En Inde, des tours gigantesques pour recycler l'air pollué
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En Inde, des tours gigantesques pour recycler l’air pollué
Hilaire Picault |  10.09.2018
En Inde, des tours gigantesques pour recycler l'air pollué

À Delhi, la ville la plus polluée du monde, des architectes ont un projet : enrayer la pollution atmosphérique en installant des constructions aspirant l'air vicié.

Prenez votre respiration. Selon un rapport de l’OMS publié en mai, 7 millions de morts dans le monde en 2016 découlaient de la terrible qualité de l’air. Combinant les particules nocives émises par le trafic et les gaz toxiques émanant des rejets industriels et des déchets brûlés, ce sont les villes les plus peuplées des pays émergents qui en pâtissent le plus. Si chez nous il conviendrait de planter plus d’arbres, dans ces régions-ci il faut aller plus loin.

C’est pourquoi Znera, un cabinet d’architectes, envisage de construire des tours aspirantes à Delhi, ville la plus polluée du monde. Le niveau des toxines cancérigènes absorbées par jour par les Indiens rien qu’en y respirant serait l’équivalent de 50 cigarettes quotidiennes, soit dix fois supérieur à celui de Pékin.

Dissiper le brouillard et nettoyer l’air. Le « Smog Project » consiste donc à ériger des immenses aspirateurs filtrant qui recracheraient un air purifié dans la ville, à l’image de ce que la Chine et les Pays-Bas ont déjà testé. Sous la forme de tours hautes de 100 mètres, chacune capable de nettoyer un rayon de presque 2 km.

Le cabinet Znera estime qu’une tour pourra nettoyer 3,2 millions de m³ chaque jour.

Pour gagner en efficacité et assurer une meilleure circulation, ces tours seraient disposées à des endroits stratégiques et surtout reliées entre elles par des ponts, pour découper la ville en hexagones avec un air mieux contrôlé.

Autonomie énergétique. Sur les passerelles, des panneaux solaires serviraient à alimenter les tours en électricité, combinés à des piles à hydrogènes placées à l’intérieur de chaque pont afin de ne pas ajouter aux besoins d’énergie de la ville. Le carbone récupéré pourrait même être utilisé pour produire du graphène, du béton ou de l’encre.

Le projet de Znera semble si gigantesque qu’il n’envisage aucune date ni coût pour le moment, mais se distingue dans les compétitions d’architecture et attire les sympathies. Au point que, si chaque Indien contribue même modestement, on ne serait pas surpris de voir le projet se lancer en crowfunding comme l’a fait Dan Roosegaard.

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