urbain, y a posé ses valises une semaine en hiver 2015. Résultat de son périple : une série de photos surprenantes pour cet habitué des paysages asiatiques, qui vit depuis 10 ans en Chine.

    Lorsque Détours lui a passé un coup de fil, il était en vacances au Kazakhstan. “Ca capte mal, “Ca capte mal, je suis dans un vieil hotel soviétique avec des énormes murs en béton de 10 cm !” On a tout de même réussi à discuter un peu de son travail :

    Détours : Comment avez-vous entendu parler d’Ordos ?

    Raphael Olivier : En 2009, quand la ville est sortie de terre, il y a eu un vrai buzz médiatique. Tout le monde en parlait. A ce moment-là, j’étais au Vietnam et je n’ai pas eu réellement l’occasion d’y passer. Ce n’est qu’en 2015, après avoir déménagé en Chine, que j’ai décidé d’y aller. J’ai booké mes billets sur un coup de tête.

    Pourquoi aviez-vous tant envie d’y aller ?

    L’architecture de l’endroit m’a intéressée : massive, épurée, assez libre. Comme c’était nouveau et pratiquement inhabité, tout était très clean. Il n’y avait pas de distractions visuelles comme des publicités sur les bâtiments.

    Ordos n’est pas du tout habitée ?

    Il y a plusieurs milliers de personnes qui y vivent. Une poignée comparé à l’espace disponible ! 10% du lieu est occupé. Les rues sont désertes, les centres commerciaux vides, ce qui tranche avec la taille spectaculaire des constructions. En fait, il y a un vieux Ordos, à quelques kilomètres. L’idée était que les populations migrent vers la nouvelle ville, une fois cette dernière terminée. Mais les habitants n’ont pas trouvé d’intérêt à y déménager. L’Etat donne des bourses de relocalisation, mais rien n’y fait. Il n’y a pas grand chose d’ouvert sur place en plus.

    Qu’est-ce qui vous a le plus frappé lorsque vous êtes arrivé en ville ?

    L’architecture futuriste, combinée à la décrépitude déjà visible des bâtiments, donne un effet à la Mad Max assez impressionnant. J’avais l’impression d’être sur une planète désertique abandonnée. Les bâtiments ont été construits très vite, mais très mal. Rien n’est fait pour durer. Quand j’y étais, la ville avait 6 ans et était déjà dans un stade de délabrement assez avancé.

    Comment expliquez-vous ce phénomène ?

    La Chine construit pour poursuivre sa croissance et maintenir son PIB, raison pour laquelle elle a alloué d’énormes subventions à la région. A la base, il y avait cette idée de construire une ville magnifique, utopique, moderne, sorte de Dubaï de la Chine. Mais Ordos a été construit sans réel plan de futur. Il fallait juste que ça soit spectaculaire. Ça me fait l’effet d’enfants qui jouent aux Légo, mais avec des moyens complètement fous.

    Peut-on parler d’utopie loupée ?

    Oui, mais la Chine a une vision totalement utopiste d’elle-même. Elle s’imagine que l’argent ne va jamais s’arrêter de pleuvoir et que tout continuera à aller de mieux en mieux. La Chine se voit encore avec des étoiles dans les yeux. Les Occidentaux ont tendance à critiquer ses excès mais elle ne le voit pas du même oeil. Pour elle, Ordos n’est pas un échec. La ville est en transition, en transformation, mais pas un gouffre financier ou une ville abandonnée. Même si concrètement, c’est un échec total.

    On vous conseille de jeter un oeil aux autres projets du photographe Raphael Olivier : cliquez >>ici !

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