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    Que vous le vouliez ou non, vous êtes un hippie

    On les appelle les « néo-hippies », ils sont souvent raillés, ignorés ou caricaturés en babas à dreadlocks sentant le foin. Alors que le mouvement historique fête ses 40 ans, son esprit flotte encore dans l’air de cette nouvelle génération. Portrait de ceux qui n’ont pas grillé tous leurs bâtons d’encens.

    Amour, paix, nature.

    La Sainte Trinité reste la même mais aujourd’hui, pas besoin de déménager dans le Luberon pour faire un son coming out hippie. Avec le temps, le mouvement est devenu urbain. Après tout, le « Summer of Love » de 1967 n’est-il pas né à San Francisco ? Regardez aujourd’hui le quartier autogéré de Christiania à Copenhague, le quartier de Kitsilano à Vancouver, la ville d’El Bolsón en Argentine, Nimbin en Australie ou Portland : ces lieux sont autant de capitales… hippies !

    hippie

    Avant, refuser le modèle familial traditionnel dit « petit-bourgeois » revenait à s’enfermer à quinze dans une grande ferme perdue au fin fond de la campagne. Si l’utopie communautaire a pris du plomb dans l’aile, la volonté de vivre en dehors du cadre n’a pourtant pas disparu. Il n’y a qu’à voir le succès du nomadisme aujourd’hui : habitats mobiles, tiny house qu’on déménage et autres digital nomades

    « Les hippies modernes sont sans doute encore plus écolos que leurs aînés. »

    Plus sédentaire, la communauté de Beneficio, en Andalousie, propose un mode de vie alternatif et solidaire proche de la nature. Près de 200 personnes venues du monde entier (ou nées sur place) vivent en tribu. Chacun habite dans une maisonnette, une cabane aménagée ou une caravane. La plupart des habitants ont un ordinateur pour rester connecté et certains possèdent même une voiture ou une carte bleue. Si les néo-hippies se placent à la marge de la société, ils ne veulent pour autant pas s’en exclure.

    Moins drogué mais plus écolo.

    Au fil des décennies, le comportement des babas a évolué. Bien que toujours focalisés sur leur corps et l’éveil de soi, ils ne souhaitent plus fumer ou gober tout ce qui traîne : « Les néo-hippies sont moins friands de substances expérimentales et se cantonnent pour beaucoup à des drogues dites douces, aux effets mieux contrôlés », expliquait dans Femina l’anthropologue Raphaël Rousseleau. Si, comme leurs aînés, ils rejettent la société de consommation, les hippies de maintenant ont mis un peu de tabac dans leur herbe. Leur critique de la société serait, d’après Raphaël Rousseleau, moins radicale : « Elle est toutefois mieux construite, car elle apporte des solutions sans adopter un mode de vie complètement alternatif, tel que le végétarisme, le minimalisme. Les hippies modernes sont sans doute encore plus écolos que leurs aînés. »

    communauté hippie
    L’harmonie règne dans la communauté de Beneficio en Espagne

    Délocalisation des luttes.

    Dans les années 1970, on se battait contre la guerre au Viêt Nam et la faim dans le monde. Aujourd’hui, l’indignation reste mondialisée : les pétitions délavées par la pluie ont simplement été remplacées par les pétitions électroniques. Pourtant, les combats pour des causes locales semblent prendre de l’ampleur. Un projet de barrage monstrueux ou d’aéroport dispendieux donne lieu à des ZAD (« Zones à défendre ») où les néo-hippies côtoient anarchistes, punks, altermondialistes et autres indignés. Les babas n’hésitent donc plus à se mettre hors-la-loi pour mettre leurs valeurs en action.

    Scoop : les hippies ont gagné !

    Loin de disparaître, le mouvement hippie a infusé tout notre quotidien. Les pratiques autrefois estampillées « hippies » font partie intégrante de notre société : méditation, yoga, sophrologie, végétarisme et véganisme, pédagogie alternative, permaculture, etc. La jupe longue à fleurs et les Birkenstock sont devenues tendances. Acheter bio, écoresponsable, en vrac ou groupé est chose courante. On ne compte plus les créations d’épiceries durables, de coopératives de consommateurs, d’AMAP, de ruches ou d’éco-festivals. L’écologie n’est plus un gros mot, il est au cœur des décisions des entreprises. Même le mythique combi pour tailler la route vient d’être réédité en version électrico-futuriste.

    Vous l’aurez compris, le hippie d’antan n’existe plus, mais il est un peu partout autour de vous. Et certainement un peu au fond de nous tous.

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