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    Les gratte-ciel en bois sont-ils l’avenir de l’architecture ?

    Alors que le Japon vient d’annoncer vouloir construire le plus haut immeuble en bois du monde, la question se pose.

    350 mètres. C’est la hauteur estimée du chantier pharaonique nommé W350 Project, pensé par l’entreprise japonaise Sumitomo Forestry pour fêter ses 350 ans (un mètre par an pour fêter la longévité du groupe aussi vieux qu’un arbre, c’est bon vous l’avez ?). Les premiers clichés de cette tour qui pourrait prendre 20 ans à être construite viennent d’être diffusés, et il est vrai que c’est impressionnant : haut de 70 étages, ce monument nécessiterait 185 000 m3 de bois et serait 7 fois plus haut que la Brock Commons Tallwood House, actuellement détentrice du titre de tour en bois la plus grande, avec son « petit » 53 mètres.

    La Brock Commons Tallwood House, à Vancouver

    90% de bois pour 10% d’acier. La tour imaginée par les Japonais, quant à elle, donne le vertige, non seulement dans ses proportions, mais aussi dans sa composition. En inversant complètement les ratios habituels, celle-ci devrait, selon les architectes, aussi bien résister aux vents qu’au séismes (courants au Japon) et s’intégrer mille fois mieux dans l’environnement que les plus belles tours métalliques.

    Du bois, mais pour quoi faire ? Franchement, c’est une bonne question. D’un côté, la plus haute tour en bois devrait coûter l’équivalent de 8 000 maisons en bois, en terme de matériau. On imagine donc d’ici le nombre de forêts coupées pour bâtir un tel projet. De l’autre, le groupe Sumitoro a assuré que l’immeuble serait un « développement urbain bon pour l’homme » avec, en sus, des logements, un hôtel et des commerces. Là où cette initiative fait mouche quant à l’avenir des villes, c’est que le bois se révèle plus écologique que tous les autres matériaux de construction, tels le béton ou l’acier. En outre, et à l’inverse des matériaux précités, il est capable d’absorber le dioxyde de carbone ; ce qui permet, alors que les grandes villes sont noyées dans d’épais nuages de pollution, d’agir comme un poumon vert.

    Rendez-vous en 2041 pour voir si la ville peut retrouver un second souffle. Quant au coût du projet en bois, il est estimé à 4,5 milliards d’euros. Le chèque nécessaire à la construction, lui, ne devrait pas l’être.

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