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    Faut-il en finir avec la dictature du gluten free ?

    Ces dernières années, le nombre de personnes qui écartent catégoriquement le gluten de leur alimentation a explosé. Si certains cas sont légitimes, nombreux sont ceux à s’inventer une intolérance. On a décidé de remettre les pendules à l’heure.

    « Les 10 meilleurs restos où manger sans gluten à Paris ! », « Tendance : les cosmétiques sans gluten », « Domino’s lance sa pizza sans gluten », « 11 trucs que vous connaissez seulement si vous êtes gluten free »… À moins de revenir de dix piges en Corrèze sans connexion Internet, vous êtes probablement confronté au même constat que nous : difficile d’échapper à ce qui ressemble à une nouvelle version de la pensée commune. Cinq millions de Français s’y seraient mis. C’est dire. Leur leitmotiv ? Vade retro glutanas !

    Une maladie auto-immune. Plus sérieusement, la tendance ne sort évidemment pas complètement de nulle part. Pour les personnes atteintes de cette maladie chronique de l’intestin (dite « cœliaque »), le gluten est un calvaire : à chaque fois qu’ils consomment des aliments contenant du gluten, des composants toxiques attaquent leur paroi intestinale. Il en résulte une réaction inflammatoire et la destruction des cellules composant les villosités intestinales. Et quand on sait qu’on trouve du gluten dans le blé, l’orge, le seigle ou l’avoine – soit les céréales constituant la base de notre alimentation – l’intolérance au gluten a vraiment de quoi vous rendre zinzin. En l’absence de traitement existant, le seul moyen de ne pas souffrir le martyr est de bouffer gluten free.

    En France, alors que seul 1% de la population serait touché par la maladie cœliaque, on compterait près de 13% de convertis.

    Sauf que voilà, alors que le nombre de patients diagnostiqués et reconnus n’a pas augmenté ces dernières années (comme le pointait une étude de l’Institut américain national de la santé et de la nutrition) la quantité de consommateurs évitant le gluten a littéralement explosé. La raison ? Pas besoin de chercher bien loin : le marketing et les modes alimentaires.

    La malnutrition du portefeuille. Alors, l’auto-diagnostique, est-ce vraiment une bonne idée ? On ne va pas vous la faire à l’envers, la réponse est dans la question. D’abord, c’est une décision qui coûte cher. Littéralement. Les marques ont bien repéré un eldorado ; résultat, les produits sans gluten coûtent en moyenne 2 à 5 fois plus cher.  Le magazine Agro-média a fait les comptes à votre place :

    « Le marché du sans gluten pèse aujourd’hui 40 millions d’euros et devrait atteindre plus de 20 millions d’euros supplémentaires dans les deux prochaines années. »

    Spoiler alert : sans gluten on meurt aussi. Seconde idée reçue, le gluten free ce serait plus sain. Là encore, vous pouvez vous mettre un doigt dans l’œil. Jamais le dernier pour mettre des coups de savates dans la fourmilière, le magazine 60 millions de consommateurs révélait l’an passé que, non seulement ces produits étaient bourrés d’additifs de type épaississants et émulsifiants en tous genres pour compenser le manque de gluten qui confère de l’élasticité aux produits, mais qu’ils étaient systématiquement moins riches d’un point de vue nutritionnel. Autrement dit, manger sans gluten pourrait carrément être mauvais pour votre santé, en vous privant de fibres, probiotiques et micronutriments dont vous avez besoin.

    Bref, si vous avez le sentiment que le gluten vous fait du mal, avant de prendre des décisions radicales dans votre coin, commencez par consulter. Ça ne fait jamais plaisir, mais ce serait dommage de vous faire du mal pour rien, et puis, ce sera aussi sympa d’arrêter de jouer les ayatollahs de la good food sur les réseaux sociaux pour rien. Allez, de rien, ça c’est gratuit.

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