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    Abdel Bounane, l’homme qui veut trouver les Picasso de demain

    Avec Bright, Abdel Bounane est devenu le premier diffuseur d’art numérique dans les espaces publics. Et au passage, il incarne le modèle économique le plus rentable pour les artistes de demain. On vous brosse son tableau.

    La petite boutique des honneurs. Bien avant de le rendre bankable, Abdel Bounane avait déjà les yeux braqués sur l’art numérique, il y a dix ans. De 2008 à 2013, il était éditeur d’Amusement, un magazine sur les cultures numériques et les liens entre création et technologie. « À l’époque, je me suis passionné pour le jeu vidéo indépendant, des jeux d’auteurs qui posent des questions sociales, philosophiques. C’est par eux que je me suis intéressé au champ de l’art numérique, car ces deux univers partagent beaucoup. »

    Méconnu, car exigeant, Amusement n’en était pas moins influent. Il a conduit Abdel à la création d’un concept-store de 250 m² pour La Gaité Lyrique, lieu justement dédié à l’art et l’innovation numérique. On y trouvait des produits importés du Japon, de Corée et surtout des services inédits comme des jeux vidéo sur-mesure pour les particuliers.

    Pixel art, vidéo digitale, œuvres interactives… Face aux créations des artistes, Abdel Bounane pressent que ces œuvres pourraient trouver leur place ailleurs que dans un musée… physique. L’idée de Bright a germé : une plateforme intermédiaire entre cette nouvelle génération d’artistes et le reste du monde.

    « Les artistes numériques sont snobés par le monde de l’art contemporain.« 

    Curation. Pendant un an, Abdel lit tout ce qu’il trouve sur l’art numérique et participe à toutes les conférences qu’il peut afin de cerner au mieux les besoins des artistes. Le plus dur ne sera pas de concevoir la plateforme elle-même, mais de créer la confiance pour cet art qui n’a aucune existence en tant qu’objet et échappe donc au marché classique : « Les artistes numériques sont snobés par le monde de l’art contemporain. Ni les galeries, ni les foires ne s’y intéressent. Logique : les œuvres immatérielles ne peuvent pas se vendre a l’unité, comme cela se fait depuis un siècle ! »

    Lancée en 2015, la plateforme Bright héberge aujourd’hui près de cent artistes et 500 œuvres vidéo, déjà diffusées dans une quinzaine de lieux ouverts au public : Centre Pompidou, Centre Commercial Sainte Catherine, Aéroports de Paris… Des projets sur-mesure sont également créés pour accompagner la visibilité de marques spécifiques comme Nike, Twitter ou LVMH.

    Les artistes vous disent merci. En deux ans, Bright a développé de nombreux outils de diffusion qui nous placent leader sur la diffusion d’œuvres numériques dans les espaces publics. Un succès indiscutable donc, qui impacte en premier lieu les artistes : « En terme commercial, nous avons un schéma de répartition qui propose un vrai business model puisque nous reversons 50% des abonnements à la communauté d’artistes. Enfin, sur la démocratisation, nous avons beaucoup fait parler de l’art numérique dans des champs qui y étaient peu sensibles, dans les médias et auprès du grand public. » Et pour ne pas s’arrêter en si bon chemin, Bright soutient la création d’une nouvelle forme artistique : le data art.

    Bright reverse 50% des abonnements aux artistes et démocratise un art que personne ne montre

    Vos données sont ma peinture, ma toile et mon pinceau. Le big data  toutes ces données collectées par internet  étant le matériau le plus répandu de notre époque, quoi de plus normal que de s’en emparer ? Les méthodes de Bright pour les sculpter sont multiples : algorithmes convertisseurs ou œuvres auto-générées, les possibilités semblent infinies… « Pour Twitter, nous avons produit une œuvre numérique basée sur les données d’un twitto : les tweets généraient instantanément des créatures digitales imaginées par l’artiste Brendan Dawes. » D’autres œuvres créées ont exploité des flux esthétiques basés sur les données de coureurs (pour Nike) ou des données sociales en temps réel des 3000 plus grands musées du monde. « Le data art offre aux espaces un moyen d’exposer leur patrimoine numérique, habituellement invisible. »

    Et demain ? Abdel Bounane est formel, l’art numérique est destiné à se développer de manière exponentielle : « Les générations Y et Z ayant été biberonnées aux tablettes et réseaux sociaux ne toléreront pas que l’art qui les entoure soit inanimé. Ils exigeront des œuvres correspondant à l’univers médiatique dans lequel ils évoluent, c’est-a-dire des œuvres interactives, immersives, évolutives, vivantes. » Les écoles d’art appliqué proposant de plus en plus de cursus tenant compte de ce paramètre, la production ne peut alors qu’amplifier.

    Sans attendre, Bright est en train de sceller des partenariats capables de doubler le nombre d’espaces où la plateforme expose. Ne craignez pas ce changement de média, comparable au passage de la toile peinte au livre imprimé. Célébrons plutôt le fait qu’en numérique, la France est redevenue le fer de lance artistique mondial.

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