Il invente un walkman pour faire remarcher les malades de Parkinson
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Il invente un walkman pour faire remarcher les malades de Parkinson
Robin Ecoeur |  10.12.2018
Il invente un walkman pour faire remarcher les malades de Parkinson

Jordan Miron, 29 ans, a passé six ans à mettre au point un baladeur qui stimule le cerveau et aide certaines personnes à retrouver plus de mobilité.

Baladeur rétro. « Pour changer le monde, il faut s’en donner les moyens. » Jordan Miron sait de quoi il parle. Cet ancien étudiant en informatique a créé avec l’aide de neurologues Walk, un baladeur qui utilise une technique vieille de trente ans mais que personne n’utilisait vraiment : la stimulation rythmique auditive. Elle se base sur notre faculté naturelle à synchroniser nos mouvements sur un rythme donné. Le baladeur émet des sons à intervalles réguliers et stimule le cerveau pour aider à mieux marcher.

Déclic. À 22 ans, un de ses amis subit un grave accident de la route. Il en ressort avec une fracture de la colonne vertébrale et une très longue rééducation. Sa perte d’autonomie se double d’une perte de confiance en soi et, forcément, impacte sa mobilité. Durant les vacances d’été, l’étudiant commence ses recherches et dès la rentrée suivante, il rencontre un neurologue à qui il pitch son idée. « Pour les aider à marcher, il n’y a pas de solution à part une canne. Je me suis mis comme défi de trouver une solution avec la volonté d’utiliser les nouvelles technologies pour changer la vie des gens. »

 

Test gratuit durant une semaine. Au total, il aura fallu six années pour arriver au produit final. Un travail de longue haleine qui s’est effectué auprès des patients afin d’améliorer avec eux le dispositif. « Les premières versions étaient plus techniques, mais sur le terrain, les gens avaient beaucoup de mal à s’en servir. Ce n’est pas facile d’utiliser un objet tactile quand on a la maladie de Parkinson, à cause des tremblements. On a passé beaucoup de temps à le réfléchir et à l’améliorer avec les personnes qui allaient s’en servir et les professionnels de santé. »

C’est parce qu’on tient bon qu’on y arrive. Surtout pour nos clients qui ont envie de prendre une revanche sur la vie.”

Aujourd’hui, son entreprise souhaite permettre au plus grand monde de tester le dispositif. Les personnes peuvent obtenir le baladeur durant une semaine gratuitement, et ainsi faire leurs premiers pas avec Walk. Le nom de la société, “Resilient”, n’est pas un hasard : « C’est parce qu’on tient bon qu’on y arrive. Pour nous, mais surtout pour nos clients qui ont envie de prendre une revanche sur la vie. On leur dit que petit à petit, ils vont aller vers le fauteuil roulant mais il y en a qui veulent se battre, tenir bon et continuer à marcher. » 

Walk est en marche. Celui qui a souvent voulu tout arrêter, mais qui, dans le fond, n’a jamais eu envie « de baisser les bras », ambitionne un développement de Walk en Europe. D’abord dans certains pays ciblés puis ensuite à tout le continent dès 2020. En France, le produit est commercialisé et industrialisé. Au total, plusieurs centaines de personnes l’utilisent chaque jour.

Jordan donne aussi la possibilité aux particuliers d’investir dans le projet (à partir de 500 euros) et de devenir des associés pour être le plus lié possible à son développement. Avant de raccrocher, Jordan termine l’interview sur ces mots : « Au fait, mon ami qui avait eu un accident de voiture va mieux. Il a repris une vie normale depuis. »

Baladeur Parkinson Resilient Walk

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