Guérir la polio avec du tabac ? Oui, mais sans le fumer
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Guérir la polio avec du tabac ? Oui, mais sans le fumer
Hilaire Picault |  18.09.2017
Guérir la polio avec du tabac ? Oui, mais sans le fumer

Des scientifiques anglais ont réussi à concevoir un nouveau vaccin contre la polio en hackant une plante de la famille du tabac. Et ce n’est peut être que le premier d’une belle série de bio-médicaments.

Vaccin, mode d’emploi. Depuis les années 50, quand on veut vacciner un enfant de la polio, il faut d’abord cultiver une souche du virus en laboratoire, puis le « désactiver » en supprimant son élément pathogène avant d’injecter au jeune patient ce virus atténué. Reconnaissant la menace (pourtant inoffensive), le corps humain déclenche ses défenses immunitaires et l’enfant est sauvé.
Oui mais… Et si un incident se produit entre le moment où on a élevé le monstre et le moment où on l’a désactivé ? Et comment le déplacer sans prendre des risques considérables ? Sans parler de la menace majeure en cas de détournement terroriste… C’est pourquoi les chercheurs du John Innes Centre en Angleterre ont travaillé à concevoir un vaccin… sans virus.

J’ai du bon tabac. Les bio-hackers britanniques ont détourné le génome d’une plante pour qu’elle porte le virus à notre place. Ils ont choisi une plante australienne à la croissance rapide et au système de défense virulent : la Nicotiana benthamiana, de la famille directe du plant de tabac.
Ils ont alors déposé le virus de la polio sur ses feuilles dans une solution bactérienne. En une semaine le plant infecté produisait des particules imitant le virus… mais bénignes. Restait à inoculer des souris, qui réagirent normalement au test, et la victoire fut complète.

Ainsi hacké, le plant de tabac pourrait un jour soigner le sida

Des vaccins végétaux. La prochaine étape sera de développer le vaccin pour les formes de polio existantes, puis tester sur des hommes. En plus d’être mieux contrôlable et moins chère que les vaccins classiques, cette méthode évite d’exposer des hommes au danger. Et l’OMS, qui a financé les recherches des Britanniques voit bien plus loin : une telle solution pourrait tout à fait permettre de porter d’autres virus, comme Zika, la tuberculose, l’hépatite B ou le sida…

Désormais il faut penser en bio-hacker et envisager les plantes comme des usines. En échange de matière première comme de l’eau et du soleil, elles produisent des éléments, comme la chlorophylle ou le dioxygène. Elles pourraient devenir les laborantins de demain. Ce sera bien la première fois que l’OMS remercie le tabac pour service rendu à l’Humanité…

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