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    Faites comme Jacques Attali : prévoyez votre avenir

    Jacques Attali, figure de l’intelligentsia made in France, a inventé une méthode pour anticiper l’avenir en jaugeant les éléments du présent. Décryptage d’une approche où il est surtout question de mieux vivre avec soi sans pourrir les autres.

    Jacques Attali ? Difficile de passer à côté en France ! Économiste, écrivain, patron de presse… Ce fringant bonhomme qui atteindra les 75 ans l’an prochain est d’abord connu pour avoir été le conseiller spécial de François Mitterrand, alors président de la République, pendant toute la décennie 1980. Auteur de plus de 70 ouvrages (des romans, des biographies, des essais…), Jacques Attali a indubitablement un petit faible pour les livres dits « de développement personnel ». Entre Devenir soi, Sept façons d’être heureux ou Peut-on prévoir l’avenir ?, une fièvre pour le genre semble s’être emparée de notre ami. Tout cela a fini par attirer notre attention. Pour savoir si l’on pourrait effectivement prévoir l’avenir (et en tirer toutes les conséquences pour mieux s’en sortir dans la vie), on s’est penché sur cet ouvrage publié en 2015 chez Fayard.

    Le futur en huit leçons. À priori, le postulat de départ est plutôt malin. Depuis toujours, l’Homme est taraudé par les mêmes questions. Comment être heureux en amour (et faire revenir l’être aimé) ? Au travail ? Comment appréhender la mort ? Que va-t-il advenir de ceux que j’aime ? De mon pays ? De l’humanité ? Et entre le réchauffement climatique, l’avènement de l’intelligence artificielle, l’information qui va à une vitesse folle, ces interrogations deviennent de plus en plus intimidantes. C’est pourquoi Jacques Attali vous apprend à tirer les cartes du tarot et lire l’avenir en seulement… huit leçons ! On aimerait bien, mais en vrai, la méthode du vieux singe est surtout une affaire de sagesse. En substance, Attali nous dit :

    – Oui, le monde va très vite, mais plutôt que de se noyer dans un verre d’eau, arrêtons-nous un moment. Cessons de s’abandonner au règne de l’instant, au culte de l’individualisme.

    – Tout ce que l’humanité a réalisé de grand, elle l’a fait en pensant aux générations suivantes. Que ce soit l’art, les infrastructures, les systèmes d’éducation ou de santé.

    C’est là l’essence de la pensée attalienne : nous devons réfléchir nos actions sous le prisme de cette lecture bienveillante de l’Histoire. Et faire en sorte d’aller dans le même sens. En an-ti-ci-pant ! « La prévision de son propre avenir agit comme un brise-glace, elle ouvre la route », aime-t-il à résumer.

    Questionner les choix. Il faut donc s’auto-interroger en permanence. Est-ce que faire ceci ou cela est bon pour moi ? Pour ma famille ? Pour mon entreprise ? C’est finalement une idée simple mais prendre le temps de se poser, d’étaler les éléments et réfléchir en pensant de manière altruiste permet d’éviter bien des catastrophes. Attali, dans son ouvrage, recommande ainsi aux individus, aux entreprises et aux nations une méthode de prévision qui repose sur cinq études :

    1/ rétrospective (connaître ses invariants)

    2/ vitale (établir un diagnostic)

    3/ environnementale (jauger son milieu)

    4/ affective (étudier l’attitude de l’entourage)

    5/ projective (recenser les événements à venir)

    Pour lui, cette approche, qu’il appelle « le prévoir-soi », est l’étape préalable au « devenir soi », autrement dit, réfléchir à ce qui peut arriver, le comprendre, l’accepter ou sinon l’orienter, pour finalement mieux vivre avec soi-même. Pour lui, nous sommes tous à la fois des radars et des filtres. On peut détecter et au besoin ajuster le tir, que ce soit dans sa vie personnelle ou professionnelle. Jacques Attali utilise un exemple qui marche plutôt pas mal :

    « Si je me dis que l’ascenseur où je m’apprête à monter va tomber, je ne dois pas renoncer à le prendre, mais je dois me demander ce qui se passera pour les êtres qui me sont chers au cas où j’aurais un accident : ai-je bien tout prévu ? »

    SOS medium. Bien sûr – et l’auteur est le premier à le reconnaître – beaucoup de gens refusent de penser de la sorte. Ils ne veulent pas prévoir leur avenir, ils refusent de s’abandonner au jeu des probabilités permanentes. Évidemment, Attali y voit une erreur. Quand il ne convoque pas Pascal sur les questions de la grâce et de la destinée opposées au libre arbitre, il s’en remet à Debord et professe que « ne pas vouloir voir l’avenir mène à la société du divertissement » – ce qui peut faire doucement rire quand on sait que l’ami Jacques fait plutôt office de pilier de cette société que de pourfendeur (mais on ne va pas se lancer dans ce débat).

    En définitive, Attali défend des idées plutôt respectables : réfléchir avant d’agir ; mesurer chaque action en pensant à leurs effets sur les autres ; ne pas s’abandonner à un individualisme indécent ; se rappeler que nous sommes des êtres libres, que l’avenir n’est pas écrit et qu’il ne tient qu’à nous de tout faire pour améliorer notre quotidien et celui de ceux qui nous succéderont. C’est souvent avec les vieilles recettes qu’on fait les meilleurs plats. Ça ne craque certes pas autant sous la dent que les prémonitions de Nostradamus, Élisabeth Teyssier ou Paco Rabanne, mais ça ne mange pas de pain de s’en souvenir, de temps à autre.

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