
Pendant 15 jours, Emmanuel Laurin a nagé entre Marseille et Toulon pour ramasser les déchets marins qui polluaient les criques et le large. Un défi sportif et écologique couronné de succès, pile avant l'été. On dit merci qui ?
Le Grand Blues. Si quand vous on vous dit « Méditerranée », vous voyez une mer bleue azur, vous allez être déçu cet été tant le cliché est sali par des tonnes de déchets. Près de 300 millions selon les estimations. Refusant ce constat, Emmanuel Laurin, trentenaire et nageur amateur, s’est lancé le 25 mai dernier un sacré challenge : parcourir 120 kilomètres à la nage et collecter tous les macro-déchets flottants et immergés rencontrés.
« Je me suis mis au défi de réaliser un périple où je ramasserai tout ce que je pouvais », expliquait-il à Var Matin lors de son départ.
Parti avec une équipe réduite, il était suivi par un voilier (sa maison durant deux semaines), un réalisateur et sa caméra, et quelques kayakistes qui recueillaient les détritus et assuraient sa sécurité auprès des bateaux de passage.
Nageur engagé. Arrivé le 8 juin (pour la Journée des Océans), l’initiative écologique citoyenne « Le grand Saphir » avait commencé l’an dernier avec l’entraînement quasi-professionnel d’Emmanuel Laurin, en eau vive et en apnée. Au total, ce sont 14 étapes de 8 kilomètres journalières qu’il a accomplies et des centaines de kilos d’ordures repêchés parmi lesquels on dénombre des bouteilles, sacs en plastique, cartouches d’encre, mégots et batteries… « C’est plus que ce que j’imaginais. Je n’incrimine personne mais je pose la question : a-t-on besoin de sac plastique pour consommer ? »
Adopte un déchet. La mission de nettoyage des fonds achevée, les déchets ont été stockés, mais restait à savoir quoi en faire. Emmanuel a donc fait appel à des financements pour rembourser la location du bateau et leurs frais. Il veut aller plus loin : « Je souhaite leur donner une seconde vie en les recyclant ou en les réutilisant. » En attendant, vous pouvez toujours l’alléger en lui « rachetant » les déchets trouvés (oui, oui) sur le site Provence-Booster et retracer son périple sur sa page Facebook.