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    Se droguer rend-il plus efficace au travail ?

    Aujourd’hui tout est bon pour travailler mieux, plus longtemps et plus vite. Résultat, de nombreux travailleurs de la Silicon Valley (mais pas que) ont recours aux Smart Drugs, des molécules censées filer un coup de boost au cerveau. Alors, info ou intox ?

     « Dopez votre intelligence. » Voilà le genre de promesses associées aux « Smart Drugs », ces pilules (parfois en vente libre) qui promettent de décupler les capacités cognitives, d’assimiler plus vite, voire de travailler plusieurs jours sans dormir. Sur le papier, c’est tentant, mais en vrai : c’est un remède miracle un peu fourre-tout.

    Magique ou toxique ? Concrètement, la version gentille contient généralement des substances naturelles comme la caféine, le ginseng ou le ginkgo biloba (des compléments qu’on peut trouver en supermarché). Dans la version hardcore, il est plutôt question de Ritaline, d’Adderall ou de Modafinil, des psychostimulants disponibles seulement sur ordonnance et réservés aux personnes victimes de troubles de la concentration ou d’hyperactivité.

    Pharmalifornia. Au sein de la Silicon Valley, c’est un secret de polichinelle : ces molécules sont en vogue. Résultat, des startups se mettent à développer des produits. C’est par exemple le cas de Qualia, une Smart Drug mélangeant 42 ingrédients (taurine, extrait de thé vert, gingko) à d’autres produits plus inattendus comme du L-Dopa, une molécule qui augmente le niveau de dopamine dans le cerveau ; et qu’on a plus l’habitude de voir dans les médicaments pour traiter les personnes atteintes de Parkinson.

    Certains salariés s’envoient 25 pilules tous les matins.

    130 € pour 20 minutes de super-patate. La Qualia prétend offrir un coup de fouet notable dans les 20 minutes suivant la prise, mais aussi des bénéfices neurologiques et physiologiques à long terme. Difficile à vérifier pour l’instant, en revanche on est certain d’au moins une chose : à raison de 130 euros pour un mois de traitement, c’est la poule aux œufs d’or pour ses fabricants. Rien d’étonnant à voir des entreprises comme Neurohacker Collective, qui produit Qualia, se multiplier.

    Dopage du cerveau. Ces startups accompagnent une industrie de la technologie qui vit dans un vrai culte de la performance. Dans une enquête sur la question en juin dernier, le Washington Post racontait le quotidien de ces travailleurs s’envoyant tous les matins jusqu’à 25 pilules (achetées sur internet, généralement), et tout cela dans un grand délire d’automédication non sans risque : tension trop élevée, problèmes cardiaques, déséquilibre hormonal… Oui, ces contre-indications doivent vous faire réfléchir à deux fois.

    Surtout que le phénomène n’épargne pas la France. En janvier prochain, à l’occasion du congrès de l’Encéphale qui réunira 4000 psychiatres, Laurent Lecardeur, psychologue au CHU de Caen animera une table ronde sur le dopage cognitif, une réalité qu’il côtoie au quotidien. « Certains de mes patients, de jeunes adultes, prennent des produits pour s’améliorer. Ils font leur provision sur Internet. Il est important d’en parler, à la fois pour des raisons éthiques et pour évaluer les effets secondaires et le risque d’addiction… », confiait-il récemment au JDD. Méfiance et prudence donc. À la clé, comme toujours avec les drogues, c’est surtout l’addiction qui vous guette.

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