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    Grâce à cette asso bretonne, les aveugles peuvent aussi faire du voilier

    Orion ne se contente pas d’emmener aveugles et déficients en croisière, elle les forment aussi à la navigation.

    En solitaire. Prendre la mer quand on n’y voit pas à 3 mètres, cela ressemble à un défi insensé. Pourtant il y a des précédents : en 1986, un marin aveugle à fait la traversée en solitaire entre Hawaï et la Californie. Des skippers bretons ont décidé de faire de cette exception une discipline, tel le dieu Hélios qui a rendu sa vue à Orion au lieu de le guider. C’est ainsi que, depuis 2002, ces marins accompagnent les personnes déficientes visuelles dans leur pratique de la voile.

    Tous à la barre. Plaisance, pêche ou régate, toutes les sorties sont envisagées. Avec Orion, les malvoyants ne sont pas des passagers mais des équipiers. Ce qui est bien compliqué car les informations en braille ou gros caractères et les cartes en relief sont insuffisantes pour naviguer. Elles ne peuvent pas renseigner certains paramètres comme la température de l’eau actuelle, l’état des voiles et encore moins prévenir l’arrivée d’embarcations.

    Parmi les solutions mises en place, la navigation d’équipages mixtes réunissant voyants et malvoyants.

    Chacun à bord apportant son expérience à l’autre pour mieux se comprendre, en évitant de se référer à des aspects visuels. Mais pour aller plus loin, Orion a aussi recours à des innovations technologiques.

    Plus d’autonomie en mer. L’aventure Orion est partie de Mathieu Simmonet. Aujourd’hui enseignant-chercheur en ergonomie et président de l’association, il découvre lors de son stage de Master à l’institut pour l’Insertion des déficients visuels qu’il existe des méthodes pour barrer en l’absence de vision. Cela va devenir son objectif principal : mettre au point des outils et techniques pour faciliter l’accessibilité de la mer aux malvoyants.

    Il y aura d’abord le logiciel d’assistance à la navigation Seatouch, développé durant son doctorat, qui fonctionne par commandes vocales et à l’aide d’un bras à retour de force. Ce n’était qu’un prototype quand, en 2012, le marin non-voyant Olivier Ducruix va en faire une appli, en collaboration avec l’Union Nationale des Aveugles et Déficients Visuels : « SARA [Sail And Race Audioguide] utilise le GPS du smartphone et, grâce à des annonces vocales automatiques, permet au marin aveugle de régater en toute autonomie ! »

    Parallèlement, Simonnet travaille avec la startup Panda Guide et ses lunettes à réalité auditive augmentée. Et demain ? Il ne cache pas son envie de voir voguer des voiliers autonomes… Comme le déclarait Mathieu Simmonet : « on a tendance à donner des conseils imprégnés de nos raisonnements avec des infos visuelles. Afin d’éviter cet écueil pédagogique, il me semble qu’il faut naviguer régulièrement les yeux bandés. »

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