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    Ce food truck cache une école de management pour ex-détenus

    Pour faciliter leur réinsertion et leur éviter de repasser par la case prison, un food truck new-yorkais forme ses jeunes employés aux métiers de la restauration et du commerce. Et votre burger est encore meilleur avec une tranche de solidarité en plus.

    Des bad boys aux bagels. Le Snowday est un food truck bleu, couleur d’espoir, qui arpente les différents quartiers de la Grosse Pomme. À sa carte, des salades poulet-curry, des sandwichs fromage grillé et sirop d’érable et des poêlées libanaise de légumes locaux. Pendant qu’on prépare votre commande, un jeune serveur vous propose un quizz pour gagner votre prochain dessert : « À quel âge est-on pénalement responsable dans l’État de New York ? » Réponse, 16 ans. « Combien coûte un détenu chaque année à la communauté ? » Près de 160 000 dollars. « Quel est le taux de récidive des anciens détenus new-yorkais ? » Quasiment 70%. Et justement, c’est ce chiffre que le Snowday veut diviser par deux.

    Redemption road. Ce camion, c’est l’idée de Jordyn Lexton, ancienne prof d’anglais à la prison de Rikers Island. Elle avait remarqué combien les ateliers de cuisine motivaient les jeunes condamnés : « Les étudiants préparaient et partageaient la nourriture avec leurs profs, explique-elle à Civileats.com. Et ce repas partagé les rendait vraiment fiers ! » Elle a quitté son job pour lancer Drive Change (« Détours pour changer de vie ») un programme de réinsertion d’anciens détenus de 18 à 24 ans en trois étapes : d’abord un apprentissage de serveur en restauration mobile ; ensuite, une formation en alternance à la gestion de la caisse, la cuisine, le service et même le management ; enfin, un stage de quatre mois dans l’entreprise de leur choix tout en continuant les cours.

    La formation terminée, les étudiants sont encouragés à continuer leurs études ou sont accompagnés pour trouver un job à plein-temps, à moins qu’ils ne souhaitent travailler comme mentor au food truck…

    Plus que la vaisselle, on apprend le marketing, les réseaux sociaux tout en étant rémunéréde 9 à 11 dollars de l’heure.

    90% de réussite et le cash coule à flot. Parfaitement rentable, avec un chiffre d’affaire annuel de 200 000 dollars et une vingtaine d’employés, le food truck a permis à neuf de ses dix premiers étudiants de retrouver un emploi. Le menu est conçu par l’ancien chef d’un grand resto de Brooklyn. Les clients font la queue pour retrouver le grilled-cheese sandwich et, plus important encore, les ex-détenus sont contents de venir y travailler. « On leur demande : “Combien de fois tu t’es levé excité à l’idée d’aller au boulot cette semaine ?” Et “Étais-tu fier de rentrer border ta fille ces jours-ci ?” » Jordyn met un point d’honneur à ce qu’ils retrouvent tous une vie où se règlent les questions de logement, de famille et même de sevrage d’addictions diverses…

    Drive Change veut maintenant acquérir plus de camions pour répandre sa bonne parole dans tous les ghettos et pourquoi pas une cuisine centrale collaborative où tous les food trucks de la ville pourraient stocker et préparer leur nourriture. La réinsertion est sur la bonne voie.

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