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    Handicapé, cet Américain a inventé ses propres prothèses bioniques

    Amputé des deux jambes, Hugh Herr n’a cessé de lutter contre le handicap depuis 35 ans en inventant des prothèses révolutionnaires. Insatisfait chronique, il compte désormais en finir avec la paralysie grâce à un projet d’implants neuronaux.

    Cliffhanger. En 1982, à la suite d’une sortie d’alpinisme qui a viré au cauchemar, Hugh Herr a été amputé des deux jambes, sous les genoux. Pour autant, il ne s’est pas laissé abattre : un an après, il attaquait déjà un nouveau sommet montagneux, équipé de prothèses trafiquées par ses soins. Car voilà, Hugh n’est pas n’importe qui. Ingénieur affilié au Massachusetts Institute of Technology (MIT), il considère que sa condition constitue un excellent cas d’étude.

    Depuis le terrible accident, bien de la neige est tombée : l’Américain s’est imposé comme un pionnier en matière de création de prothèses. À la tête du « Center for Extreme Bionics » du MIT depuis sa création en 2014, notre chercheur conçoit des jambes artificielles de haute facture qui permettent non seulement de se mouvoir mais aussi de retrouver des sensations. Il a par exemple permis à Adrianne Haslet-Davis, une danseuse américaine qui s’est fait arracher la jambe gauche lors de l’attentat du marathon de Boston en 2013, de remonter sur scène en 2015.

    D’ailleurs, Hugh Herr est lui-même le premier utilisateur de ses inventions. Il jure qu’avec ses prothèses bioniques, il grimpe mieux que jamais.

    Soigner Parkinson et l’épilepsie, aussi. Fort de tous ces exploits, Hugh Herr a décidé de pousser ses recherches au niveau supérieur. Pour lui, il n’est plus seulement question d’en finir avec le handicap physique mais aussi avec des pathologies comme Parkinson ou l’épilepsie. Sa botte secrète ? Des implants neuronaux permettant aux nerfs et aux muscles de communiquer avec la prothèse, la rendant réactive à n’importe quel membre valide.

    Tel que Herr et son équipe voient les choses, il n’y aurait aucune raison que ce principe de système nerveux numérique ne permette pas de soigner des pathologies neurologiques. En effet, puisque ces maladies correspondent à des défaillances du système nerveux biologique, les implants pourraient prendre le relais là où le cerveau n’assure plus correctement sa tâche. Et, qu’on se le dise, en allouant la somme exceptionnelle de 100 millions de dollars à cette recherche, le MIT a bien l’intention d’aller au bout de ses ambitions. Si Hugh Herr triomphe  il n’y aucune raison que ce ne soit pas le cas  il pourrait bien permettre à des millions de personnes de retrouver une vie normale.

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