Et si rouler (encore) moins vite était la solution pour éviter la pénurie de carburant ?
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Et si rouler (encore) moins vite était la solution pour éviter la pénurie de carburant ?
Hilaire Picault |  28/03/2022 18:20
Et si rouler (encore) moins vite était la solution pour éviter la pénurie de carburant ?

Afin de limiter les effets du krach pétrolier, une agence internationale propose entre autre de rationner l'essence, de réduire la vitesse maximum sur autoroute et d'interdire la circulation le dimanche… Et voir refleurir le jaune fluo sur les ronds-points ?

Lever le pied, pourquoi faire ? Selon les spécialistes de l’éco-conduite, le meilleur moyen de réduire sa consommation de carburant reste de maintenir un bas régime moteur en évitant les accélérations vives, les freinages brutaux et en gardant sa vitesse stable. Et comme on l’aura compris, aussi, de limiter la vitesse maximale. En réduisant son allure de 10 km/h lors d’un trajet sur autoroute, on économise 10 % de carburant. Ce n’est pas pour rien si cette idée est d’actualité.

Un mois après l’invasion de l’Ukraine par la Russie, le prix des carburant amorce seulement une redescente à la pompe comme il l’avait fait début mars… avant de remonter. La faute à une difficulté d’approvisionnement qui soutient la spéculation et gonfle les prix. Pour limiter que la spirale ne reprenne, et surtout éviter une pénurie de pétrole, l’Agence Internationale de l’Exergie de l’OCDE (IEA) a proposé au gouvernement un plan de restrictions énergétiques qui n’épargne pas les automobilistes.

Rationner plus pour voyager moins. Le plan suggère rien de moins que le rationnement de l’essence à la pompe, accessible avec des coupons, et un abaissement des vitesses autorisées. Les autoroutes seraient ainsi avisées de réduire toutes les limitations de 10 km/h minimum pour tous les véhicules, permettant au pays d’économiser 430 000 barils de pétrole par jour.

L’agence préconise aussi que les villes instaurent une circulation alternée, comme elles le pratiquent déjà en cas de pic d’ozone. Plus raide, le rapport suggère d’interdire de conduire les dimanche dans les grandes villes, pour inciter à préférer les transports en commun dont le prix devrait être rapidement réduit selon l’agence environnementale. De quoi économiser 380 000 barils.

En appliquant le pan complet de l’IEA, la France réduirait sa consommation de pétrole de 2,7 millions de barils chaque jour.

Côté camions et camionnettes, les routiers sont appelés à réduire leurs livraisons – autant dire mettre leur activité en pause – et les voyageurs d’affaire à remplacer 2 vols sur 5 par des visioconférences. Enfin, booster le covoiturage et inciter à 1 à 3 jours de télétravail hebdomadaire participerait à ce mouvement.

Appliqué dans sa globalité, le plan (de 10 mesures plus larges que les transports) ferait chuter notre consommation de pétrole de près de 2,7 millions de barils quotidiens. Un serrage de ceinture que l’AIE préconise de maintenir durant 4 mois. Nombre de ces suggestions sont biens connues et furent déjà appliquées lors du premier krach pétrolier. Pourtant, on peut raisonnablement douter que le gouvernement veuille suivre ces recommandations.

Panne de (bon) sens. D’abord parce que la pénurie, que l’agence de l’énergie prédit pour le mois d’avril, n’arrivera pas selon l’union des industriels du pétrole: « Nous pouvons trouver des approvisionnements alternatifs, rassurait le président de l’UFIP début mars, nous ne sommes pas dans une situation de pénurie pétrolière ». Et de rappeler que l’an dernier la France n’a importé que 9,5 % de ses hydrocarbures de Russie, avec une préférence pour le diesel. Mais surtout, ce mandat ayant déjà été largement marqué par l’opposition à l’abaissement de la vitesse limite à 80 km/h, et la destruction des radars sur les routes, le gouvernement ne prendra sans doute pas de risque de reprendre cette route contestée à deux semaines d’une élection majeure.

D’ailleurs si la ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, avait vu dans ce plan « des idées intéressantes », le premier ministre n’en a pas parlé lors de son allocution du 22 mars présentant le plan de remise de 18 centimes par litre qui démarrera en avril, préférant signaler « l’existence de stocks stratégiques de produits pétroliers » en France « permettent d’écarter le risque de rupture structurelle d’approvisionnement ». Gilet ou pas, on rit jaune.

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