
Puisque les réserves pétrolières se vident, les scientifiques cherchent à les remplacer. Alors pourquoi pas utiliser la paille de blé résiduelle de nos agriculteurs ?
Depuis trois ans, des chercheurs de toute l’Europe s’activent sur « ButaNexT », un projet de conversion de matières premières durables ou renouvelables (typiquement, des déchets végétaux) en biocarburant respectueux de l’environnement. En fait, il ne s’agit pas seulement de « créer de l’essence », mais valider un processus de fabrication lui-même moins énergivore et moins coûteux.
On récapitule le défi : recycler des déchets agricoles, rouler propre et dépenser moins. Autant dire que quand les équipes espagnoles du CENER (le centre national pour l’énergie renouvelable) annoncent qu’elles tiennent une piste fiable, cela file la banane.
Ayla Uslu @ECN presents preliminary results from @AdvanceFuel about main barriers for #advancedbiofuels #butanext – Check https://t.co/BD9ziuhDcl to contribute to the survey pic.twitter.com/osxizvSv9x
— ButaNexT (@butanext) April 12, 2018
Voici donc venir le biobutanol, un biocarburant fabriqué à partir de paille de blé que nos Espagnols ont broyée. Ses particules sont passées au four à près de 175°C et confiées à des enzymes. Les bactéries qui vont s’en nourrir en fin de chaîne — pour transformer la préparation en butanol — sont élevées et choyées dans des cuves britanniques. Chaque nation a en effet travaillé sa partie, et après des centaines de tentatives, le groupe de recherche a trouvé une recette appropriée.
À écouter Ines del Campo, la chimiste du CENER interrogée par Euronews, les principaux avantages du biobutanol sont d’être moins cher et moins polluant. « Le butanol est un alcool beaucoup plus lourd, ce qui veut dire qu’il est moins volatile. Et cela réduit les émissions de gaz et implique une volatilité plus faible dans les stations essence ou les usines. » De plus, ce butanol est compatible avec les carburants existants, à hauteur de 40% pour le gasoil et 16% pour l’essence. Ce qui signifie qu’il n’y aurait pas besoin de modifier les véhicules visés.
Si ce processus de fabrication est validé par les institutions, il restera alors à réduire le coût de production pour en proposer la commercialisation aux industriels. Pour le coup, les Espagnols sont bien contents d’avoir tiré la courte paille.